La VR s'attaque aux maladies professionnelles

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La VR s'attaque aux maladies professionnelles
13 Août, 2018
Sébastien Kuntz, président de Middle VR, entreprise de réalité virtuelle au Kremlin-Bicêtre. E.V.

 

Créée par un ingénieur sorti de l’EFREI de Villejuif, Middle VR, propose aussi des solutions pour lutter contre les maladies professionnelles.

 

Et si la réalité virtuelle (VR) mettait fin au fléau des maladies professionnelles ? C’est l’espoir d’une société kremlinoise qui a développé une technologie pour mieux les identifier. Pas inutile dans la mesure où elles touchent quelque 40 000 personnes supplémentaires chaque année. Ce qui a même conduit la commission d’enquête parlementaire à rédiger un rapport sur ces maladies dans l’industrie, présenté en juillet à l’assemblée nationale.

 

En mettant un simple casque sur la tête, nous voilà par exemple plongés sur une chaîne de montage de voitures recréée à l’identique jusqu’aux gestes des employés. Il est alors bien plus facile de déceler leurs maux et leurs mauvaises postures : là une douleur à la nuque, ici un dos trop courbé…

 

Middle VR, basée au Kremlin-Bicêtre, compte une vingtaine d’employés, principalement des ingénieurs qui planchent pour quelque 300 clients à travers le monde dont la Renault, L’Oréal ou encore… la Nasa ! « On a créé pour eux une sorte de skype (NDLR : messagerie gratuite sur internet), pour que tous les ingénieurs puissent échanger en même temps sur leurs prototypes de fusées », raconte fièrement Sébastien Kuntz, son directeur.

 

« Une formidable machine à empathie »

Cet ancien étudiant de l’EFREI (école d’ingénieurs généraliste en informatique) de Villejuif a fondé cette entreprise innovante en 2012 : « Après mes études, j’ai trouvé l’un des seuls jobs dans la réalité virtuelle qui existait à l’époque, mais très vite, j’ai eu envie de montrer que la VR pouvait avoir d’autres applications que les jeux vidéo ».

 

De fait, son entreprise ne touche pas au gaming, mais… à tout le reste. Y compris hors du monde de l’entreprise. D’autres applications existent, notamment dans la médecine, où la VR permet de se mettre dans la peau d’un handicapé ou de voir avec les yeux d’une personne atteinte de DMLA (dégénérescence maculaire à l’âge). Même certains thérapeutes l’utilisent dans leurs cabinets : « pour soigner la phobie des hauteurs ou des araignées », explique Bruno Kuntz. « La VR est une formidable machine à empathie pour inverser les rôles et se glisser dans la peau d’un autre ».

 

Difficile de le contredire après un test de 5 minutes, casque sur la tête, au beau milieu d’un transformateur électrique : on est tout heureux que cette réalité soit seulement virtuelle. L’employé de RTE (Réseau de transport et d’électricité, qui gère le réseau électrique) qui, grâce à la VR, s’entraîne à faire les bons gestes désormais loin des câbles à haute tension électrique, doit l’être encore davantage.

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