La VR pour promouvoir la protection des animaux

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La VR pour promouvoir la protection des animaux
02 Juin, 2018
Grâce au casque de réalité virtuelle, le spectateur a l'impression d'évoluer parmi les animaux de la savane.

 

Le réalisateur Adrien Moisson a imaginé une expérience cinématographique pour sensibiliser le public à la protection des espèces. A découvrir à Paris dès le 2 juin.

 

L’expérience est bluffante. Installé dans un fauteuil, équipé d’un casque de réalité virtuelle, le spectateur est littéralement immergé dans la savane africaine, connecté à la nature. Un animal parmi d’autres. Tantôt bousculé par un éléphant, tantôt enjambé par une girafe, observant des zèbres brouter, avant de sentir son coeur palpiter quand la patte d’un lion s’approche de son visage. En trois films de douze minutes, le voilà touché et émerveillé par les beautés de la nature. Sensibilisé au sort de ces animaux sauvages en voie de disparition.

 

L’alerte a été donnée à maintes reprises par les scientifiques : la Terre est entrée dans la sixième extinction de masse. Le nombre de lions d’Afrique est passé de 62 000 à 35 000 en vingt-cinq ans, celui des orangs-outans de Bornéo a chuté de 25 % depuis 2007. « L’être humain détruit la planète, avertit Jane Goodall, célèbre primatologue britannique de 84 ans qui, à la tête d’un institut qui porte son nom, lutte pour protéger la biodiversité.

 

Les causes sont connues : déforestation, accroissement de la population, pollution, réchauffement climatique, surexploitation du sol et du sous-sol, surconsommation de viande. » Les disparitions d’espèces ont été multipliées par 100 en un siècle, un rythme sans équivalent depuis l’extinction des dinosaures, il y a 66 millions d’années. « Mais nous ne devons pas baisser les bras », martèle Jane Goodall.

 

Cette réalité a frappé le réalisateur Adrien Moisson, il y a six ans. Il est alors à la tête d’une entreprise de publicité et d’événementiel de 40 salariés. « Je réalisais de 200 à 300 productions par an pour des marques qui poussent à la surconsommation. J’alimentais le cercle vicieux. La prise de conscience a été brutale. »

 

Il se défait alors de son entreprise, devient végétarien, adopte un mode de vie minimaliste et décide de se mettre au service de l’environnement, convaincu que l'homme a entre cinq et dix ans pour inverser le cours des choses et que les nouvelles technologies peuvent l'y aider.

 

Pas de discours, des sensations

Le réalisateur de 42 ans imagine alors The Wild Immersion comme une réserve virtuelle : une série de films immersifs à 360 degrés, tournés en quatre mois dans 30 pays avec des caméras adaptées, pour ne pas déranger les animaux. Pas de discours, mais des sensations. « On s’adresse au cerveau droit, celui qui gouverne l’empathie », explique Adrien Moisson.

 

Avec son équipe, il a apporté un soin particulier à la bande-son de ses films, travaillant avec l’Université polytechnique de Hong-Kong sur les ondes alpha et gamma, qui accroissent respectivement la détente et la perception. Le résultat, « une sorte d’invitation à la méditation et à la contemplation ».

 

Pour l’heure, les trois films seront présentés tous les samedis à Paris, avec 20 casques à disposition. Terra nous promène dans la savane africaine, Aqua nous immerge sous les océans et Alba est une virée dans le Grand Nord et le cercle polaire. Mais le projet est plus ambitieux. « Nous allons étoffer le stock de films. Et créer des parcs d’attractions un peu partout dans le monde. »

 

A Bordeaux et à Marseille en septembre, puis à Los Angeles, Londres, Vienne, Montréal... et probablement en Chine. Des espaces de 400 à 600 mètres carrés composés de trois salles chacun, dont la décoration, la température et l’ambiance correspondront au film diffusé. Au terme de la visite, le public pourra rencontrer des bénévoles de l’Institut Jane Goodall pour passer à l’action. Le droit d’entrée devrait osciller de 5 à 10 euros.

 

Grande spécialiste des chimpanzés et défenseuse des animaux, Jane Goodall a d’emblée été séduite par le projet. « La plupart des gens ne voient les animaux sauvages que dans les zoos. Ici, ils ont l’impression d’être parmi eux. C’est un bon moyen de les motiver à agir. »

 

La chercheuse apparaît au début des films pour rappeler la nécessité de protéger la faune. « Chaque jour, chaque individu a un impact sur la planète. A lui de choisir s’il veut que celui-ci soit positif », estime-t-elle. Pour lancer son projet, Adrien Moisson a reçu le soutien du fabricant chinois d’ordinateurs Lenovo et d’un marchand d’art américain.

 

A terme, une partie des bénéfices des parcs, entre 3 et 5 %, seront versés à l’Institut Jane Goodall pour financer des réserves naturelles.

 

The Wild Immersion, du 2 juin au 7 juillet, au Forum des images, Paris (1er), 9 € et 7 €.

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