VR et AR : leurs rôles à jouer dans la FINTECH

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VR et AR : leurs rôles à jouer dans la FINTECH
26 Mai, 2018

La réalité virtuelle n’est plus confinée aux jeux vidéo. Son utilisation se répand dans les milieux de travail et le conseil financier n’y échappera pas, avance FinancialPlanning.

 

C’est du moins la prétention de certains experts en fintech, qui voient la réalité virtuelle (VR) et la réalité augmentée (AR) comme des outils fort pratiques pour informer les clients et les amener à s’engager davantage dans la gestion de leurs finances.

 

Dans les services financiers, ces techniques sont utilisées pour permettre aux clients de se comparer à leur groupe d’âge et déterminer où ils en sont dans leur accumulation d’épargne, indique Sinisa Babcic, directeur principal des services financiers à Ernst & Young. D’autres outils permettent aux clients de comprendre les répercussions de certaines décisions financières.

 

VOIR L’AVENIR

Des discussions financières pas toujours exaltantes pourraient donc prendre une tournure différente grâce à la ludification que permettent la VR et l’AR.

 

Elles peuvent notamment aider à convaincre les plus jeunes d’épargner en leur montrant les conséquences d’investir et de ne pas investir, croit Bill Martin, directeur des investissements à Intrust Bank et récent converti à ces nouvelles technologies.

 

« Par exemple, ils pourraient visualiser les répercussions d’un faible taux d’épargne en vivant virtuellement la difficulté de joindre les deux bouts dans l’avenir ou de payer pour des services de santé, en opposition à un scénario de haut taux d’épargne montrant un style de vie confortable à la retraite, explique-t-il. Des conseillers en plan de retraite pourraient utiliser un tel outil pour influencer positivement les comportements des participants, menant à une amélioration du niveau de préparation à la retraite. »

 

D’autres y voient une possibilité d’évaluer la réelle tolérance au risque des investisseurs en simulant des baisses du marché et en offrant des éléments visuels pour illustrer l’influence de telles chutes sur leur vie.

Par ailleurs, la VR peut aussi être utilisée pour former des conseillers en simulant des rencontres avec des clients avec des scénarios plus ou moins difficiles.

 

FIDELITY EXPÉRIMENTE

L’incubateur d’innovation de Fidelity Investments, le Fidelity Labs, travaille sur de telles approches basées sur la VR, l’AR ou une combinaison des deux dans l’information transmise aux clients, la formation des employés, la visualisation des données et la collaboration entre les conseillers et les clients ou au sein des équipes de professionnels.

 

Fidelity Labs vient tout juste de lancer le prototype Cora, un agent de VR construit à partir de Sumerian, l’application de VR d’Amazon Web Services. Cora peut répondre à des questions sur le rendement des actions en Bourse, présenter les données des entreprises et répondre à des questions sur leur performance. La conversation avec Cora se déroule dans une salle de discussion virtuelle (chat room).

 

LES SERVICES FINANCIERS EN RETARD

Pour Lex Sokolin, directeur mondial de la stratégie fintech à Autonomous Research, les services financiers accusent un certain retard dans l’adoption de ces technologies. Les utilisations de la VR et de l’AR y se limitent surtout à des gadgets ou des coups de marketing jusqu’à maintenant. Les possibilités sont pourtant nombreuses.

 

« La VR est généralement bonne pour susciter des émotions, alors je la verrais comme une manière de faire comprendre aux clients ce que sont le vieillissement, la retraite ou la parentalité et comment les planifier, dit-il. L’AR va modifier notre parcours dans le monde, en créant des jumeaux numériques de tout. Il est possible d’imaginer plusieurs façons de superposer des logiciels centrés sur le budget et les émotions, mais c’est loin d’être rendu au stade commercial. »

 

UNE TECHNOLOGIE À RAFFINER

Le prix et la complexité des outils restent des obstacles. Les lunettes de VR coûtent entre 5 et 399 dollars américains (de 6,45 à 515 $CA), selon le modèle. Les lunettes d’AR, elles, coûtent entre 89 et 1 000 dollars américains (de 115 à 1 290 $CA). Elles sont souvent jugées laides et encombrantes par les consommateurs.

 

Ces technologies de visualisation peuvent sembler contre-intuitives et même submerger le client, prévient Bill Winterberg, consultant technologique pour les conseillers en services financiers à FPPad. Il ne s’attend pas à un réel décollage de ces approches dans l’industrie avant une dizaine d’années. « C’est loin et bien des choses peuvent changer entretemps », conclut-il.

 

Certaines banques utilisent déjà des services de base en AR dans leurs applications mobiles pour aider les clients à trouver le guichet automatique le plus proche, consulter des listes de maisons à vendre sur la rue où ils marchent, ou encore pour mieux visualiser leurs comptes, indique de son côté le site web Information Age. Mais lui aussi rappelle que l’AR est présentée comme la prochaine grande révolution depuis plusieurs années, sans que cela ne se répercute hors de l’univers des jeux vidéo.

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