VR et AI à la barre des prochains cargos autonomes

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VR et AI à la barre des prochains cargos autonomes
19 Octobre, 2017

Après les voitures sans conducteur et les avions sans pilote, voici les navires sans capitaine ni équipage.

Pour Rolls-Royce, c’est en tout cas la prochaine grosse révolution dans le transport maritime. Le numéro deux mondial de la fabrication de moteurs d’avions qui tient à se diversifier dans ce secteur, voit déjà d’immenses porte-conteneurs traverser les océans, sans personne à bord, contrôlés à distance par des satellites ou des centres de contrôle sur la terre ferme.

 

Un marché gigantesque quand on sait que 90% des marchandises mondiales sont transportées par voies maritimes !

 

« La technologie est prête, estime le vice-président innovation de Rolls-Royce, Oskar Levander, de passage à Paris ce 18 octobre qui estime que les premiers gros cargos autonomes navigueront d’ici à 2020. « Désormais, la plupart des cargos sont déjà équipés de caméras capables de voir la nuit ou à travers le brouillard mieux que l'œil humain" rappelle-t-il.

 

Ces navires automatisés seront contrôlés par des réseaux de capteurs à base de caméras, de radars, de systèmes infrarouges, de GPS et de sonars pour surveiller l'espace maritime, en surface comme sous l'eau. Ils seront reliés en permanence par satellite à des salles de contrôle équipées en réalité virtuelle pour simuler la vue du pont. Des pilotes y superviseront le bon déroulement de la navigation comme s'ils se trouvaient à la barre.

 

"Plus sûrs" que les bateaux actuels

Selon Roll Royce qui vient de s’allier à Google Cloud pour approfondir ses connaissances en intelligence artificielle (machine learning), ces navires seraient même "plus sûrs" que les bateaux actuels. La plupart des accidents en mer étant le fait d’erreurs humaines, le plus souvent liées à la fatigue, d’après les assureurs.

 

Sans plus personne à bord, les cargos permettraient évidemment de réaliser pas mal d'économies. Près de 20% selon Rolls-Royce. En masse salariale, mais pas seulement : "supprimer la présence humaine permet de simplifier la construction et de réaliser des économies radicales, explique Oskar Levander, notamment en terme de climatisation, de cabines, d'eau potable... "

 

D’autant que resté à terre, le capitaine pourrait diriger plusieurs navires de son poste de contrôle.

 

Pourtant, à l’instar des voitures autonomes, il reste encore pas mal d'obstacles à lever au-delà de la technique pure : à commencer par convaincre les régulateurs. Tant que les navires sans pilote humain ne seront pas pris en compte par l'organisation maritime internationale, ils ne seront pas couverts par les assurances.

 

Par ailleurs, la question de la sûreté du navire est un sérieux frein au développement de l’autonomie. Comment lutter contre la piraterie, le terrorisme, le pillage, les vols ou le détournement informatique du navire ? Certes, on pourra toujours construire des navires sans échelles mais cela ne diminuera pas les risques de cybercriminalité qui concernent tous les secteurs liés à l'autonomie des transports. 

 

Sans parler de la question sociale, sans doute la plus sensible pour les armateurs mondiaux tels que CMA-CGM  ou Maersk.

En attendant, tout le monde travaille sur le sujet. Un autre programme - MUNIN – Maritime Unmanned Navigation through Intelligence in Networks, financé par la Commission Européenne est également en cours.

 

L'entreprise norvégienne Kongsberg a officiellement sonné le départ de cette course technologique en annonçant la mise au point d'un cargo prototype qui sera testé dès l'an prochain. Totalement électrique, ce porte-conteneurs fera la navette entre Porsgrunn, au sud d'Oslo, et les ports de Brevik et de Larvik pour acheminer sur les bords de la mer du Nord la production d'engrais de l'industriel Yara.

 

En Chine, une alliance, à laquelle participe d’ailleurs Rolls-Royce, entre le conglomérat chinois HNA et neuf partenaires travaille au lancement d’un navire autonome d’ici à 2021

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