Soigner le vertige avec la VR (CHU de Nantes)

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Soigner le vertige avec la VR (CHU de Nantes)
18 Juin, 2018
Le participant doit gravir des étages et franchir des passerelles - REVISTIM X

 

Le CHU et l'université de Nantes mènent actuellement une étude associant réalité virtuelle et stimulation du cerveau...

 

- Des chercheurs nantais s'intéressent à la peur des hauteurs et la possibilité de réduire cette sensation de stress.

- Une étonnante expérience est actuellement menée à l'hôpital Saint-Jacques.

 

Il a les mains moites, des maux de tête, et « la nausée qui monte ». Prend une grande inspiration avant de s’aventurer, tout doucement, sur la planche posée au sol. Comme 28 % de la population, Tony est sujet au vertige. Avec l’espoir de s’en débarrasser un jour, ce Nantais s’est porté volontaire pour participer à REVISTIM-X, une étude scientifique inédite en France, actuellement menée par le CHU et l’université de Nantes.

 

Lourdement équipé, c’est dans une salle obscure de l’hôpital Saint-Jacques que Tony vit cette drôle d’expérience, d’une vingtaine de minutes à renouveler quatre fois dans la semaine. Grâce à un casque de réalité virtuelle, des trackers fixés sur ses pieds et des écouteurs diffusant des bruits de la ville, le voilà propulsé en bas d’un immeuble de 99 étages qu’il doit gravir, à l’aide d’un ascenseur et de diverses passerelles à traverser. Au fur et à mesure qu’il monte, il renseigne son niveau de stress. Au 7e étage, il est déjà à 8/10. Arrivé en haut, ses émotions sont telles qu’il affiche le seuil maximal de 10/10. « On sait qu’on ne risque rien mais c’est trop impressionnant, on a peur de tomber », confesse-t-il à la fin.

Les participants sont équipés d'un casque de réalité virtuelle et d'un bonnet de stimulation cérébrale — J. Urbach et REVISTIM-X

 

Stimulation cérébrale

Plus que d’exposer les patients à leur peur des hauteurs, l’objectif de l’étude est bien que cette sensation, à terme, diminue voire disparaisse. Pour cela, les chercheurs ont eu l’idée de combiner le principe de réalité virtuelle à celui de la stimulation cérébrale, produite grâce à un étrange bonnet qui diffuse un tout petit courant, indolore.

 

« Chez les sujets qui ont le vertige, la zone de notre cerveau (située au niveau du front) censée inhiber les réactions de peur ne fonctionne pas normalement, explique le docteur Samuel Bulteau qui porte l’étude avec le professeur Yannick Prié. En combinant réalité virtuelle et stimulation non-invasive, dont on connaît les bons effets séparément, on peut donc espérer travailler cette zone encore plus efficacement, car au bon moment. » Comme Tony, une trentaine de personnes vont se soumettre à ces tests indemnisés (des volontaires sont d’ailleurs recherchés), et toujours encadrés par un psychologue.

 

Un dispositif prometteur

Cette étude pilote en est à ses débuts, mais de premiers comportements encourageants ont été observés. Une dame, au départ paralysée par le stress, a finalement réussi à réaliser le parcours jusqu’au bout. « Une autre nous a même confié avoir apprécié la vue, sourit Samuel Bulteau. C’est prometteur car le vertige, même s’il n’est pas au stade de la phobie, a des conséquences négatives sur la qualité de vie des personnes qui en souffrent. Beaucoup doivent renoncer à certaines activités de loisirs, voire à profiter de leur balcon ».

Si la première phase est concluante, d’autres mesures seront effectuées, notamment pour évaluer la durabilité des effets. A terme, et si tout se passe bien, les chercheurs espèrent pouvoir prendre en charge avec cette méthode des patients présentant des addictions ou atteints de dépression.

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