Robots et réalité augmentée dans les vergers français

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Robots et réalité augmentée dans les vergers français
16 Août, 2017

Pour résister aux pays à moindre coût de production, la filière française des fruits demande sa part d’aide à l’innovation.

 

C'est en France, dans les années 2000, que Magali, le premier robot de cueillette, avait été imaginé. Avant d'être abandonné : trop cher, trop de dégâts sur les arbres, pas assez d'arboriculteurs intéressés. L'Hexagone était alors le premier producteur européen.

 

Quinze ans plus tard, devancé par l'Italie et la Pologne et talonné par l'Allemagne dans les pommes, concurrencé par l'Espagne sur les autres fruits, le projet ressort des cartons au Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL), un organisme de recherche public-privé qui dispose de cinq vergers expérimentaux. L'enjeu est clair : baisser la part de la main-d'oeuvre dans le prix de revient d'un fruit, souvent supérieure à 50 % en France.

 

Lasers, caméras, capteurs sensibles, les technologies d'évitement ont bien progressé depuis dix ans. On va casser des arbres, mais le but ultime, c'est que le robot soit aussi agile qu'un cueilleur.

 

La station fruitière du CTIFL à Lanxade (Dordogne) va ainsi piloter un programme de robotisation. L'investissement est évalué à 8 millions d'euros. « Lasers, caméras, capteurs sensibles, les technologies d'évitement ont bien progressé depuis dix ans. On va casser des arbres, mais le but ultime, c'est que le robot soit aussi agile qu'un cueilleur », souligne Ludovic Guinard, directeur général délégué du CTIFL. Devant un parterre d'arboriculteurs français réunis lors d'une journée technique à Saint-Epain (Indre-et-Loire) en juillet, il avait toutefois prévenu : « Il n'y a pas d'innovation sans entrepreneur qui s'en empare. »

 

Agriculture en temps réel

L'appel du pied n'effraie pas Luc Barbier, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits et légumes (FNPF). Aujourd'hui, presque tous les élevages bovins sont automatisés et l'arboriculture va donc suivre, assure-t-il en substance. « Il nous faut notre part des fonds à l'innovation de 1,2 milliard d'euros annoncés par M. Macron », plaide-t-il.

 

Le robot n'est pas la seule solution technologique de la filière fruits, en retard sur celle des céréales. « Ce qui se détache, c'est l'agriculture en temps réel. Dans son verger, l'arboriculteur équipé de lunettes de réalité augmentée va savoir d'emblée quelle branche tailler, quel fruit éclaircir en fonction des données », observe Laurent Ligonnière, directeur technique de Dalival, un fournisseur de plants.

 

Le verger français ne part pas de zéro. « Nous avons beaucoup avancé sur la conservation et les réfrigérations rapides, qui maintiennent les qualités gustatives des pommes », estime Daniel Sauvaitre, président de l'Association nationale pommes poires (ANPP), qui fait la promotion d'un label verger écoresponsable. Et une pomme mieux conservée se vend plus longtemps.

 

Quant au robot, il est inévitable, selon plusieurs observateurs. « La baisse du coût de la main-d'oeuvre est un formidable moteur », admet Daniel Sauvaitre, qui exploite des pommiers en Charente.

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