Pourquoi Vincent Ravalec fait le pari de la réalité virtuelle

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Pourquoi Vincent Ravalec fait le pari de la réalité virtuelle
30 Juin, 2017
Vincent Ravalec, invité de la 2e édition du Paris Virtual Film Festival au Forum des Images - LAURE CROISET

Au Paris Virtual Film Festival, le réalisateur français a présenté son projet de film de fiction en réalité virtuelle, "Fan Club", avec au casting Mathieu Kassovitz, Denis Lavant et Marilyne Canto. Il nous explique pourquoi et comment il s'est pris au jeu de cette petite révolution cinématographique. 

Dans le cadre de la 2e édition du Paris Virtual Film Festival qui se tient jusqu'au 2 juillet au Forum des Images, Vincent Ravalec (Cantique de la racaille) a présenté les premières images de son projet de fiction en réalité virtuelle, Fan Club. Produit par sa société à dimension familiale Les Films du Garage, en partenariat avec a_BAHN basé au Luxembourg, ce programme de 60 minutes entrera très prochainement en tournage pour espérer la présenter en mai prochain au Festival de Cannes. Au casting de ce film qui se présente comme un "labyrinthe émotionnel dans lequel se sont égarés une star et ses fans", on retrouvera des acteurs confirmés comme Sylvie Testud, Irène Jacob, Mathieu Kassovitz, Denis Lavant, Arthur H ou encore Marilyne Canto. Et si le cinéaste avoue volontiers que la réalité virtuelle n'est pas encore totalement au point et que le modèle économique reste à inventer, il nous explique pourquoi et comment il s'est volontiers pris au jeu de cette petite révolution cinématographique.  

Quand et pourquoi vous êtes-vous intéressé à la réalité virtuelle?

Tout a commencé il y a environ trois ans. Ça m'a intéressé parce que jusqu'à maintenant, j'avais utilisé différents médias. J'ai fait beaucoup de littérature, de cinéma, de la bande-dessinée, de la chanson, puis après, j'ai fait du transmédia. Ce qui m'intéressait, c'était cette possibilité de croiser différents moyens d'expression. Donc au départ, Fan Club était un projet de transmédia, puis la réalité virtuelle est arrivée. Je me suis dit que ça allait être une opportunité par rapport à ce que je voulais raconter dans l'histoire, ça servait parfaitement le propos. Du coup, j'ai commencé à travailler sur la réalité virtuelle alors qu'on en était au tout début. Okio-Studio était en train de faire le teaser de I, Phillip. Je me suis pris au jeu, j'ai commencé à rencontrer la petite scène VR, et là, j'ai plein de films en cours en réalité virtuelle. 

Ça change tout. C'est comme de passer de l'écriture littéraire au film, ce n'est pas le même processus mental. Pour écrire un film en réalité virtuelle, il faut penser en sphère. C'est difficile à expliquer, mais il faut vraiment penser que vous êtes dans un espace global. Votre film, c'est une sphère et c'est cette sphère qui bouge dans le temps et dans l'espace et qui va raconter l'histoire.

Alors que beaucoup de réalisateurs de VR font des documentaires, vous vous lancez dans la fiction. Pourquoi ce choix?

Ce qui m'intéresse, c'est de raconter des histoires et je pense qu'une fois que la VR va être au point avec une bonne définition de l'image, ça va être une manière extraordinaire de raconter des histoires. J'aurais plutôt tendance à penser que les expériences doivent être un peu sacralisées. Aujourd'hui, c'est assez rare les moments où on s'isole. Donc les expériences qui sont proposées doivent être à la hauteur. Quand vous mettez un casque, ça doit devenir un truc extraordinaire.

Où en est votre projet de film en réalité virtuelle, Fan Club

On est en production. On a tout le casting avec des comédiens hyper confirmés, qui sont tous soit curieux, soit dubitatifs ou tout simplement ignorants sur comment la réalité virtuelle va les impacter. La différence se joue en termes de gros plans. Avec la VR, il faut trouver quelque chose d'autre et notamment cette sensation de proximité. Il y a un acting particulier à développer, là encore. En tout, Fan Club va prendra la forme de neuf épisodes de 7 minutes, donc ça sera un film d'une heure. 

Comment on tourne un film en VR?

Il faut déjà une caméra spéciale. En ce moment, je tourne avec l'OZO qui capte tout et donc qui restitue après une image en 3D et 360 degrés. Ce qu'il faut prendre en compte, c'est que ce n'est pas la réalité virtuelle qui rend malade, c'est les mauvais montages. La VR ne pardonne pas. Vous êtes obligé de penser au spectateur.

Comment allez-vous amortir le coût du million d'euros que vous avez investi dans Fan Club?

Déjà, ça va être un projet bilingue, donc qui sera mondial et à l'échelle de la planète, il y a quand même beaucoup de gens équipés en casque de réalité virtuelle. Or, le modèle de la VOD n'est pas impossible à imaginer car dans notre domaine, il n'y a pas de concurrents. Si quelqu'un veut voir une série de 10 épisodes avec des acteurs qui racontent une histoire en VR, il n'y en a pas, il y a juste eu Invisibles aux Etats-Unis. Donc si vous avez un projet franco-anglais et que vous le mettez à 2 euros l'épisode, et que vous touchez 500.000 personnes à l'échelle mondiale, vous avez amorti votre million. Ce qui n'est pas inimaginable. En ce moment, on est en négociations avec Orange et à vrai dire, tous les gens qu'on va voir sont intéressés par le projet. Pour l'instant, il n'y a pas de modèle économique. Il va se créer.

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