Phobies : la réalité virtuelle a son mot à dire

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Phobies : la réalité virtuelle a son mot à dire
08 Avril, 2018
La peur du vide : la réalité virtuelle permet de s'y confronter facilement. © Ouest-France

 

Pour les surmonter, il faut s'y confronter progressivement et cette technologie peut apporter son précieux concours. Une psychiatre l'évoquera au salon Laval Virtual.

 

Entretien avec ​le Dr Fanny Levy, psychiatre à Paris, qui codéveloppe la start-up MyReVe.

 

Quels symptômes sont concernés ?

Les recherches sur l'utilisation de la réalité virtuelle en psychiatrie ne sont pas nouvelles. Elles datent d'une vingtaine d'années. Toutefois on s'est aperçu qu'elles sont pertinentes, surtout dans le domaine de la résolution des troubles obsessionnels et troubles anxieux spécifiques. Par exemple la claustrophobie, l'acrophobie (vertige), la peur de conduire, l'agoraphobie, etc. Un domaine où les traitements médicamenteux, les antidépresseurs notamment, n'ont pas beaucoup d'impact. Personnellement, j'utilise ces outils depuis cinq ou six ans.

 

Quelle place peut-elle avoir dans le traitement ?

Les traitements de référence pour les troubles anxieux sont les thérapies dites cognitivo-comportementales. Celles-ci suivent trois axes principaux : la gestion de l'anxiété, par la respiration par exemple. La définition de nos peurs, par exemple celle de tomber pour une personne âgée, que l'on appelle dans notre jargon la reconstruction cognitive. Enfin, le plus important, l'axe comportemental qui passe par la confrontation à ses peurs. C'est là que la réalité virtuelle peut beaucoup apporter. Mais soyons clairs, elle n'est qu'un outil supplémentaire mis au service d'une thérapie globale.

 

Les avantages concrets ?

Pour un patient, la confrontation à ses peurs doit être progressive. Déjà, la situation virtuelle peut être une étape pour le rassurer. D'ailleurs le patient peut la vivre en direct avec son médecin. Enfin, dans beaucoup de cas, le virtuel simplifie la mise en situation. Trouver par exemple un ascenseur panoramique n'est pas si simple. Ou encore exposer un patient phobique face à un chien en liberté dans un parc. Quel chien et comment deviner exactement la réaction de l'animal face à quelqu'un qui a peur ? On peut multiplier les exemples.

 

Les résultats sont-ils probants ?

En cinq ans, j'estime que le virtuel a contribué à faire disparaître 50 % des symptômes que j'ai eus à traiter. L'autre avantage que j'y vois, et ce n'est pas le moindre, c'est qu'il apporte des outils assez spectaculaires et très médiatisés. La conséquence directe est d'amener des gens encombrés par des troubles anxieux à consulter. Et ça, c'est déjà un énorme progrès.

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