Paris-Hawaii, saut et chute libre en VR : le test

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Paris-Hawaii, saut et chute libre en VR : le test
26 Juin, 2018
iFly propose de vivre une chute libre au-dessus d'Hawaii sans quitter Paris, grâce à la réalité virtuelle. (Charlotte Lassaussois )

 

Les tubes de vol iFLY proposent désormais une option de réalité virtuelle, pour sauter au-dessus d'Hawaii. Un brin flippant.

Ce lundi, il est 15h30 quand j'arrive au centre commercial Vill'Up à Paris. Mon boss m'a missionné pour tester la nouvelle attraction iFly, qui reproduit l'expérience d'une chute libre (mais en intérieur). Mieux, ils viennent d'ajouter la magique option "VR" (pour réalité virtuelle), simulant des sauts en parachute. Faire des pirouettes en combi dans un monde virtuel, il y a pire comme job !

 

"Vous avez déjà eu une épaule déboîtée ?"

 

La très sérieuse question de l'hôtesse d'accueil d'iFLY me raidit. Quoi ? Je venais pour m'amuser, et voilà qu'on me parle de risques... Le tube de 14 mètres qui se dresse derrière elle m'apparaît d'un coup bien moins sympathique.

 

Me voilà prise d'un vertige. Et si je devenais l'objet d'un fait divers macabre "Une jeune fille chute (pour de vrai) dans une simulation de chute libre" ? Et si je me cognais contre les parois à cause du casque de VR ? Et si c'était la fin prématurée de mon aventure de reporter ? Je reprends mes esprits. Il est trop tard. Et puis, mon chef ne croirait pas au mensonge que j'essaye d'élaborer – "Comme j'ai eu l'épaule déboîtée à 12 ans, ils m'ont refusé l'accès, par mesure de sécurité, mais je peux te décrire le tube de dehors..." Allez, c'est parti !

 

"Alors, on saute où ?"

iflyus Location #3: Hawaii
Why we chose this location for #iFLYVR: Do we even need a reason?! Hawaii's breathtaking landscape of stunning blue seas, rolling hills, and fresh green vegetation made it a no-brainer destination. There's no shortage of things to see on the way down from 13,000 feet.

 

Avant de sauter, baptême oblige. J'apprends la posture et les gestes à retenir (tip : mettre le pouce en bas en cas de nausée impromptue). J'enfile alors une superbe combinaison bleue, digne de "Top Gun". Je suis Maverick, prête à crâner le temps d'un selfie. Mince, ils m'ont confisqué mon portable, retenu dans un casier. L'appréhension reprend ses droits : et si j'étais la risée de tout le centre commercial ? 

 

"Par contre, il faut enlever vos lunettes, mademoiselle."

 

La pragmatique demande du moniteur me ramène à la réalité. Je n'avais pas pensé à ça... Etant hypermétrope et astigmate, me voilà dans le flou. J'espère ce souci de focal ne me gâchera pas le plaisir (et que je vais sortir de là vivante).

 

"Alors, on saute où ? Dubaï ? La Californie ? Ou Hawaii ?" m'interroge-t-on. Option 3. J'enfile le casque – un brin lourd – où un smartphone sert d'écran. Le centre commercial disparaît. Me voilà à bord d'un avion, entourée de parachutiste chevronnés – je n'ai pas eu leur bio, mais leurs sourires détendus me rassurent, comme si on était tous en terrasse à siroter un Spritz.

 

Sauf que le calme de la terrasse ensoleillée s'avère perturbé par le bruit assourdissant de la soufflerie (on m'a conseillé des boules quies, effectivement bienvenues). Voilà que la bande saute de l'hélicoptère. Je suis le mouvement et plonge dans le vide. L'illusion est totale. J'oublie le tube vitré, j'oublie la galerie marchande, j'oublie les badauds qui doivent me regarder éberlués à travers les parois de verre, lors d'une halte entre Sephora et H&M. Il n'y a plus que moi, qui vole au-dessus de l'île paradisiaque, entourée de mes potes parachutistes.

 

J'admire les volcans hawaïens, superbes, quoiqu'un peu flous pour moi. Je profite de la sensation de vol mêlée à un point de vue incroyable. Tout se passe bien. Pas de douleur, pas de nausée.

 

"Tout va bien"

Vient le moment où mes partenaires enclenchent leurs parachutes et disparaissent d'un coup dans le ciel. Je tâtonne le haut de ma combinaison, et là, c'est le drame. Rien ne se passe. Aucune poignée, le bas m'aspire, je fonce vers la mer. Ma vie défile devant mes yeux... Aaaaaaaaaaaah. Puis c'est le noir, complet.

 

Une monitrice me réceptionne et me susurre un "tout va bien" rassurant. Mon cœur bat la chamade. Ouf, c'est fini. La chute n'a duré qu'une minute, mais ça m'a paru bien plus long, suffisant en tout cas pour profiter de l'ensemble. J'admire finalement ma prestation, filmée, et me voit toute paniquée, tentant de me mettre en boule pour éviter une mort virtuelle. De quoi bien amuser la galerie.

 

Malgré le petit souci optique, je me suis totalement prise au jeu. Seul accroc : le prix de la séance, 94,90 euros avec l'option VR. D'autant que le moniteur m'explique que pour vraiment profiter du moment, plusieurs séances sont nécessaires... Pas sûr que mon portefeuille tienne le coup. L'expérience reste réussie (et s'avère une bonne idée cadeau), mais pas sûr que j'y passerai tous mes après-midi.

 

Je repars tout de même fière, la tête haute, brandissant mon certificat de vol "Mention très bien". Le papier a trouvé toute sa place sur mon frigo.

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