Michael Swierczynski veut sortir la VR de son ghetto

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Michael Swierczynski veut sortir la VR de son ghetto
09 Décembre, 2017

Les samedis de la VR comme le mercredi au cinéma

Au Forum des images à Paris, en attendant la troisième édition du Paris Virtual Film Festival, on fait le pari d’une diffusion régulière de projets en VR avec des nouveautés chaque semaine. Ainsi lors des Samedis de la VR, des sélections de films courts sont proposées au public. Histoire de sortir ce domaine du circuit des rencontres professionnelles et compétitions officielles ou pas. Il existe d’autres lieux de visionnage dans Paris, mais c’est encore assez confidentiel. Le grand public ne connait que très peu de choses du monde de l’immersion narrative. Par ailleurs le Forum s’est engagé dans une politique de coproduction de documentaires en VR sur les hauts lieux de Paris avec TV5 Monde.​

 

Le Forum des Images à Paris propose désormais des rendez-vous avec les films en réalité virtuelle, comme pour le cinéma. L’avenir dira si la réalité virtuelle, la VR donc, puis les réalités augmentées et mixtes sont faites pour être partagées dans des lieux publics. Michael Swierczynski, directeur du développement numérique du Forum des images, dévoile certains projets du forum des images et donne son avis sur l'avenir de la création en VR.

 

Pourquoi le Forum des images est-il devenu co-producteur de films VR sur les lieux parisiens comme le Musée d’Orsay ou l’opéra Garnier ? 

Michael Swierczynski : Le Forum, à l’origine, était un lieu de mémoire visuelle de la ville de Paris. Nous renouons avec cette tradition en utilisant cette nouvelle technologie qu’est la VR. Cela permet de montrer les sites prestigieux de la ville la plus visitée du monde d’une autre manière. 

 

On peut voir depuis les toits de l’Eglise Saint-Eustache, capter des moments de répétitions à l’Opéra, les coulisses de l’Opéra et même son lac intérieur. Ces images et ces films vont pouvoir circuler comme on fait circuler des expositions de tableaux. De plus ces films, constituent peu à peu un catalogue. Les centres culturels, comme le Musée national d’art de Singapour prochainement, commencent à s'en emparer et des événements se créent à travers le monde pour les montrer.

 

Grâce à nos partenaires TV5 monde et Arte, nous bénéficions aussi d’une diffusion linéaire. Les œuvres sont diffusées, sur des players 360 sans casques, sur des plateformes telles que Facebook et Youtube. Ce sont là des canaux de diffusion démocratiques et accessibles à tous, même si on n’a pas la même impression d’immersion totale. C’est pour que le public profite de cette immersion que nous mettons au point les samedis de la VR avec une programmation qui change régulièrement, comme au cinéma. 

 

Comment sortir la VR de son ghetto de professionnels ? 

Michael Swierczynski : Pour les samedis de la VR avec nos partenaires Diversion Cinema et VRrOOm nous proposons justement des expériences divertissantes comme Spiderman, à côté de documentaires plus pointus ou engagés. Et surtout nous avons fait exprès d’installer tout cela en vitrine, pour que les milliers de visiteurs du Forum des halles voient le lieu de projection des films et leurs spectateurs. Nous avons mis sur les écrans de nos vitrines les images des films en cours de projection. Je rêve de pouvoir un jour installer un robot ou un hologramme dans les couloirs du centre commercial pour inciter le public à entrer. 

 

Ces samedis de la VR nous amèneront naturellement au Paris Virtual Film Festival, que je veux étendre géographiquement. Sortir du forum, investir la canopée du centre commercial et le quartier Saint-Eustache et celui de la Fondation Pinault. 

 

Pour l’instant le monde du cinéma n’a pas su s’emparer pleinement de la VR, comment l’expliquer ? 

Michael Swierczynski : Effectivement c’est le monde du divertissement qui s’est emparé de la VR en premier. Pour le cinéma c’est plus complexe, on attend de voir ce que les grands cinéastes vont pouvoir faire de cette technologie. L’expérience d’Inarritu, malgré sa puissance, reste une expérience solitaire. On va voir ce que les studios de Spielberg ou de Ridley Scott peuvent apporter, en matière de narration et de diffusion. Pour l’instant, en faisant le tour du monde des festivals, je constate que les studios français sont les plus inventifs et convaincants en terme de storytelling. Pour le marketing et la distribution ce sont les Américains qui savent faire.  

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