Le PMU mise sur la géolocalisation et la VR

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Le PMU mise sur la géolocalisation et la VR
11 Décembre, 2018
L'application PMU Tracking ajoute de la réalité virtuelle aux courses hippiques. - PMU

 

Il y a presque un an, le PMU s’engageait dans le virage. Début 2018, l’institution a pris le pari de marier les courses hippiques et la technologie de pointe, en sortant l’application EpiqE Tracking, rebaptisée depuis PMU Tracking.

 

Le principe: des capteurs placés sur chaque cheval permettent de les géolocaliser en temps réel, avec une précision de 10 à 25 cm, et donne la possibilité de suivre la course en réalité virtuelle, en vue à la première personne et à la place du driver (en trot, ou le jockey en galop), via l’application. Le tout en recevant des statistiques de course en temps réel.

Après presque un an d’existence, «l’application a atteint les 60.000 téléchargements et compte 10.000 utilisateurs réguliers», se félicite Agnès Bazin pilote du projet pour le PMU. Mise en place sur les courses de trot à Vincennes, cette innovation avait pour but «d’interpeller de nouvelles cibles, les millenials», rappelle-t-elle. En raison d’un certain vieillissement des adeptes des courses hippiques? «Pas particulièrement», évite Agnès Bazin. La réponse est différente chez José Covès, pronostiqueur historique sur Europe 1depuis plusieurs décennies: «Il n’y a presque plus un chat sur les hippodromes. Et il n’y a que des vieux!»

 

« Un vrai sport »

Pour ce grand connaisseur des courses, l’utilisation du tracking est en tout cas «une très bonne idée», car cette technologie peut répondre «à la crise que traversent les courses, que le public délaisse, car il les trouve trop formelles, trop automatiques». Grâce à la réalité virtuelle, estime-t-il, «on peut les vivre au milieu du peloton, on sent les chevaux. Et moi qui ai la chance de driver en amateur, je trouve que l’immersion reproduit fidèlement cette sensation».

 

Tony Gonzalez, champion de France 2017 et 2018 des pronostiqueurs hippiques, est du même avis: «Le tracking permet de montrer que les courses, c’est un vrai sport, qui n’a rien à voir avec le fait de cocher six numéros au loto. C’est très bien pour amener un nouveau public. Moi, j’ai montré l’application à des amis qui ne s’intéressaient pas du tout aux courses, et maintenant ils viennent à l’hippodrome de Vincennes.»

Et les turfistes historiques, alors, y trouvent-ils leur compte, notamment grâce aux statistiques en temps réel, qui seront d’ailleurs améliorées dans la deuxième version de l’application, dont la sortie est prévue mi-février? Oui, pour Tony Gonzalez: «C’est intéressant d’avoir plus d’informations. Et puis, grâce à la réalité virtuelle, on comprend beaucoup mieux les circonstances de course. Si on croyait que notre cheval avait fait une mauvaise course, on peut par exemple se rendre compte qu’en fait, il a été enfermé et a surtout manqué de chance.»

 

L’avis de José Covès est différent. «Les turfistes n’ont pas besoin de réalité virtuelle ni de statistiques, ils ont les chiffres en tête, affirme le journaliste d’Europe 1. Pour moi, il y aurait de meilleures pistes d’amélioration: enrichir l’ambiance, notamment sonore, de la réalité virtuelle par exemple.» Quant à l’utilisation du tracking pour conquérir un meilleur public, «il faudrait même aller plus loin, poursuit-il, avec le live betting (pari en direct), très en vogue en Angleterre. Au football, on peut par exemple parier sur le nom du joueur qui ouvrira le score. Pourquoi ne pas mettre en place des paris sur le nom du cheval qui sera en tête après les 1.000 premiers mètres de course? » Le PMU n’est peut-être pas encore sorti du virage.

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