La VR, pour que revive notre patrimoine culturel

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La VR, pour que revive notre patrimoine culturel
07 Octobre, 2017
Un mausolée de la ville de Tombouctou, au Mali. Photo: UNESCO

 

Comment « réparer » des crimes contre le Patrimoine ?

C'est une avancée pour le Patrimoine : la destruction de biens culturels est enfin considérée comme crime. Une reconnaissance à forte portée symbolique, mais qui ne reconstruit pas cet héritage saccagé... L'évolution des techniques numériques pourrait en revanche apporter quelques consolations.

 

Tombouctou, mais aussi l'Irak et la Syrie...

La destruction des biens culturels est enfin reconnue comme crime contre l’humanité.

Il y a quelques semaines à peine, la Cour Pénale Internationale de Justice condamnait Ahmad al-Faqi al-Mahdi à verser 2 700 000 euros. Ce Touareg malien, qui avait rejoint l’organisation djihadiste Ansar Dine en 2012, avait déjà été condamné en septembre 2016 par cette même Cour à 9 ans de prison pour avoir dirigé en tant que chef de la brigade islamiste des mœurs, la destruction des mausolées de Tombouctou.

Qu’il n’ait pas les moyens de payer cette somme la Cour le sait bien mais ces deux décisions de septembre 2016 et août 2017 sont des gestes forts : c’est la première fois qu’un homme est jugé et condamné à La Haye pour destruction de biens culturels reconnue comme crime et sommé de payer « réparation financière et affective » pour ceux qui vivaient de ces mausolées ou pour les descendant des défunts qui y étaient enterrés.

 

Tombouctou est une ville. Qu’en sera-t-il en Syrie et Iraq ? L’échelle est ô combien différente! Les mausolées de Tombouctou sont en terre crue, qu’il faut entretenir et en partie renouveler à intervalles réguliers afin que le monument ne s’écroule pas de lui-même. Il n’y a donc aucun attachement au matériau employé et celui-ci abonde.

En revanche quand il s’agit, comme en Syrie ou en Irak, d’architecture ou de décor en pierre, de surcroît sur une aire bien plus vaste, aux populations plus nombreuses, la question se pose en termes différents tant d’un point de vue affectifs que financiers.

 

Photo des portes du Palais de Nimroud prise par l'US Army en 2008, avant la destruction du site archélogique

 

Modélisation et VR

Devant l’étendue des destructions, des vols d’objets ou de manuscrits, et aussi pour, dès à présent, préserver, autant que faire se peut, les joyaux de l’Orient, de nombreux projets ont vu le jour ces dernières années.

La plupart sont liés à l’utilisation des nouvelles technologies. Il s’agit de numériser des millions de photographies afin d’en garder une trace. Mais la numérisation préserve le contenu et non le contenant ! Elle offre une reconstitution fidèle, une modélisation permettant de relever les plus petits morceaux de pierre, permet une impression en 3D.

Mais, ne nous leurrons pas, tout ne pourra pas être reconstruit à l’identique.

 

La réalité virtuelle offre cependant des possibilités à multiples entrées.

En cette année 2017 a été élaborée une modélisation de la salle du trône du palais du roi néo-assyrien Assurnazirpal II à Nimroud.

Elle n’invite pas à se promener dans les ruines de ce bâtiment telles qu’elles se dressaient juste avant que Daesh ne les pulvérisent en 2015, mais, coiffé d’un casque et manette en main, d’être projeté dans ce qu’aurait pu être la salle du trône au IXe s. av. J-C. !

 

C’est le propre des guerres que de booster les techniques, les inventions ! Bien sûr, on a beau panser les plaies, rien n’égalera ce qui a été détruit ! Mais ces avancées numériques seront-elles pour le patrimoine ce que l’avancée de la médecine et de la chirurgie fut pour les hommes à l’issue de la Première Guerre Mondiale ? Cela ne tient qu’à nous !

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