La VR peut-elle soigner le mal de mer?

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La VR peut-elle soigner le mal de mer?
24 Mars, 2017
La personne est installée confortablement, les pieds posés sur une plateforme, avant d'être muni de lunettes de réalité virtuelle, pour voir les mouvements de la mer, et des écouteurs, pour restituer l'ambiance maritime.
Un des volontaires a commencé à se sentir mal au bout de quelques minutes. 3. Le Dr Loïs Bonne, ORL à l'HIA Clermont-Tonnerre, travaille depuis vingt ans sur la rééducation du mal de mer, qui aboutit dans 75 % des cas à une amélioration.
 
Une nouvelle plateforme de rééducation du mal de mer a été inaugurée hier à l'hôpital d'instruction des armées (HIA). Elaborée par des ingénieurs locaux à partir des travaux de recherche du Dr Loïs Bonne, ORL à l'HIA, cet équipement complète la prise en charge de la naupathie ouverte aux militaires mais aussi aux civils.
Installé sur un siège mobile, bien attaché, lunettes de réalité virtuelle sur le nez devant une houle variable et un casque audio sur les oreilles pour restituer l'ambiance d'un navire, du bruit du moteur aux craquements de plus en plus forts à mesure que la mer forcit...
Le testeur commence à se sentir mal.
L'effet est très convaincant et plus d'un s'est retrouvé le coeur au bord des lèvres. Cette fois, au bout de quelques minutes, le testeur demande l'arrêt de la machine, le mal de mer est bien là !
En cas d'urgence, il y a même un gros bouton rouge sur lequel on peut appuyer pour tout arrêter immédiatement.
 
Des militaires et des pêcheurs
« L'objectif n'est pas de rendre les gens malades, mais de leur apprendre à maîtriser leur mal de mer, ce n'est pas non plus un simulateur », précise le Dr Loïs Bonne, ORL à l'HIA, qui travaille depuis vingt ans sur les traitements du mal de mer.
« La plupart des militaires embarqués ne sont malades que deux à trois jours, mais certains sont malades tant qu'ils sont sur le bateau.
On ne peut pas imaginer de donner un médicament durant tout un embarquement qui peut durer 100 jours, en raison des effets secondaires ».
La rééducation a permis à de nombreux marins d'embarquer à nouveau, mais elle s'adresse aussi aux civils.
Le centre a accueilli des marins de la marchande, des marins-pêcheurs, des navigateurs ou encore des nageurs en eau libre que la houle gênait dans leurs performances.
Cette nouvelle plateforme de rééducation, conçue et créée par la société Actris de Brest et le Centre européen de réalité virtuelle de l'École nationale d'ingénieurs de Brest, a été inaugurée, hier, à l'hôpital d'instruction des armées Clermont-Tonnerre.
Une première en France, tout comme c'était la première fois que les codirecteurs de l'ensemble hospitalier civil et militaire (EHCM), le médecin général Macarez, de l'HIA, et Philippe El Saïr, directeur général du CHRU de Brest, inauguraient ensemble un équipement.
 
Une histoire d'oreille interne
Depuis vingt ans, le Dr Loïs Bonne s'est attaché à aider les marins victimes de naupathie.
Pour cela, il a mis en place des outils de rééducation pour que la personne apprenne à résoudre seule le conflit entre ses informations sensorielles.
La première règle, avant de monter sur un bateau, est de bien anticiper pour maîtriser ce que l'on appelle la règle des 4 F : faim, froid, frousse, fatigue.
Mais le problème du mal de mer se situe essentiellement dans l'oreille interne, le vestibule, siège de l'équilibre.
Les personnes dépourvues d'oreille interne n'ont jamais le mal de mer.
Le mal de mer est le fruit d'un conflit entre ce que l'on voit, ce que perçoit notre oreille interne et ce que ressentent les récepteurs neurosensoriels de la plante des pieds.
« La rééducation consiste à essayer d'adapter la personne et de la faire progresser dans la résolution de ce conflit sensoriel. Sur un bateau, il ne faut pas subir, mais anticiper sa position ».
Plusieurs outils sont proposés aux personnes souffrant de naupathies, certains permettent de faire un bilan ou de débuter une rééducation avec un fauteuil rotatoire ou avec des lumières qui tournent.
La rééducation personnalisée se fait sur dix séances de trente minutes avec la nouvelle plateforme, opérationnelle depuis un mois.
Le Dr Loïs Bonne espère qu'elle permettra encore d'améliorer les résultats des prises en charge : « 75 % des personnes souffrant du mal de mer n'en souffrent plus, ou moins, et peuvent rester opérationnelles sur un bateau.
Un peu moins d'une centaine de patients bénéficie de cette rééducation chaque année ».

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