La Renault Symbioz se conduit déjà sans les mains

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La Renault Symbioz se conduit déjà sans les mains
10 Décembre, 2017

​​Ces jours-ci, Renault Symbioz, une voiture électrique, connectée, et surtout, autonome roulait sur l’A13. Présenté au salon de Francfort, le concept-car a été décliné en un modèle unique de véhicule autonome de niveau 4, dit « mind off », qui permet au conducteur de se concentrer sur autre chose que la conduite. Loin des « mulets », ces tout premiers prototypes qui permettent de tester la technologie, le Symbioz a pour objectif de montrer à quoi pourrait ressembler nos voitures, en 2023, technologie et design compris.

 

Renault aimerait que les voitures ressemblent à cela, en 2023. Avec Renault Symbioz, le constructeur souhaite montrer des véhicules électriques, connectés et surtout, autonomes. Et quand Renault dit autonome, il y a du niveau. En l’occurrence, du niveau 4, dit « mind off », qui permet au « conducteur » de lâcher le volant sur des portions d’autoroute, et même au passage du péage, pour se concentrer sur autre chose que la conduite.  

 

Dans les environs de Saint-Aubin-sur-Gaillon, en Normandie, c’est un drôle de ballet qui s’est déroulé ces derniers jours sur l’autoroute A13, sous les yeux interloqués des automobilistes. Une voiture à la silhouette futuriste, lancée à 130 km/h, et derrière le volant, un conducteur occupé avec enfiler un casque de réalité virtuelle. Bluffant. 

 

Ce vendredi, pour les essais proposés à la presse, il pleuvait des cordes. Pire, la neige et la grêle ont mis leur grain de sel. Des conditions épouvantables pour mettre sur la route une voiture dépendante d’une trentaine de capteurs. Leadars, radars, caméras et ultra-sons, chacun avec un point de vue différent permettant de couvrir l’ensemble de la vision. Et pourtant, des conducteurs amateurs ont pris en main le véhicule, sur l’A13. Les voitures autonomes n’étant pour l’instant pas autorisées à la circulation, Renault est dans l’obligation d’obtenir une dérogation pour chaque essai et d’accompagner le conducteur d’un superviseur, un ingénieur pilote capable de reprendre la main à tout moment. Pas de chance pour nous et pour un confrère britannique, l’autorisation ne nous a pas été accordée en raison de la grêle, mais nous avons pu voyager, côté passager.

 

« C’est un work in progress, avec des bugs », indique Mathieu Lips, directeur du projet Renault Symbioz demo car. Par exemple, notre pilote a dû reprendre le volant en main, non pas en raison d’un problème d’algorithme, mais à cause de buée sur un phare. Un simple problème physique rendant difficile la perception de la route par un capteur.

 

Malgré la météo, le véhicule est lancé à 130 km/h sur l’autoroute, double, se rabat, bref, conduit, et de manière fluide. Le tout, en respectant parfaitement le code de la route, et notamment, les limitations de vitesse et les distances de sécurité. Une programmation qui conduit la voiture à ralentir quand les automobilistes curieux s’approcheraient d’un peu trop près pour photographier la Symbioz. Ce qui arrive souvent. « Ce sera le principal enjeu : faire cohabiter des voitures autonomes au milieu de la circulation « normale », indique Renault. 

 

Péage en autonomie et mode sport

Renault Symbioz ne permet pas « seulement » de conduire sans les mains sur l’A13. La voiture passe les barrières de péage en toute autonomie. Une prouesse rendue possible grâce aux nombreux partenariats réalisés par Renault sur ce projet. Iav pour les capteurs et les algorithmes, Sanef pour la communication avec les infrastructures, TomTom pour localiser la route.

 

Pour le péage, Sanef, envoie les informations, depuis le PC trafic, jusqu’au véhicule. Tomtom recartographie la route. « La localisation classique se fait par satellite avec une précision de dix mètres environ », indique Vincent Martinier, responsable communication de la marque. Une précision insuffisante pour la conduite en autonomie. « Nous effectuons une nouvelle cartographie de la route qui indique la largeur exacte, le marquage au sol, les angles… » TomoTom HD map a déjà recartographié 400 000 kilomètres de routes, auxquels s’ajoutent une road DNA pour modéliser tous les éléments de la route. Une modélisation mise en corrélation avec ce que voient les leadars, en temps réel.

 

Un mode sport, très impressionnant, permet d’atteindre 100 km/h en à peine 6 secondes. L’ensemble du véhicule se transforme alors, des fauteuils à l’environnement visuel et sonore proposé par Devialet. 

 

Design et technologie

« Il s’agit d’un prototype qui n’a pas vocation à être envoyé à la production », a indiqué Mathieu Lips, directeur de cet ambitieux projet Renault Symbioz demo car. L’objectif est de prouver que la voiture autonome fonctionne et ne ressemble pas à un robot, mais à un véhicule luxueux. Une berline basse (1m44 de haut), « pour montrer ce qu’il y a dedans et que le système autonome intégré ne vient pas casser le design ». Et large de presque deux mètres. 

 

Un design qui a été pensé comme l’intérieur d’une maison. Là encore, des partenariats ont été noués avec Devialet pour les modules sonores, avec LG pour trois écrans en forme de “L” intégrés sur le tableau de bord, et avec Ubisoft pour la partie réalité virtuelle.

 

Si la technologie et le design sont au point, reste à savoir ce que permettra la législation dans les prochaines années. 

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