La réalité virtuelle, cette arme anti-préjugés

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La réalité virtuelle, cette arme anti-préjugés
10 Juillet, 2018

Utiliser les casques immersifs pour combattre les clichés est un dada d'Alexandra Ivanovitch. Et si on se mettait à regarder notre entourage avec d'autres yeux ?

 

Connaissez-vous Alexandra Ivanovitch ? Diplômée de l'École normale supérieure, cette trentenaire – qui a été chercheuse en humanités numériques à la Sorbonne et a travaillé au Centre de recherche interdisciplinaire créé par François Taddei et Ariel Lindner – est passionnée par les neurosciences.

 

Installée aujourd'hui aux États-Unis, elle estime que la réalité virtuelle est une arme d'« empathie exponentielle ». Le constat de celle qui a présenté une thèse intitulée « Fictions d'hypocrisies au XXe siècle chez Borges, Boulgakov et Saramago. Thèmes et parcours » ? La réalité virtuelle qui, grâce à un casque, nous propose de vivre la vie à travers les yeux d'une personne que l'on ne connaît pas n'a pas fini de transformer le rapport que nous avons au monde.

 

Platon revisité

La chercheuse, qui y voit une nouvelle interprétation de l'allégorie de la caverne exposée par Platon, a été distinguée par le prix XPrize et a obtenu le soutien de la Fondation Roddenberry. Créatrice de l'ONG Equality Lab, elle a été marquée par l'expérience « Becoming Homeless » menée par le Stanford Virtual Human Interaction Lab, qui nous fait vivre le quotidien d'un sans domicile fixe. Intervenante à la dernière édition de L'Échappée volée, Alexandra Ivanovitch a également évoqué une autre expérience intéressante. 

 

Derek Ham, chercheur et professeur à la North Carolina State University, a mis au point une expérience qui nous transporte à l'époque des mouvements civiques aux États-Unis. Elle nous met dans les pas d'un employé de la Memphis Sanitation Worker en 1968 portant l'écriteau « I AM A MAN ». C'est exactement cet écriteau que portaient les plus de 1 000 éboueurs en grève qu'était venu soutenir Martin Luther King, avant d'être assassiné le 4 avril 1968.

 

Le chercheur Derek Ham a ainsi convaincu la National Police Foundation de faire vivre cette expérience à plusieurs policiers californiens en mai dernier. L'idée ? Faire disparaître les préjugés entre les races et éviter de nouvelles catastrophes comme celle de Ferguson aux États-Unis. Enfin, Alexandra Ivanovitch a travaillé sur les biais qui nous amènent à avoir une vision faussée d'une personne.

 

Attention cependant à ne pas mettre ce média entre les mains d'un dictateur qui pourrait se servir de son côté immersif pour s'essayer à une manipulation géante ! En attendant, la réalité virtuelle peut aussi être utilisée à des fins de formation. C'est la conviction de la start-up Go Touch VR. Cette dernière a mis au point des gants électroniques dotés d'un retour haptique qui, à la voix et à la vue, ajoutent la sensation de toucher.

 

Ainsi, lorsqu'on approche virtuellement ses mains d'une porte, il est possible de sentir la résistance de la poignée, avant de l'ouvrir. Or, comme on le voit dans cet épisode de #TECH24, l'émission high-tech de France 24 présentée avec Marjorie Paillon et dont Le Point.fr est partenaire, cette innovation est utilisée pour sensibiliser des pompiers à certaines zones de danger, ou pour apprendre à des pilotes la difficulté de conduire un avion.

 

Une preuve supplémentaire que cette discipline, qui est cet été à l'honneur à l'occasion du VR Arles Festival, peut également être utilisée à des fins de formation.

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