La réalité augmentée arrive dans les écoles

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La réalité augmentée arrive dans les écoles
29 Juin, 2017
Des élèves très enthousiastes lors du cours en réalité augmentée. Laval, 28 juin 2017. - D.Bancaud/20minutes

«C’est super de voir les volcans comme ça»

Il règne une atmosphère électrique ce mercredi matin dans la classe de CM1-CM2 de l’école Eugène Hairy à Laval (Mayenne). Car le programme scolaire du jour réjouit d’avance les élèves : ils vont participer à un cours sur les volcans en utilisant une application en réalité augmentée.

       ¤ Depuis février, une expérimentation pédagogique utilisant la réalité virtuelle            et augmentée a été lancée dans l’académie de Nantes.

       ¤ 500 élèves ont pu en bénéficier.

       ¤ Ces technologies permettent de réveiller l’intérêt de l’enfant.

 

Une élève lors du cours en réalité augmentée, Laval, 28 juin 2017. — D.Bancaud/20minutes

Une possibilité qui leur est offerte grâce au partenariat noué par l’académie de Nantes avec Eon Reality, une entreprise qui développe des supports en réalité virtuelle et augmentée. Depuis février, cette expérimentation pédagogique a été lancée dans trois écoles et deux collèges de Mayenne et de la Sarthe et a bénéficié à 500 élèves.

« Le contenu pédagogique de ces séquences a été créé avec les enseignants et des inspecteurs pédagogiques dans plusieurs domaines (l’histoire, la musique, la sécurité routière et les sciences de la vie de la terre) », explique Gaëlle Penelon, chef de projet chez Eon Réality, qui est présente en classe pour veiller au bon déroulement de la séance du jour.

Une expérimentation à laquelle s’est prêté bien volontiers Denis Le Grand, l’enseignant. « On ne peut pas continuer à enseigner aux élèves uniquement de manière traditionnelle. J’essaye donc d’intégrer le plus possible le numérique dans mes cours. Cela joue sur la motivation des élèves, via le côté ludique », explique-t-il.

Denis Le Grand avec ses élèves Laval, 28 juin 2017. - D.Bancaud/20minutes

« C’était plus intéressant que dans un livre »

Ses élèves ne sont d’ailleurs pas des novices en matière de réalité virtuelle et augmentée, car c’est la dixième fois qu’ils utilisent la tablette pour participer à ces cours d’un nouveau genre. « Ce que j’ai préféré, c’était le cours sur la vie dans les tranchées. On voyait les poilus presque pour de vrai. C’était plus intéressant que dans un livre », se souvient Charles-Elie. D’où son impatience ce matin-là.

La séquence du jour traite des volcans. Pour mettre les élèves en jambe, la leçon démarre par un quiz, histoire de tester leurs connaissances. Par équipe de deux, les enfants y répondent sur des tablettes. Elise et Alice se lancent dans le QCM avec plaisir : « Comment s’appelle l’ouverture circulaire par laquelle sort la lave au sommet du volcan? », interroge l’écran. « Un cratère » répondent en chœur les deux petites filles en sélectionnant la bonne réponse. « Le Vésuve est un volcan ? » « D’Italie », s’écrient à leur côté Charles-Elie et David, tous fiers. Alors qu’habituellement, ils sont invités à se taire en classe, là, ils peuvent parler entre eux. « Un bon moyen pour eux de s’approprier le savoir », commente Gaëlle Penelon.

Les élèves devant une séquence de réalité augmentée, Laval, juin 2017. - D.Bancaud/20minutes

Au bout de quinze minutes, beaucoup d’entre eux ont déjà terminé. « On a eu 8 sur 10 », se targuent Diego et Timothée, qui ont répondu à leur quiz en un rien de temps. Idem pour Jawad et Prosper qui en profitent pour regarder un volcan en éruption avec la réalité augmentée. « Oh, c’est un volcan explosé, tu rentres dedans t’es mort », commente Jawad.

« Y a un volcan sur ma table »

Adèle et Ana-Livia regardent la formation d’un cône volcanique via la réalité augmentée. « Y a un volcan sur ma table », se réjouit Adèle. Les élèves peuvent ouvrir différentes fenêtres pour acquérir du vocabulaire. « C’est super de voir les volcans comme ça, car je peux mieux imaginer comment ils sont vraiment », s’enthousiasme Ana-Livia.

A coté d’elle, un autre groupe regarde une vidéo sur un volcan. Chacun avance à son rythme et l’enseignant, Denis Le Grand circule dans la classe pour répondre aux questions spécifiques que les élèves se posent. « Le gros intérêt de ce support pédagogique, c’est l’interactivité qu’il permet alors que les élèves sont généralement passifs devant les écrans », indique Denis Le Grand.

Les élèves devant une séquence de réalité augmentée, Laval, juin 2017. - D.Bancaud/20minutes

Mais pas question pour lui de s’effacer derrière l’outil numérique. Il a d’ailleurs conçu un questionnaire auquel les élèves doivent répondre à la main. « La réalité augmentée ne suffit pas, il faut que les élèves écrivent en parallèle pour structurer leur pensée et mémoriser ce qu’ils viennent de voir », explique-t-il. L’enseignant demande d’ailleurs aux élèves d’abandonner leurs tablettes un instant pour les pousser à se poser des questions collectivement sur la leçon du jour.

L’expérimentation sera évaluée par des chercheurs

C’est maintenant le moment d’évaluer ce qu’ils ont retenu de toutes les informations auxquelles ils ont eu accès. Denis leur demande donc de refaire le quiz. Cette fois-ci Elise peut répondre à la question « Qu’est-ce que le Piton de la Fournaise ». « Un volcan de la Réunion », s’écrit-elle. Du coup, elle a 10/10 au quiz.

Les élèves sont invités à exprimer par écrit comment l’application pourrait encore être améliorée, histoire d’exercer leur esprit critique face aux outils numériques. « J’aimerais qu’on puisse voir l’intérieur des volcans », note Diego. La séquence s’achève et il était tant, car au bout de deux heures de travail intensif, les élèves ont besoin d’une récréation. L’occasion pour Denis Le Grand de faire le point.

Un volcan en éruption en réalité augmentée, Laval, 28 juin 2017 - D.Bancaud/20minutes

« L’idéal aurait été que cette leçon s’intègre dans une séquence plus globale sur les volcans, avec une visite à Vulcania et l’exposé d’un élève, par exemple. Car je ne pense pas qu’ils aient mémorisé durablement ce qu’ils ont vu lors de cette séquence », explique-t-il. Il aura bientôt la réponse à ses questions : « Une évaluation de l’expérimentation de la réalité virtuelle et augmentée à l’école sera faite par des chercheurs en sciences de l’éducation », indique Jean-Marie Baton délégué académique au numérique du rectorat de Nantes. Mais ce dernier semble d’ores et déjà convaincu par ces leçons d’un nouveau genre. « Là où l’on a des difficultés à faire passer un concept, il est utile d’utiliser le numérique », assure-t-il.

Laval, capitale de la réalité virtuelle et augmentée

Eon Reality, entreprise californienne, s’est installé il y a trois ans à Laval. Et ce n’est pas un hasard car cette ville de Mayenne est devenue la capitale française de la réalité virtuelle. Elle accueille chaque année depuis dix-neuf ans l’un des plus grands salons internationaux consacrés à la réalité virtuelle, Laval Virtual. Cet événement a été créé sous l’impulsion de l’ancien maire de la ville, François d’Aubert. Ce dernier a aussi incité les entreprises œuvrant dans ce domaine à s’implanter dans la ville, tout comme des centres de formation dédiés à ces métiers du présent et de l’avenir.

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