La formation dans tous ses états, par P. GIL

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La formation dans tous ses états, par P. GIL
12 Juin, 2018

Alors que la réforme de la réforme prend… forme, nous offrant depuis quelques années désormais un instabilité chronique du cadre administratif, il est une constante inexorable : la formation est entrée dans l’ère du changement et ce pour un bon moment. Et il était temps.

 

Prise de conscience au sommet de l’état que notre système éducatif est à bout de souffle, dédoublement des CP/CE1, réforme du baccalauréat, mise en place d’un Conseil Scientifique piloté par Stanislas Dehaene pour introduire les dernières avancées des sciences dans les approches pédagogiques, renforcement de l’apprentissage, transformation du lycée professionnel...

 

Bref, le mammouth a ouvert un œil et frémit.

 

Mais dans l’univers professionnel le réveil est réel et ça bouge énormément : la formation est enfin comprise et admise par tous comme un levier indispensable et fondamental de l’adaptation de chacun aux changements accélérés de nos univers sociaux et économiques.

 

Mais du coup on attend d’elle d’être soucieuse de son efficacité, de prouver sa performance au service du collectif et des individus au-delà d’une gestion budgétaire. La fonction formation, face aux besoins croissants des opérationnels est bousculée : on lui demande plus de réactivité pour être conçue, plus de flexibilité en terme d’accès, plus de fluidité en terme d’organisation, de diffusion, plus de mesure de son ROI ou de son ROE.

 

Pour cela méthodes agiles, technologies digitales et neurolearning s’invitent au festin de cette formation new-look aux objectifs ré-inventés :

 

Donner accès au savoir instantané et personnalisé 

Le micro-learning affiche la promesse de pouvoir se former durablement par micro-séquences de quelques minutes. Se former juste assez, juste à temps est un des arguments majeurs. Avec un smartphone dans la poche et un accès internet quasi permanent, le savoir devient une ressource accessible à tout moment presqu’instantanément. L’accès en temps réel à des bases de données de savoirs combinées à la réalité-augmentée ouvre des possibilités infinies.

 

Dès lors faut-il continuer à former et « encombrer » notre cerveau ou bien se concentrer sur le « savoir accéder » à ces mémoires désormais externalisées, comme le souligne Michel Serres* ?

 

Accélérer l’acquisition de réflexes et la transformation des comportements

Passer d’une action réfléchie, contrôlée, décidée, à une action réflexe. C’est toute la différence entre comprendre, expérimenter de façon organisée et consciente, et agir de façon réflexe. En appliquant les mécanismes issus des neurosciences il est maintenant possible d’acquérir ces savoir-faire et savoir-être de façon plus rapide : apprentissage adaptatif, environnements immersifs et réalité virtuelle accélèrent la courbe d’apprentissage. L’intégration de l’intelligence artificielle si elle est encore limitée aujourd’hui, ébauche un futur pédagogique transformé.

 

Admettre la porosité des territoires et la multiplication des ressources

Nos organisations tendent à être de plus en plus plates et transverses et cependant certains continuent à raisonner en silos. « Ca c’est de la formation, ça c’est de la com', ça c’est de l’information… » Stop ! Remettons l’individu, l’apprenant, le collaborateur au centre. Peu importe l’origine de la ressource (celui qui la produit ou son entité de rattachement).

 

La responsabilité de l’organisation est de donner à ses collaborateurs accès à la bonne dose de savoir au bon moment selon la formule adaptée au contexte. Raboutons les sources, donnons-leur de la cohérence, évitons les redondances mais surtout faisons taire les querelles de clocher. Visons l’efficacité du service rendu au « consommateur final » plutôt que chercher à défendre tel pré carré.

 

Peu importe l’origine de production de la ressource, pourvu qu’elle respecte quelques canons de qualité qui la rendent acceptable dans sa forme, dans la mesure où elle rend un vrai service par le simple fait d’être disponible, accessible et utile.

 

Cette tendance va s’accélérer avec l’apparition des approches User Generated Content qui poussent chacun à capturer et partager son expertise dans des stratégies d’entreprise apprenante.

 

Accélérer la digitalisation

La formation en salle est une excellente modalité, quand elle est bien préparée, bien organisée, bien dispensée. Elle reste cependant dépendante de petits aléas : groupe hétérogène, salle mal adaptée, transport difficile, hébergement coûteux, formateur pas en forme… et surtout, son coût est proportionnel au nombre de personnes à former, et oblige à une unité de temps et de lieu.

 

Les besoins de formation étant de plus en plus nombreux et le délai pour les couvrir de plus en plus courts, digitaliser la formation s’impose comme un incontournable. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’opérer une réelle transformation :

 

-de l’accès à la connaissance par des supports dématérialisés

-de la formalisation des contenus qui doivent devenir autoportants et permettre plusieurs niveaux d’appropriation

-des méthodes pédagogiques qui doivent favoriser attention, motivation, interaction

-du rôle du formateur / pédagogue qui doit scénariser, formaliser les ressources et accompagner les dispositifs

-du rôle de l’apprenant qui doit s’impliquer, s’organiser, et mobiliser davantage ses capacités d’autodidaxie

-de la mesure de l’efficacité qui devient plus facile car le parcours d’apprentissage laisse des “traces” (datas) qu’il est possible d’analyser.

 

Doper l’expérience apprenant

Les Digital Learning Managers ne parlent plus de formation mais de parcours ou d’expérience formation. Cette expérience formation s’appuie sur :

 

- des contenus et des formats : documents, modules de cours, vidéos, tuto, serious game, mobile learning, MOOC, Spoc…

- des modalités : de la simple consultation, des exercices en ligne, des activités présentielles et distancielles

- des outils : des plateformes LMS, des outils de classes virtuelles, des réseaux sociaux, des outils de partage de documents

 

et de l’accompagnement humain : en amont du parcours pour aider au choix ou faire un diagnostic, au démarrage du parcours pour accompagner dans sa mise en place et son organisation, pendant les étapes de formation pour faciliter l’apprentissage, à l’issue du parcours pour coacher lors de la mise en œuvre.

 

A propos de l’auteur

Philippe Gil a occupé des postes à responsabilité au sein de la Cegos et de Demos toujours dans le domaine de l’innovation en formation et du numérique.Il a créé et co-dirigé 3 start-up du domaine rh et formation : eLearning Agency, Formastore et BeThe1. Il est aujourd’hui co-fondateur de IL&DI, cabinet de conseil et d’étude, spécialisé en innovation dans la formation et le Digital Learning.

 

Actualité !

Pour faire un tour d’horizon de ces dernières avancées, une « big picture » comme disent les anglos-saxons, IL&DI organise la cinquième édition du Digital Learning Day sur trois journées d’une grande richesse pour donner à chacun une vision complète et les clés pour agir :

 

Le 27 juin : Digital Learning et mémorisation afin de décrypter les fonctionnements de notre mémoire et ainsi savoir comment mieux former pour un ancrage durable

 

Le 28 juin : Etat de l’art et best practices en Digital Learning pour bénéficier des retours d’expériences et échanger avec ceux qui disruptent la formation

 

Le 29 juin :

14 start-up de la EdTech viennent pitcher leurs dernières innovations au Learning Génius Showcase

Formation « Filmer avec son smartphone comme un Pro » pour ceux qui s’engagent dans une stratégie de User Generated Content.

 

Pour tout savoir sur le Digital Learning Day 2018

Pour vous inscrire 

Pour toute information dld@il-di.com ou 09 72 42 03 31

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