Infrastructures routières : le futur passe par l’AR

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Infrastructures routières : le futur passe par l’AR
14 Juillet, 2017

Comment le véhicule autonome va transformer l'infrastructure routière, en 4 exemples

Pour cette étude, confiée à Fabernovel, Leonard - division open innovation de Vinci - s'intéresse aux liens entre véhicules autonomes (et connectés) et infrastructures routières. Les routes et équipements associés vont nécessairement s'adapter aux évolutions technologiques automobiles. Voici comment en quatre exemples tirés de l'étude.

Ce 12 juillet, pour la première fois, un véhicule autonome Citroën a passé "tout seul" la barrière du plus grand péage autoroutier d'Europe, en partenariat avec Vinci. Quelques heures plus tôt, Renault annonçait la signature d'un accord avec une autre société d'autoroute, la Sanef, pour travailler sur le même sujet. Deux façons de rappeler que l'essor des véhicules autonomes passera par une communication en temps réel entre la route et le véhicule.

 

C'est dans ce contexte que Leonard,  dévoile sa première étude, réalisée en partenariat avec Fabernovel. Son thème : "Véhicules connectés et véhicules autonomes : vers de nouvelles infrastructures".  Les auteurs de l'étude constatent d'abord que la société du XXe siècle s'est construite presque totalement autour de l'automobile : celle-ci a modelé les paysages, influencé les comportements, forgé le système économique. L'émergence de l'automobile électrique, partagée, autonome, dans les prochaines décennies, pourrait bien tout bouleverser, en transformant les villes et les routes telles que nous les connaissons. Voici quatre évolutions possibles tirés de l'étude.

 

La synthèse de l'étude de Leonard : Emerging Trend #1 | Véhicule autonome et infrastructures from Leonard

 

1 - MOINS DE PANNEAUX, ET UNE SIGNALISATION DESTINÉE AUX VOITURES, PAS AUX CONDUCTEURS

Les panneaux de signalisation, qui indiquent les distances, les dangers, les directions, vont-ils disparaître au profit de pictogrammes destinés non pas aux humains, mais aux machines ? C'est l'une des pistes avancée par l'étude. La signalisation au sol (très importante pour les systèmes de visualisation des véhicules autonomes) pourrait aussi être adaptée pour être plus lisible par les caméras et lasers des véhicules. La société 3M a par exemple imaginé des marquages au sol comprenant un maillage métallique, plus facile à voir pour les voitures.

 

La route pourrait néanmoins envoyer des informations (l'équivalent numérisé de nos panneaux actuels) à des points clés du trajet, directement dans le système de bord du véhicule. Finis de panneaux physiques sur les bas-côtés, mais des panneaux virtuels en réalité augmentée sur le pare-brise et dans nos GPS, par exemple. Mais les alertes sur les limitations de vitesse n'auront plus vraiment de sens, puisque la voiture 100% autonome saura jusqu'à quelle vitesse elle peut rouler sur un tronçon donné, grâce aux progrès de la cartographie.

 

2 - DES VOIES DÉDIÉES AUX TRANSPORTS DE MARCHANDISES…

Y'aura-t-il des lignes routières dédiées aux marchandises comme il y a des lignes ferroviaires dévolues au fret ?  C'est fort possible avec le développement programmé du platooning, la circulation de camions en convoi grâce à la communication entre véhicules, chaque poids-lourd s'attachant virtuellement à celui qui le précède.

 

3 - … OU À DES SERVICES DE MOBILITÉ AUTONOMES ET PARTAGÉES

De la même façon, des voies d'autoroute pourraient dédiées à des services de mobilité autonome et partagée. Pourra-t-on prendre des navettes autonomes sur des portions spécifiques pour se rendre d'un point à un autre sans conduire soi-même ? C'est envisageable, et cela ouvrirait de nouvelles perspectives aux transporteurs, pure players de la mobilité et autres sociétés d'autoroute.

Dans le même temps, des voies autoroutières pourraient être réaffectées grâce à la généralisation de la conduite autonome : plus besoin de routes à quatre voies car la connectivité permettra une gestion plus fluide du trafic et moins d'embouteillages. La place dévolue aux parkings va également se réduire, en particulier dans les centres-villes, grâce au partage et à l'optimisation de l'usage de véhicules. Autant d'espaces à reconquérir. L'étude prévoit même que la réduction du bruit et de la pollution (liés à la fin du véhicule thermique) permettra de requalifier les bords de route et de redonner de la valeur foncière aux constructions situées à proximité.

 

4 - DES ROUTES CONNECTÉES ET PRODUCTRICES D'ÉNERGIE

 

La généralisation de véhicules électriques imposera une adaptation complète de l'infrastructure : développement du réseau de bornes de recharge, adaptation des stations-service existantes... Des projets de recherche explorent même la possibilité d'installer des matériaux photovoltaïques intégrés à la chaussée ou la création de zones de recharge par induction.

L'environnement routier se devra aussi d'être connecté pour permettre une communication constante entre véhicule et infrastructure. Cela arrivera sans doute avec la 5G, qui permettra de créer une couche supplémentaire de services proposés aux conducteurs devenus passagers de leur véhicule.

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