Comment la réalité virtuelle joue avec notre cerveau

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Comment la réalité virtuelle joue avec notre cerveau
17 Avril, 2017

Mais que se passe-t’il donc dans notre cerveau quand nous enfilons un casque de réalité virtuelle ? Il n’aura pas fallu longtemps avant que les scientifiques du monde entier se penchent sur cette question, dont on ne soupçonnait pas encore l’importance il y a deux ans, alors que Facebook rachetait Occulus, la startup quelque peu artisanale qui avait remis la réalité virtuelle à la mode après deux décennie d’indifférence générale.

Jamais on n’avait soupçonné des effets aussi imprévisibles.

Bien entendu, il y a tout d’abord les sensations de nausée et de vertige qui viennent très rapidement. On ne va pas s’étonner d’éprouver un sentiment de vertige dans une simulation de montagnes russe ou d’ailes volantes, mais l’expérience génère des difficultés auxquelles les éditeurs de programmes virtuels ne s’attendaient pas, et pour lesquelles ils trouvent peu à peu des solutions.

Car quand vous enfilez un casque, c’est un peu comme si vous coupiez une grande partie de vos sens. Le monde réel vous envoie chaque secondes des milliers d’informations de distance, d’espace, de sons, de volumes, de vitesse, de pression et de positions que le cerveau intègre naturellement. C’est lui qui transmet aux systèmes qui gèrent la vision et l’équilibre, les systèmes visuo-haptique et visuo-vestibulaire, que tout va bien. Dans la VR, toutes ces informations disparaissent, au profit seul de la vision, dans un simulacre dégradé du réel, qui n’apparaît souvent pas en 3D, mais en 2D, comme dans une salle de cinéma. Dans ces conditions, le trouble de la perception est le signe que votre cerveau fonctionne bien, il refuse de se voir amputé de toutes les informations qui lui sont généralement nécessaires.

A cette complexité de la conscience du réel s’ajoutent de simples notions de physique : le caractère néfaste de l’émission d’ondes de lumière dites “bleues”, la fatigue oculaire et les problèmes ophtalmiques pointés par nombre de médecins.

À l’aune de cette expérience, nombre de médecins déconseillent aujourd’hui un usage répété des casques de réalité virtuelle pour les enfants de moins de 10 ans. C’est à cet âge que se développent les principes même de la perception, et troubler cet apprentissage en sur-favorisant la vue est potentiellement dangereux. Tout comme un aveugle verra se développer l’aire dite « de Broca » dans le cortex frontal, au détriment des autres sens, la réalité virtuelle en grande quantité peut poser des problèmes de perception aux plus jeunes.

Sur ces problèmes d’équilibre et de perception, les praticiens et développeurs des systèmes de réalité virtuelle commencent à avoir quelques éléments de réponse. Le taux de rafraîchissement de l’image est un de ces éléments. Il doit être très rapide pour que votre cerveau soit convaincu par les mouvements. Au moins 60 images par seconde, et les constructeurs recommandent de plus en plus des fréquences de 90 à 120 images par seconde.

Un autre élément est l’incarnation. Nombre d’expériences tendent à prouver que le simple fait de visualiser vos mains et bras dans l’espace virtuel, par l’intermédiaire de manettes de contrôles, permet à votre cerveau de remettre partiellement les choses en place. Il faut, comme dans le monde réel, un ou plusieurs points de référence qui “fixent” la présence physique dans le monde virtuel. Certaines expériences ont même été faites avec des nez virtuels visibles par le porteur du casque, qui semblent effectivement atténuer les sensations de malaise.

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