"Boucherie : la VR pour attirer les candidats "

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"Boucherie : la VR pour attirer les candidats "
23 Novembre, 2018
Anne-Sophie Tily-Robin, la jeune dirigeante du groupe BS, en pleine démonstration de son nouvel outil de réalité virtuelle. (Photo R. R.)

 

L’entreprise rennaise BS, leader du marché de la découpe industrielle de viande, a mis au point un outil de formation basé sur la réalité virtuelle. Une première en France qui témoigne aussi des difficultés du secteur à recruter.

 

De l’extérieur, on a sans doute l’air un peu idiot à faire des gestes dans le vide. Mais pour celui qui chausse ce gros casque noir sur sa tête, l’expérience est toute autre. Vous voici en train de désosser virtuellement la reproduction en 3D d’une carcasse de bœuf. C’est le nouvel outil de formation, unique en France dans le secteur, inventé par l’entreprise rennaise BS. Avec ses quelque 1 300 employés, elle est leader sur le marché tricolore de la découpe de la viande.

 

La boîte familiale, dirigée aujourd’hui par Anne-Sophie Tily-Robin, 33 ans, cherche à pourvoir 350 CDI dans l’immédiat et 700 dans les trois prochaines années. « Mais le recrutement est à la peine, pointe la dirigeante. Nous arrivons à trouver des candidats mais la moitié d’entre eux partent au bout de deux mois de formation ».

 

Mauvaise image

 

Cette formation dure de six à 18 mois, en fonction de la technicité du métier, au bout desquels les candidats peuvent espérer un salaire de 20 % supérieur au SMIC. Chez BS, une prime est prévue en fonction de la productivité du salarié. Mais cela ne suffit pas à convaincre tout le monde. « Les métiers de la boucherie ont une mauvaise image », admet la dirigeante.

 

La réalité virtuelle est donc une tentative de lui redorer le blason. « Elle apporte un nouveau regard sur le métier de la viande, ça nous ouvre à des personnes qui ne pensaient pas venir ici », veut croire la dirigeante. Le casque, qui peut être facilement transporté sur les salons de l’emploi, par exemple, permet aux intéressés de se rendre vite compte de leur future atmosphère de travail. Et tant pis si certains tournent les talons. « Je préfère en prendre moins en formation mais qu’ils restent à la fin ».

 

Levier de croissance

 

L’outil, selon Artefacto, l’entreprise qui l’a mise au point, dépasse même à certains points de vue la mise en situation classique. « Bien entendu, il ne remplace pas l’atelier », nuance Olivier Bercot, responsable développement. « Mais grâce à la modélisation, il permet, par exemple, de bien faire comprendre le positionnement de l’os en le faisant apparaître sous les muscles de la carcasse, ce qui est impossible dans la réalité ». Une limite, tout de même : la réalité virtuelle ne rend pas compte de l’effort physique nécessaire lors de la « vraie » découpe.

 

Anne-Sophie Tily s’enthousiasme toutefois. « Cet outil va révolutionner le monde de la formation et redorer l’image du monde de la viande ». BS a fait breveter ce système, qui pourrait devenir, pour l’entreprise, un nouveau levier de croissance. « Nous sommes mêmes prêts à former les salariés de nos concurrents s’ils nous le demandent », sourit la dirigeante.

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