AR et avenir numérique en Afrique

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AR et avenir numérique en Afrique
25 Avril, 2018

En 2018, 75% des foyers africains seront connectés à Internet via les technologies mobiles. C’est ce que révèle la dernière étude de Deloitte, dédiée aux évolutions en Afrique des usages, de consommation et de marché dans le secteur des technologies, médias et télécommunications (TMT) en 2018.

 

Le Gabon annonce un investissement de 150 milliards de francs CFA, soit 277 millions de dollars, étalé sur une période de trois ans pour développer son réseau de télécommunications par fibre optique ; au Rwanda la fibre optique ceinturemaintenant tout le pays, et les réseaux 4G procurent des vitesses de téléchargement supérieures à celles de nombreux pays africains pourtant plus développés.

 

Parallèlement, en faisant jouer la concurrence, le prix de l’accès à Internet a chuté radicalement, et aujourd’hui, plus de 40 % de la population est branchée ; un baromètre de la TNT va être lancé en mai en Côte d'Ivoire et dans d’autres pays africains, où la libéralisation de l’audiovisuel est en cours, selon Médiamétrie et Omedia et où le déploiement numérique enregistre déjà à ce jour 5000 km de fibre optique, 30 millions d’abonnés au mobile et 17 millions d’’internautes ; en faisant venir Internet au Kenya, il y a quelques années, Bitange Ndemo a transformé la vie des Africians de l’Est : Depuis, Nairobi est devenue une véritable Silicon Valley ;… Les exemples sont nombreux !

 

Toute l’Afrique connaît une croissance numérique sans précédent. C’est ce que relève un nouveau rapport du 2 octobre 2017 de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement)  sur l’industrie du secteur et qui fait du Continent africain, le marché d’avenir de l’économie digitale.

 

L’Afrique est la région du monde qui a le plus à gagner de la révolution numérique. Les nouvelles technologies peuvent en effet permettre aux pays africains de s’affranchir du processus de développement traditionnel pour sauter des étapes et accélérer leur croissance économique, mais aussi de gérer leurs ressources plus efficacement et d’étendre l’accès aux services essentiels même aux populations les plus vulnérables.

 

Les 8 grandes tendances qui marqueront l’année 2018

1. Le smartphone à l'heure des innovations invisibles

67% des utilisateurs de téléphones mobiles en Afrique déclarent être susceptibles d'acheter un smartphone dans les 12 prochains mois. La connectivité (75%), l'autonomie (67%) et la mémoire interne de l'appareil (65%) sont les fonctionnalités qui motivent le plus le choix pour l'achat d'un smartphone.

 

D'ici 2020, le nombre d'utilisateurs de smartphones devrait quasiment doubler : 660 millions d'africains (contre 336 millions en 2016) devraient ainsi être équipés d'un smartphone, cela représentera un taux de pénétration de près de 55%, et près d'un demi-milliard d'accès Internet se fera alors via smartphone.

 

2. Un usage excessif des smartphones

En 2023, les utilisateurs interagiront 65 fois par jour en moyenne avec leur smartphone, comparativement à 50 fois en 2017 dans le monde. La fréquence d'utilisation des smartphones augmente donc, mais de plus en plus d'individus se posent la question de leur consommation excessive. Ils s'inquiètent de la nuisance de leur smartphone lors de certaines activités comme la conduite, la marche, les discussions, le sommeil et le temps passé avec la famille et les amis. 45% des adultes et 65% des 18-24 ans dans le monde estiment ainsi qu'ils interagissent trop avec leur téléphone, et plus de la moitié tentent d'en diminuer leur utilisation.

 

Avec la croissance de l'adoption du smartphone (37% de la population en 2017), de plus en en plus d'individus se posent la question de leur consommation excessive. 80% d'entre eux l'utilisent plus d'une heure par jour, ils sont donc 48%, dont 63% des plus de 50 ans, à se considérer comme dépendants à leur smartphone.

 

Pour limiter le recours à leur smartphone, les usagers choisissent de désactiver l'Internet mobile (59%) ou les notifications (34%), tandis que d'autres préfèrent le garder dans leur sac ou leur poche (27%).

 

3. La réalité augmentée aux frontières du réel

La réalité augmentée permet de superposer une image numérique à une image réelle. La technologie existe depuis plusieurs décennies, mais elle n’est devenue accessible au grand public que depuis peu. En Afrique, son utilisation la plus répandue se fait à travers des applications de filtres selfies. Ainsi, 63% des possesseurs de smartphones ont déjà utilisé des filtres selfies de réalité augmentée, les utilisateurs les plus fréquents étant pour les 3/4 âgés entre 18 et 34 ans.

 

« L’émergence d’application de réalité augmentée sur le continent africain reste encore balbutiante mais il existe quelques cas concrets. Nous pouvons citer la First National Bank qui a développé une application de réalité augmentée qui indique la distance vers les agences, les contacts et les heures d’ouverture. Ou encore la maison d’édition Afrika Publishers en Afrique du Sud qui a lancé une application de réalité augmentée qui enrichit les livres des lycéens avec du contenu audiovisuel. » constate Karim Koundi, Associé responsable du secteur des technologies, médias et télécommunications (TMT) pour Deloitte Afrique Francophone.

 

4. Le machine learning gagne du terrain

En Afrique, les nouvelles technologies liées au machine learning et a l’intelligence artificielle en général font leur apparition dans le secteur de la santé pour faciliter l’accès aux soins de santé de base dans les pays en développement. Elles permettent par exemple grâce à des photos prises par smartphone d’identifier les marqueurs biologiques d’un cancer de la bouche ou d’effectuer des tests de la vue et de dépister des maladies oculaires. Le smartphone devient donc un outil d’aide au dépistage à part entière.

 

En outre, les entreprises utilisent l'intelligence artificielle aussi pour détecter des intrusions de sécurité (44%), pour résoudre des problèmes technologiques (41%) ou pour évaluer la conformité interne (34%).

 

5. Le "live" s'épanouit dans un monde numérique

Les diffusions et événements « live » prennent de l’ampleur dans les habitudes de consommation grâce et malgré l’impact du digital. Ils généreront plus de 545 milliards de dollars US de chiffres d’affaires en 2018, dont 72% proviendront de la télévision et de la radio. Les concerts, spectacles, conférences, événements sportifs, cinéma devraient quant à eux générer 146 milliards de dollars US en 2018.

 

45% des utilisateurs africains connectés utilisent Internet pour suivre des événements en direct, principalement sportifs. Néanmoins, seuls 25% sont prêts à dépenser plus de 20$ par an pour regarder des diffusions en direct.

 

6. Le streaming musical et la presse numérique en pleine ébullition

Les consommateurs sont de plus en plus disposés à payer pour du contenu : fin 2018, un adulte sur deux dans le monde possédera au moins deux abonnements digitaux payants, et en 2020, 50% des adultes en auront au moins quatre. Plus de 680 millions de souscriptions à des abonnements numériques sont attendues d’ici à 2020 dans le monde, principalement portées par la SVOD et la musique ; les plus gros consommateurs dépenseront jusqu’à 1 200 dollars US par an en abonnements en ligne.

 

Les principaux médias en ligne auxquels les africains sont susceptibles de s’abonner sont les journaux (58%), les vidéos à la demande (39%) et la musique (35%). Le développement des médias digitaux est donc en plein essor en Afrique, principalement dans le streaming musical, avec le renforcement du positionnement de leaders mondiaux et le développement de startups africaines.

 

7. L'Internet sans fil s'invite à domicile

De plus en plus d’habitations sont connectées à Internet via un réseau mobile cellulaire. En effet, 20% des 18-24 ans utilisent uniquement leur connexion mobile pour accéder à Internet depuis chez eux. Il s’agit principalement de personnes issues de milieux ruraux, aux revenus moyens faibles. Ceci est permis par la performance des réseaux mobiles, une plus large couverture géographique de la 4G et des forfaits mobiles offrant plus de data. Cependant, si, en 2018, 1 foyer sur 5 aux Etats-Unis et 3 foyers sur 10 au Brésil se connectent à Internet via un réseau mobile cellulaire, c’est seulement le cas pour 1 foyer sur 10 en Europe.

 

En 2018, 75% des foyers africains connectés à Internet le seront via les technologies mobiles. En effet, la couverture géographique de la 3G et la 4G est plus grande et moins couteuse que la couverture Internet filaire. Les opérateurs et les équipementiers télécommunications se prêtent au jeu en mettant à disposition de la population une variété de forfaits Internet et d’appareils adaptés à l’Internet mobile résidentiel, comme des mini box Internet ou des clés Internet à des coûts de plus en plus accessibles.

 

8. Les prémices de la connectivité dans les avions  

2018 a annoncé les prémices de la connectivité à bord des avions en Afrique. En effet, Air Côte d'Ivoire a lancé son premier vol proposant le Wifi-à-bord et des nombreuses compagnies africaines ont commandé des avions équipés de cette technologie. 36% des sondés sont prêts à payer plus de 20$ pour accéder au Wifi dans l'avion, c'est le premier service souhaité (46%), devant la possibilité d'avoir un siège plus confortable (38%).

 

Comme l’explique James Shikwati, directeur du Africanexecutive.com, les TIC ouvrent de nombreuses opportunités aux pays en développement en les intégrant au marché avec la plus grande simplicité. Grâce à elles, les forces qui maintiennent les pauvres dans une posture de domination sont rompues. Les forces telles que les croyances culturelles (en particulier celles concernant les femmes) ; l’impunité et le mauvais environnement juridique ; les régimes de droits de propriété ; la faible gouvernance ; les relations sociales et les systèmes commerciaux et financiers mondiaux favorisant les chaînes de valeur établies sont perturbés par un accès accru aux opportunités via la numérisation.

 

Grâce à la numérisation, les citoyens ordinaires et les pays pauvres ont l’occasion de lancer leur propre développement intrinsèque au lieu d’attendre d’être « invités » par les pays développés.

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