AR: comment l’armée française se l'approprie

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AR: comment l’armée française se l'approprie
22 Novembre, 2018
Le casque intelligent Scalian / Scalian.

 

Le ministère des armées vient de mettre sur pied une agence dédiée à l’innovation, et va présenter plus de 160 projets que cette agence soutient lors d’un premier forum ouvert au public. L’armée espère ainsi s’ouvrir aux idées qui sont développées dans les start-up.

 

Avec ses 2 500 salariés, Scalian est une entreprise française de taille moyenne, bien loin des géants de la défense comme Naval Group ou Thales. Cette société spécialisée en réalité augmentée, et qui travaille en premier lieu pour le secteur civil, vient pourtant de créer un casque intelligent qui équipera peut-être bientôt les forces spéciales françaises. Il intègre une visière qui permet de visualiser en temps réel la situation tactique sur un théâtre d’opérations.

 

De précieuses informations viennent s’afficher en transparence sur une visière. Elles permettent de différencier, par exemple, un ami d’un ennemi. « On évite ainsi les tirs fratricides, explique David Cherel, directeur des ventes chez Scalian. Notre produit intéresse l’armée française si bien que nous sommes en train de l’adapter et cela nous ouvre également la porte d’autres marchés, vers des pays européens ».

 

Armée du futur

Ce casque est l’un des nombreux produits que le ministère des armées va présenter, à compter de ce jeudi 22 novembre, au premier Forum de l’Innovation de défense. On devrait y voir 160 réalisations de même nature, née dans des entreprises ou des laboratoires, et qui sont soutenues par le ministère.

 

Ce forum se déroule à la Citée de la mode et du design, à Paris. Il dure trois jours et le samedi 24 novembre, il est ouvert au grand public qui pourra ainsi se faire une idée de ce que sera l’armée du futur. Cette manifestation témoigne de la volonté du ministère de se rapprocher du monde des entreprises, et en particulier des plus petites.

 

Celles-ci, en effet, développent des innovations que l’armée ne sait pas toujours s’approprier rapidement. Pour être davantage au contact des start-up et des laboratoires, le ministère des armées a donc créé une nouvelle Agence de l’innovation, en septembre dernier. Et petite révolution : elle a choisi de nommer à sa tête un directeur venu du privé.

 

Emmanuel Chiva était auparavant directeur général adjoint d’Agueris, une petite entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée aux systèmes d’armes. « C’est un choix qui entraîne un choc culturel, admet l’intéressé. Mais ce choc est souhaitable et fait partie du processus de transformation du ministère voulu par la ministre Florence Parly. »

 

Un budget de 1,2 milliard

Cette agence reste logée au sein de la puissante Direction générale de l’armement (DGA), qui dirige tous les grands programmes. Elle dispose d’un budget annuel de 1,2 milliard d’euros, et n’a pas vocation à supplanter la DGA, mais à encourager les réalisations industrielles et la recherche appliquée sur des innovations qui peuvent fournir un avantage, sur le terrain, aux forces françaises.

 

Avec cette agence, l’armée française s’ouvre au monde des start-up et aux entreprises civiles, là où les produits destinés à l’armée étaient souvent développés par des entreprises spécialisées, et dans une stricte confidentialité.

 

Parmi les innovations qui seront montrées, on trouve par exemple la « cape d’invisibilité », un revêtement qui camoufle un véhicule en lui permettant de changer de couleur en fonction de son environnement. On trouve aussi le « plasma sec », qui permet de soigner un blessé en situation d’urgence, ou des prothèses articulées qui redonnent de la mobilité à des personnes amputées.

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