Un casque AR pour les enfants paralysés

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Un casque AR pour les enfants paralysés
07 Février, 2019
Une application en réalité augmentée est à l’étude pour les jeunes patients de Poidatz (©Poidatz)

 

La Fondation Poidatz de Saint-Fargeau-Ponthierry et le laboratoire IBISC (universités d'Evry et Paris-Saclay) ont développé une application en réalité augmentée pour les enfants.

 

À la fondation Ellen-Poidatz de Saint-Fargeau-Ponthierry, les enfants atteints de paralysie cérébrale pourraient prochainement bénéficier d’un protocole de soins révolutionnaire. La doctorante Anne-Laure Guinet a décidé de travailler sur un système ludique et interactif afin de conserver la motivation des enfants durant toute la période de la rééducation.

 

« Cas par cas »

Après plusieurs mois de travail, le Pôle Recherche et innovation de la Fondation Ellen Poidatz et le laboratoire IBISC (Evry et Paris-Saclay) ont travaillé sur un casque de réalité augmentée, développé par Microsoft, qui intègre des éléments virtuels dans l’environnement réel. Kinésithérapeute depuis 2012, Anne-Laure Guinet a très vite trouvé sa voie dans la pédiatrie et la rééducation neurologique.

 

Une spécificité par rapport aux soins classiques que l’on peut apporter à un patient. « Dans un cadre traditionnel, précise-t-elle, une entorse reste une entorse, l’âge, la constitution du patient jouent, mais le protocole reste assez similaire pour tous les patients. Dans le cas de la paralysie cérébrale, les troubles de l’apprentissage qui y sont liés font que l’on travaille au cas par cas. »

Anne-Laure Guinet (©La Rep 77/F.R)

 

Dans ces situations les protocoles varient en fonction des patients. « La rééducation de la marche sera différente pour chaque enfant, en fonction du niveau de handicap et de la pathologie », poursuit-elle. Autre problématique de taille, les délais. À la suite d’une intervention clinique, la rééducation est programmée sur 5 mois.

 

De quoi générer chez l’enfant une perte importante de motivation avant la fin de cette période, alors que c’est à ce moment que les efforts deviennent payants. Il fallait donc développer une méthode ludique et modulable à chaque enfant, permettant des progrès de motricité en limitant les contraintes physiques.

 

C’est sous le nom d’ARRoW-CP, que le projet voit le jour et devient la thèse de doctorat d’Anne-Laure Guinet. Le casque de réalité reprend des thématiques de jeux très basiques. L’enfant met son casque dans un couloir ou une salle de la fondation et voit apparaître sur son écran, des objets à collecter. À lui de se déplacer pour récupérer son butin.

 

Les avantages sont doubles, les enfants restent friands de nouvelles technologies et devraient se laisser séduire et le programme est modulable en fonction de l’âge, du handicap et des progrès réalisés, avec des objets plus durs à collecter. Actuellement, un travail de repérage est mené pour intégrer le jeu aux différents lieux utilisés.

 

Financement

Débuté en décembre, le projet est déjà bien avancé. Dans le cas d’un calendrier idéal, les premiers tests pourraient avoir lieu avant la fin de l’année, sur des enfants non porteurs de pathologies neurologiques dans un premier temps, avant de faire bénéficier des enfants au sein de la fondation.

 

Reste juste un problème, le financement car si ce sont les fonds propres de mécènes et ceux de la fondation qui servent pour le projet, les coûts restent très importants avec 3 000 € par casques et tous les dons sont les bienvenues.

 

Renseignements : www.fondationpoidatz.com et www.ibisc.univ-evry.fr

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