Du mal des transports au motion sickness en VR

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Du mal des transports au motion sickness en VR
27 Juillet, 2018
Crédit photo : Citroën

 

La start-up basée à Ollioules surfe sur la campagne de communication de Citroën au sujet de ses lunettes contre le mal des transports. L’objectif est désormais d’accroître la production et de lancer de nouveaux produits.

 

De mer, de l'air ou de voiture, des millions de Français souffrent de manière chronique du mal des transports. Une question sur laquelle se penche Boarding Ring, fondée en 2015 par Hubert Jeannin et son fils Antoine et qui propose des lunettes pour remédier au problème. "C'est le résultat de 20 ans de travail mené par mon père qui cherchait sur son temps personnel un moyen de mettre fin au mal des transports. Nous avons lancé la société dès lors que nous pouvions proposer un produit terminé", raconte Antoine Jeannin. Les lunettes, baptisées Boarding Glasses, utilisent un liquide bleu créant un horizon artificiel. Cela permet de donner une référence de mouvement à l'œil et de mettre fin au conflit sensoriel, soit la différence entre ce qui est perçu et ce qui est entendu, responsable du mal des transports.

 

Un objet d'abord dédié au secteur maritime. "En faisant nos preuves sur la mer, cela nous donne du crédit", explique Antoine Jeannin. Mais depuis plusieurs semaines, c'est sur la route que Boarding Ring se fait un nom. Le constructeur automobile Citroën propose les lunettes sur sa boutique lifestyle. "C'est une opération de communication qui nous a permis de nous faire connaître, nous n'étions pas prêts à un tel buzz et nous sommes en rupture de stock", confie cet ancien judoka de haut niveau. Depuis 2015, 10 000 paires ont été vendues, dont plus de 600 sur les dernières semaines.

 

Production, recrutement et marketing

Ce coup de projecteur va permettre à l'entreprise de faire grimper son chiffre d'affaires de 80 000 euros en 2017 à plus de 100 000 euros cette année. Il devrait aussi faire amorcer des changements au sein de la start-up de quatre personnes pour accompagner les perspectives de croissance, à commencer par la production des verres, réalisée en France et en Asie, qui va être augmentée. En interne, l'équipe va accueillir  deux personnes d'ici décembre et trois autres l'année prochaine.

 

Enfin, la communication et le marketing représentent le troisième pilier que veulent développer les dirigeants pour accroître leur réseau de distributeurs, aujourd'hui d'une centaine, principalement dans les boutiques proposant du matériel de pêche ou de plongée. "Nous voulons cibler les pharmacies et les magasins d'optique", prévient Antoine Jeannin. Des projets qui passeront par une levée de fond dont l'objectif est d'atteindre jusqu'à 800 000 euros.

 

Le mal des casques de réalité virtuelle

Par ailleurs, la société installée à Ollioules travaille d'ores et déjà sur de nouveaux outils. Le plus avancé est Boarding Light, une déclinaison numérique des lunettes. "Il s'agit de colonnes lumineuses que l'on met directement dans le véhicule", explique Antoine Jeannin qui ne préfère pas s'avancer sur une date de commercialisation. "L'intérêt est notamment lié au développement de la voiture autonome avec laquelle il n'y aura plus de conducteur et il faudra donc concentrer l'attention de toutes les personnes présente dans une voiture", souligne l'entrepreneur. Des tests sont actuellement en cours avec des partenaires issus de l'industrie automobile, les constructeurs étant la cible pour vendre cet équipement, même si des discussions sont également en cours avec Naval Group.

 

Loin des transports cette fois, Boarding Ring a un œil sur le mal des casques de réalité virtuelle et travaille sur un produit baptisé Boarding Var. "Nous pensons que ces effets négatifs freinent le développement de cette technologie, nous avons notre carte à jouer", juge Antoine Jeannin. L'idée est donc d'insérer une information lumineuse dans le champ de vision de l'utilisateur pour lutter contre ce mal. Le projet a été présenté lors du dernier CES Las Vegas, la prochaine étape est prévue pour septembre avec des tests plus élaborés et de plus grande envergure. Pour 2020, l'objectif est de franchir la barre d'un million d'euros de chiffre d'affaires. C'est ce qu'on appelle un mal pour un bien.

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