"Ready Player One" : Spielberg le virtuose

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"Ready Player One" : Spielberg le virtuose
24 Mars, 2018
Steven Spielberg, lors de la première européenne de Ready Player One à Londres. (Reuters)

 

En 2045 à Columbus, dans l’Ohio, Wade Watts, orphelin, vit chez sa tante dans une vieille caravane. Il échappe à son quotidien morose grâce à une réalité virtuelle, l’Oasis, conçue par James Halliday, un génie informatique milliardaire. A sa mort, ce dernier décide de léguer son empire à celui qui viendra à bout d’une chasse au trésor trépidante… Avec l’adaptation du best-seller d’Ernest Cline, Ready Player One, Steven Spielberg administre une sacrée claque à la concurrence et prouve que le patron, c’est bien lui.

 

A 71 ans, l’inventeur du blockbuster avec Les Dents de la Mer (1975) n’a jamais été aussi jeune. Le réalisateur le plus bankable de l’histoire du cinéma signe un spectacle ultime d’une générosité, d’une humilité et d’une virtuosité ahurissantes, qui allie nostalgie et modernité avec une fluidité bouleversante. Un conte rétrofuturiste qui réfléchit sur l’illusion, l’incapacité de communiquer, la peur de l’autre, le poids du regret, la perte de l’innocence, le fossé entre les classes sociales, la lutte pour la survie, l’amitié. Un film-somme foisonnant et audacieux, onirique et ludique, traversé par l’inquiétude et la tristesse.

 

Des références aux classiques de l'horreur et de la science-fiction

Voilà un autoportrait stimulant d’un génie visionnaire à l’imagination sans limite et en mutation perpétuelle pour surprendre son public. Les références provoquent une jubilation de tous les instants : des classiques de l’horreur (Shining, Chucky, Les Griffes de la Nuit, Vendredi 13, Alien…), et de la science-fiction (Star Wars, Star Trek, Terminator, Retour vers le futur, Akira…), des monstres sacrés (Godzilla, King Kong, le T-Rex de Jurassic Park, Le Géant de Fer…), des jeux de rôle (Donjons et Dragons). L’action ne faiblit jamais, chaque plan déborde d’idées dans cet hommage à la pop culture jubilatoire, bercé par la musique des eighties, qui devrait mettre en transe les geeks.

 

Steven Spielberg trouve un avatar de choix avec Tye Sheridan, 21 ans, repéré sur la scène indépendante chez Terrence Malick (The Tree of Life), Jeff Nichols (Mud), David Gordon Green (Joe). Troublant, l’acteur lui ressemble même physiquement, avec cinquante ans de moins! Son pseudonyme dans l’Oasis, Parzival, évoque évidemment Perceval, le chevalier du roi Arthur qui était en quête du Saint Graal. Tout un symbole. 

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