Lux Film Fest : une réalité bien réelle

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Lux Film Fest : une réalité bien réelle
03 Mars, 2017

Grande nouveauté de cette 7e édition du Lux Film Fest : le Pavillon réalité virtuelle, qui vaut un détour par le Casino.

Ouvert mercredi soir au Casino, en préouverture du festival, le Pavillon réalité virtuelle prend la relève du VR Corner de l’an dernier en proposant une vaste programmation célébrant la créativité et l’audace de cette industrie encore nouvelle appelée à révolutionner le rapport que nous avons avec l’image. À découvrir!

C’est une sorte d’apéritif virtuel, un amuse-bouche à la pointe de la technologie que les organisateurs du Lux Film Fest ont proposé mercredi soir aux festivaliers avec l’ouverture du Pavillon réalité virtuelle. Si le Premier ministre, Xavier Bettel, a fait faux bond aux organisateurs, ce n’est pas le cas du public, venu nombreux assister à cette «pré-ouverture virtuelle» – a-t-on même entendu çà et là pendant la soirée – du festival.

C’est la maison de production differdangeoise a_BAHN qui a poussé dans ce sens. Au départ, ses responsables avaient même imaginé tout un festival de VR, à une autre période de l’année. Finalement, ils ont accroché leur wagon à la locomotive Lux Film Fest. Et le Pavillon de cette année devrait encore évoluer et grandir dans le futur.

L’an dernier, la réalité virtuelle avait déjà posé un premier pied au festival, de manière discrète, dans un petit coin du Quartier général. À l’époque, deux casques VR seulement et une programmation réduite attendaient le public. Cette année, la Virtual Reality s’installe pleinement dans son Pavillon. Désormais ce sont six postes et quatre sortes de casques différents (Orange VR1, Samsung Gear, HTC Vive et Oculus Rift) qui sont à la disposition des festivaliers, visiteurs du Casino, amateurs d’images en tout genre ou encore simples curieux, qui pourront ainsi découvrir gratuitement une douzaine d’œuvres d’une durée allant de 5 à 14 minutes.

Six casques de réalité virtuelle sont mis gratuitement à la disposition du public au Casino Luxembourg, tout au long du Lux Film Fest.

Une immersion surprenante

Et si lors des discours d’ouverture, le directeur du Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (Fonspa), Guy Daleiden, a rappelé les possibilités ludiques de cette technologie encore jeune – des montagnes russes avec un casque VR qui donne l’impression de tomber de plusieurs centaines de mètres – c’est une tout autre vision de celle-ci que les festivaliers pourront découvrir tout au long du festival. Les responsables ont fait le choix clair et osé de proposer une programmation entièrement centrée sur l’action militante; que ce soit les droits de l’homme, l’environnement, la condition animale…

«Le côté engagé, militant est quelques chose qui nous a toujours intéressés chez a_BAHN, explique la cofondatrice de la maison de production, Marion Guth. Nous n’allons d’ailleurs nous concentrer désormais plus que sur des projets qui ont un sens.» Réalité virtuelle, réalité augmentée, réalisations à 360 ° offrent, il est vrai, à l’information, l’éducation, l’activisme de nouvelles possibilités grâce à «une force immersive et un pouvoir d’empathie nouveaux qui offrent au spectateur la possibilité d’une réflexion critique approfondie». En effet, comme l’a rappelé mercredi Guy Arendt, le secrétaire d’État à la Culture, avec la VR, «le spectateur ne regarde plus ce que la caméra lui montre, mais il devient la caméra».

Bref, de la simple découverte de la VR l’an dernier, on est passé cette année à une programmation mûrement réfléchie et pertinente. Le tout présenté dans un musée, inauguré telle une exposition et mis en espace par la scénographe Laura Mannelli.

Au choix, le spectateur peut donc plonger donc une cellule de prison dans 6×9, dans les batailles entre pro et anti-avortement aux États-Unis dans Across the Line, au Népal après un important séisme dans Aftershock, dans un camp de réfugiés en Jordanie dans Clouds over Sidra, aux alentours du Fukushima post-explosion nucléaire dans Fukushima : Vidas contaminadas, à l’intérieur d’abattoirs dans Ianimal ou encore en pleine épidémie d’Ebola au Libéria dans Waves of Grace. Pas très drôle, mais surprenant!

«Je me réjouis particulièrement de la ligne éditoriale du Pavillon, note Guy Daleiden. Dans un monde où le comportement de certains leaders politiques nous rappelle des moments sombres de l’histoire, où l’ignorance, la stupidité, la haine et la manipulation de l’information semblent vouloir s’imposer, il est important de mener le débat et d’engager le public autour des réalités sociales, géopolitiques et des valeurs humaines», ajoute-t-il. Reste que la VR a le défaut de ses qualités. Son côté immersif, qui peut rapidement donner le tournis, voire le vertige, n’est pas apprécié par tout le monde. Les casques VR sont d’ailleurs déconseillés aux moins de 13 ans, précise-t-on au Pavillon.

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