Le cinéma s’éclate en VR avec le FNC eXPlore

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Le cinéma s’éclate en VR avec le FNC eXPlore
05 Octobre, 2018

Le Festival du nouveau cinéma (FNC) est de retour dans la métropole montréalaise pour une 47e édition, et avec ce rassemblement de cinéphiles, cinévores et créateurs de tout poil, vient aussi la réédition du FNC eXPlore, une activité combinant septième art et réalité virtuelle. Tour d’horizon… tout en demeurant bien assis dans un divan.

 

L’idée ne date pas d’hier: voilà déjà quelques années que le FNC s’intéresse au champ créatif de la réalité virtuelle. C’est d’ailleurs au même endroit, au Coeur des sciences de l’UQAM, qu’avait eu lieu une précédente visite, en 2016. À l’époque, l’expérience avait été plus ou moins concluante, les oeuvres présentées n’arrivant pas nécessairement à utiliser correctement l’ensemble du potentiel artistique de cette possibilité de tourner des images provenant de partout, plutôt que de forcer le cinéphile à se concentrer sur un seul plan fixe.

 

L’utilisation d’un matériel audacieux, mais techniquement limité – des casques Gear VR et des téléphones intelligents Samsung – avait elle aussi démontré les limites (temporaires) de ce nouvel art.

 

Cette année, on a de nouveau droit aux mêmes casques, mais les téléphones, eux, semblent avoir évolué. Disparu, le mal de tête ou de coeur après quelques minutes de visionnement. Et pour varier un peu les plaisirs, on a également préparé des casques Oculus Go, ainsi que des appareillages plus complets devant être branchés directement à des ordinateurs.

 

Et quid des oeuvres, dans ce cas? En tout et pour tout, une trentaine de créations seront accessibles gratuitement au public dans le cadre de l’événement qui sera tenu au Complexe Desjardins. Des documentaires, de la fiction, des drames, de l’humour, des oeuvres qui font grincer des dents, d’autres qui font rigoler, ou encore d’autres qui font réfléchir…

 

Il n’a bien sûr pas été possible de tout essayer, en cet avant-midi réservé aux médias, mais force est d’admettre que le calibre des productions a augmenté depuis deux ans. Les courts-métrages et autres créations sont plus audacieuses, le côté réalité virtuelle est généralement plus affirmé, plus franc. Bien entendu, le niveau demeure malheureusement inégal. Et les cinéastes jouant avec la 3D et la réalité virtuelle doivent impérativement se rappeler que passer son temps à s’étirer le cou pour tenter d’apercevoir l’action, ou pour ne rien perdre du déroulement du film lorsque l’action se déroulent en deux endroits à la fois, rien de cela ne vaudra jamais un bon plan serré projeté sur un écran de cinéma, sur un téléviseur, un écran d’ordinateur, une tablette, ou même un téléphone.

 

En ce sens, la réalité virtuelle demeure encore un terrain d’essai. Chapeau, toutefois, à ceux qui savent en tirer parti pour créer des choses franchement originales. Ashes to ashes, par exemple, ne s’empêtre pas dans les faux-semblants, et ses interprètes traitent la caméra comme un véritable appareil de réalité virtuel semi-omniscient, avec l’aménagement scénique que cela suppose.

 

Autre exemple de créativité, Your Spiritual Temple Sucks déconstruit joyeusement les codes des films et séries japonaises pour aborder la question du karma et de l’entraide spirituelle. Ce qui représente une percée majeure, surtout, c’est que l’on a pensé à animer les « côtés » de l’image où il ne se passe rien, et ce même lorsque l’action se déroule à l’opposé. Pas question de s’ennuyer, ici, durant la dizaine de minutes que dure cet hilarant court-métrage.

 

Révolution bien installée, la réalité virtuelle? Pas du tout. Mais on sent que petit à petit, l’animal se laisse dompter. À l’image de la louve qui, peut-être, se laisse apprivoiser tranquillement.

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