La vraie vie rejoint la VR dans "Kiss me first"

Category: 
La vraie vie rejoint la VR dans "Kiss me first"
28 Avril, 2018

Coproduction entre la chaîne anglaise Channel 4 et la plateforme Netflix, "Kiss me first" est une sorte d'ovni. Cette série ambitieuse allie la réalité glauque du quotidien aux évasions paradisiaques virtuelles.

 

On accède à la réalité virtuelle par le truchement de Leila, une jeune fille de 17 ans, qui transpire la solitude par tous les pores. Leila vient de perdre sa mère. Malade durant de nombreuses années, cette dernière est morte à la maison. Et comme il n'y a pas de famille ni d'amis pour venir en aide à Leila, l'adolescente demeure seule dans une baraque ultra-glauque de banlieue ultra-glauque.

 

Pour s'évader, Leila devient Shadowfax dans "Azana", un jeu en ligne. Elle enfile son casque de réalité virtuelle et plonge dans un autre monde. Un monde fait de prairies, de forêts et de couchers de soleil splendides où l'on peut combattre des autres joueurs ou simplement leur parler.

 

Un mal-être perceptible

C'est dans le jeu "Azana" que Leila, ou plutôt Shadowfax, rencontre Mania, une joueuse qui l'attire dans une zone cachée, appelée Red Pill. Red Pill est peuplée de gens au mal-être perceptible, qui ont tous, comme Leila, un passé sombre. Cette interface a été créée par le mystérieux Adrian. C'est également lui qui fabrique des colliers qui captent les sensations et qui sont normalement interdits au sein du jeu.

 

Sans en dire trop, on sent rapidement que quelque chose de louche se profile. Mais derrière l'aspect thriller se trouve également l'aspect psychologique, très travaillé.

 

La rencontre de deux univers

On doit la série à Bryan Elsley, le créateur de la série Skins, un spécialiste des ados et des jeunes adultes. Ici, il fait se rencontrer deux univers totalement opposés.

 

Dans la vraie vie, Leila devient amie avec Mania, qui s'appelle en réalité Tess et qui est aux antipodes de l'héroïne: autant Leila est austère, autant Tess est expansive. Elle aime faire la fête, elle aime le sexe, elle aime prendre de la drogue, alors que l'autre est super coincée. La rencontre entre ces deux filles se révèle forcément intéressante.

 

Un contraste visuel

La réalité virtuelle est très bien représentée. On se croirait vraiment dans un jeu vidéo, style "World of Warcraft", avec beaucoup d'espace et de nature. C'est beau, et heureusement, puisqu'on y passe la moitié de notre temps. On saute de la réalité morne et verdâtre de Leila aux teintes chaudes et attirantes du jeu. Le contraste visuel est à chaque fois saisissant. Et il est bien évidemment très calculé.

 

Loin d'être un simple divertissement SF, "Kiss me first" s'annonce davantage comme un drame psychologique à l'atmosphère pesante, tourné vers la réflexion. La série est interdite aux moins de 16 ans, une façon de montrer qu'elle se destine à un public jeune, certes, mais mature.

A voir aussi

VRrOOm Wechat