La VR à l'honneur au Festival Tous Ecrans

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La VR à l'honneur au Festival Tous Ecrans
12 Octobre, 2016
Le Geneva International Film Festival a dévoilé la programmation de sa 22ème édition. A l’honneur: des expériences d’immersion concoctées par des sociétés installées dans l’arc lémanique, pionnières dans ce domaine

A l’heure où les contenus audiovisuels se consomment sur demande, à n’importe quelle heure de jour et de la nuit, sur des écrans dont la taille oscille entre une poignée de centimètres et plusieurs dizaines de mètres, dans des lieux aussi traditionnels (salles obscures, salons ou cuisines) qu’improbables (des toilettes, son lieu de travail ou un train filant vers la province d’Isan), le Festival Tous Ecrans demeure salutaire pour nos pupilles. Mardi, le Geneva International Film Festival – version anglophone désormais incontournable – a dévoilé la programmation de sa 22ème édition qui se tiendra du 4 au 12 novembre à Genève. D’emblée, son directeur Emmanuel Cuénod rassure: «Nous avons fait des choix drastiques pour trouver les auteurs d’aujourd’hui à une époque où la production d’images est pléthorique». Nous voilà sauvés.

Que retenir? On le savait déjà mais le festival ouvrira ses rideaux avec une première suisse signée Jim Jarmusch. Son documentaire, «Gimme Danger», retrace l’ascension dans les années 60 d’un groupe, The Stooges, et de son leader Iggy Pop, figure emblématique de l’histoire du Rock’n’Roll. A l’honneur aussi de cette édition, le cinéaste à la Palme d'Or Apichatpong Weerasethakul. Outre l’opportunité de voir ou revoir ses oeuvres, le public est invité à entamer le dialogue avec le réalisateur thaïlandais, présent dans les murs de la Maison des Arts du Grütli. Il n’est pas impossible qu’il déambule également au théâtre Pitoëff, l’un des poumons de la manifestation.

Certes, la programmation reste hétéroclite – «pas autant que vous le croyez», rétorque déjà Emmanuel Cuénod rappelant que le festival est sélectif – mais l’ADN demeure. Du cinéma long format, du cours, de la série télé et des web-séries. Pêle-mêle, on se pourlèche déjà les babines de visionner la série américaine déjantée inédite «Son of Zorn», mélange hasardeux de vue réelle et d’animation qui raconte le retour sur terre, en Californie, d’un guerrier tentant de se rapprocher de son fils adolescent végétarien. Par ailleurs, la manifestation s’aventure (enfin) sur les terres des vidéoclips (pour prendre la terminologie des années 80). Il y aura de l’incontournable Gondry mais pas que. Enfin, encore plus intéressant, le festival a mis sur pied une compétition internationale d’œuvres en réalité virtuelle. L’occasion de tester plusieurs expériences d’immersion, dont celle consistant à des duos homme-femme, par exemple, de se retrouver «en direct» dans le corps de l’autre. On rappellera, fierté nationale, que plusieurs sociétés installées dans l’arc lémanique figurent parmi les entreprises pionnières dans ce domaine.

Certains diront que le festival mélange trop les genres. On leur répondra que ce ne sont pas les genres qui se multiplient. Ce sont ceux qui les consomment. Désormais autrement.

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