Baobab Studios, virtuoses de la narration VR

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Baobab Studios, virtuoses de la narration VR
03 Janvier, 2018
Premier succès de Baobab Studios : Invasion!  © Baobab Studios

 

« Inciter au rêve jusqu’à l’émerveillement et vous immerger dans des univers où vous pourrez entrer en interaction avec d’attachants personnages… », telle est la jolie promesse de Baobab, studio d’animation VR fondé à l’initiative du réalisateur Eric Darnell…*

 

Éric Darnell est un pionnier dans l’âme : on lui doit le premier long-métrage d’animation de DreamWorks FourmiZ (Antz), en 1998. Entre 2005 et 2014, le réalisateur américain s’est forgé une solide réputation créative avec la série des films Madagascar… Et il a plus récemment succombé au charme de la réalité virtuelle. Cette fascination pour ce nouveau média l’a poussé, il y a deux ans, à créer sa propre entité de production : Baobab Studios.

 

Ce roi du storytelling s’est alors entouré de compétences et d’expériences complémentaires avec ses associés Maureen Fan, qui vient du jeu, et Larry Cutler, directeur technique pour de grands studios d’animation. L’approche visionnaire et créative de ce trio a valu au studio de se faire rapidement remarquer dans le microcosme de la création virtuelle.

 

C’est ainsi qu’Invasion!, la première expérience VR de Baobab, s’est vue récompensée d’un Emmy Award 2017 pour son travail sur l’interactivité… Mais il ne s’agit là que d’un début : le studio, qui a aujourd’hui réuni 31 millions de dollars de financement, a des ambitions d’interactivité bien plus avancées dans les pipelines !

Les fondateurs de Baobab Studios © DR

 

Toutes les fées se penchent sur le berceau de Baobab

D’emblée spécialisée dans la production d’expériences interactives, avec des contenus 100 % animation, Baobab Studios, nichée à Redwood City, au cœur de la Silicon Valley, s’inscrit avant tout dans une démarche de start-up et consacre beaucoup d’énergie à la R&D.

 

Au printemps dernier, Baobab opérait une levée de fonds de 25 millions de dollars, ce qui lui a permis de se positionner aujourd’hui dans le peloton de tête des studios indépendants de réalité virtuelle.

 

En tant que média, la VR suscite l’intérêt de multiples acteurs – opérateurs, studios, groupes médias… Et nombreuses sont les sociétés et consortiums qui ont souhaité s’associer au développement de Baobab. On peut citer, entre autres : Comcast Ventures, HTC, Samsung, Advancit Capital, Horizons Ventures, Twentieth Century Fox, Evolution Media Partners, et même le cofondateur de PayPal, Peter Thiel…

 

Fort de son premier succès, Invasion!, le studio a, dans la foulée de sa levée de fonds, dévoilé Rainbow Crow et Asteroids!, deux nouveaux projets notamment sélectionnés dans le cadre de la programmation de réalité virtuelle organisée par Next, le Marché du Film du Festival de Cannes, et au Festival International du Film d’Animation d’Annecy.

 

Asteroids! représente la suite d’Invasion!, tandis que Rainbow Crow est le prologue d’une nouvelle série…

 

Applaudi par la critique, autant que par l’industrie, Invasion! est désormais disponible sur la plupart des plates-formes de réalité virtuelle, et sa suite Asteroids! a déjà été, entre autres, nominée meilleure expérience de réalité virtuelle au Vision VR/AR Summit, en mai dernier à Hollywood.

Expérience VR de fiction qui s’inscrit dans la continuité d’Invasion!, Asteroids! invite le spectateur à incarner le rôle d’un robot qui assiste les personnages Mac et Cheez. © Baobab Studios

 

Asteroids!, une expérience de réalité virtuelle et au-delà…

Expérience VR de fiction qui s’inscrit dans la continuité d’Invasion!, Asteroids! invite le spectateur à incarner le rôle d’un robot qui assiste Mac et Cheez, deux petits aliens maladroits rencontrés dans l’opus précédent.

 

Cette expérience immersive, où l’humour et l’empathie sont moteurs de la narration, incite le spectateur à passer à l’action pour sauvegarder Mac et Cheez du danger. Cette nouvelle offre une montée en puissance de l’interactivité. S’il le souhaite, le participant n’est plus spectateur, il devient véritablement acteur de l’intrigue.

 

Sur Invasion!, produit deux ans plus tôt, l’interactivité, beaucoup plus sommaire, était principalement basée sur un procédé d’eye tracking. Ici, le scénario, plus complexe, intègre des procédés de mirroring du comportement des personnages vis-à-vis du spectateur. Dans cette nouvelle expérience, les personnages regardent vraiment le participant, qui peut aussi jouer à la balle avec un chien, Robot Dog. Pour cela, le studio a injecté de l’intelligence artificielle et ce contenu a été développé en priorité pour la plate-forme HTC Vive, la seule qui propose une dimension interactive avancée.

 

« Asteroids! est cependant une plate-forme agnostique permettant un accès au plus grand nombre », explique la productrice Claudia Southmartin venue présenter les nouvelles expériences de Baobab sur le Mifa.

 

Cet univers développé par le studio suscite un intérêt plus large ; d’ailleurs, Invasion! va devenir un long-métrage ; il est actuellement en cours de production…

Rainbow Crow, un contenu VR musical de 4 min présentée au Mifa, devrait faire l’objet d’une série. © Baobab Studios

 

Rainbow Crow

Baobab présentait également, sur le Mifa, le prologue du projet Rainbow Crow, un contenu VR musical de 4 minutes qui raconte l’histoire d’un oiseau à la voix mélodieuse. Cette expérience, qui s’inspire d’une légende amérindienne, a été développée avec la collaboration Kiowa-Caddo Randy Edmonds, un doyen amérindien âgé de 82 ans qui est l’un des militants les plus reconnus des droits des Indiens d’Amérique. La direction artistique de cette œuvre a été confiée à Cody Gramstad. Quant à la musique, elle a été écrite par le musicien, producteur, et activiste John Legend qui, séduit par le projet, a rejoint l’équipe avec enthousiasme.

 

« Il s’agit d’un prototype ; le projet final, qui devrait faire l’objet d’une série, intègrera davantage d’interactivité. Nous sommes au début de l’histoire de l’industrie de la réalité virtuelle, et grâce aux investisseurs qui s’intéressent à notre activité, nous pouvons focaliser nos efforts sur le développement de technologies interactives », commente Claudia Southmartin, avant de préciser « Deux épisodes sont déjà écrits. D’ailleurs Baobab recrute actuellement des animateurs et des ingénieurs pour mener à bien cette production… ».

 

 

Au service du storytelling

Cet été, Baobab comptait déjà 25 collaborateurs aux parcours confirmés dans l’animation et le jeu, tout l’art du studio consistant à produire des contenus de réalité virtuelle aux frontières des deux mondes…

 

« Le challenge, ce n’est ni le film, ni le jeu. Il s’agit de trouver un équilibre entre ces deux univers avec une technologie qui se met uniquement au service de la narration. Le spectateur doit avoir envie d’interagir pour des raisons d’empathie, d’attachement vis-à-vis des personnages et non pas pour gagner. »

 

D’ailleurs dans Asteroids!, si le spectateur n’interagit pas, l’histoire se déroule comme dans le cadre d’un film traditionnel… Et à la fin de l’intrigue, Cheez, personnage qui perd la vie dans Astéroïds!, vivra un destin différent.

 

« Nous sommes encore en phase d’apprentissage pour doser cette balance entre l’interaction et l’histoire. Une grosse équipe d’ingénieurs travaille en parallèle de notre équipe de production, et, pour que l’interactivité fonctionne de façon optimale, ces ingénieurs s’intéressent de près à l’intelligence artificielle. »

 

Larry Cutler, directeur technique – qui est aussi l’un des cofondateurs de Baobab – se focalise sur les challenges technologiques de l’industrie depuis vingt ans. Il a travaillé comme directeur technique chez Pixar, puis est devenu responsable des personnages et directeur technologique chez DreamWorks. Il a aussi été, plus récemment, VP Solution au sein de la société Metanautix, une start-up spécialisée dans l’analyse de datas qui vient d’être achetée par Microsoft.

 

« Nous avons choisi de développer nos scénarios interactifs sous Unity. Nous avons aussi mis en place des technologies propriétaires pour animer nos personnages, mais cela reste notre secret de cuisine ! Nous avons l’ambition de continuer à être indépendant, ce qui est pour l’instant possible grâce au financement de nos investisseurs », conclut la productrice qui suit Eric Darnell dans ses aventures professionnelles depuis plus de dix ans…

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