"Au Pied de la falaise": un projet qui mêle BD, VR, danse contemporaine et musique

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"Au Pied de la falaise": un projet qui mêle BD, VR, danse contemporaine et musique
05 Juin, 2017
L’illustrateur ByMöko présente mardi 6 juin au MOB Hotel, situé au métro Garibaldi, Au Pied de la falaise, un projet transmédia qui mêle bande dessinée, réalité virtuelle, danse contemporaine et musique.
Considéré comme le 9e Art, la bande dessinée ne cesse de créer des passerelles avec les autres arts. Dernier exemple en date: Au Pied de la falaise (ed. Soleil) de l’illustrateur ByMöko.
Récit initiatique du fils d’un chef d’un village imaginaire en Afrique, cette bande dessinée est conçue par son auteur comme la pierre fondatrice d’un univers graphique qui se déploie aussi en musique, en danse et via un système de réalité virtuelle.
ByMöko présente ce mardi 6 juin son projet transmédia au MOB Hotel, situé au métro Garibaldi (Saint-Ouen).
Au programme: dédicace de 18h à 19h30, puis DJ set du compositeur Tismé à 21 heures.
Et bonne nouvelle: l’entrée est libre. A cette occasion, ByMöko a commenté pour BFMParis quatre planches de son album.
Des valeurs positives
"Depuis que je suis petit, je dessine sur l’Afrique. J’avais envie de raconter une histoire positive. J’ai donc écrit l’histoire d’un personnage de son enfance jusqu’à la moitié de sa vie. J’ai ajouté plein d’anecdotes entendues à droite et à gauche et j’ai voulu montrer comment se déroule un deuil en Afrique. Le village où se déroule l’action est imaginaire. C’est un mélange entre le pays Dogon, le Bénin, le Burkina-Faso, le Mali. Ce n’est pas un livre sur l’Afrique: c’est un village où je me sens bien. Ce que je raconte est universel. Mon intention était de faire en sorte que le lecteur lise le livre et se sente bien en le refermant. Je n’ai pas essayé de faire de la morale, mais de raconter assez simplement l’histoire. Je laisse au lecteur le soin de se poser des questions."

Les vaches

"Je trouvais que ces vaches scarifiées étaient super à dessiner. Je n’avais jamais dessiné de vaches avant et je ne savais pas dessiner des animaux. Et j’ai adoré. J’ai un dessin laborieux, je me perds dans les détails. Mais je trouve que j’ai réussi. C’est un univers que je connais par cœur et que je dessine depuis tout petit. A l’époque, il n’y avait pas Internet. J’achetais des bouquins sur l’Afrique. Je voyageais dedans. J’ai voulu créer un personnage malin, assez vif. Je me suis inspiré du manga Q, qui raconte la vie d’un bonze japonais. J’ai eu envie de transposer cette histoire dans un village africain. Je ne voulais pas faire forcément de mon personnage quelqu’un de très beau. Il a les dents écartés, il est plutôt simple."

L’influence de Miyazaki
"Je travaille sur des planches qui mesurent 50x40 cm. D’où le réalisme: comme les planches sont très grandes et le dessin très détaillé, quand on les réduit, le dessin est plus précis. Je dessine sur un canson au crayon à papier, puis je scanne et je pousse les contrastes. Comme ça, je n’ai pas besoin d’encrer et je garde mon trait rough (rugueux). Ensuite, j’ajoute du sépia. Je colorise uniquement le personnage et les ciels. Normalement, j’utilise beaucoup de couleurs pour créer de la profondeur. Là, le défi était de retirer la couleur. J’ai dû pousser mon dessin beaucoup plus loin. C’est ça qui a été difficile. Je voulais que l’album soit zen, équilibré. Au départ, j’avais dessiné des boubous avec des couleurs très vives, mais j’ai décidé de les enlever. Pour cette planche, je voulais recréer une ambiance à la Miyazaki. Le masque est une référence au "Sans Visage" du Voyage de Chihiro. Ce personnage que j’ai dessiné, le 'Sigma', est une divinité qui initie les jeunes à l’âge adulte."
Un projet transmedia
"J’ai pensé cette scène comme un clip, une pause musicale dans l’histoire. Je fais de la BD, mais mon intention première est de créer des univers. La BD est secondaire. Elle fait partie d’un tout, d’un univers graphique: le village. A partir de là, ça peut être de la musique, des vêtements, de la cuisine, de la sculpture... Le "Sigma" fonctionnerait par exemple très bien en sculpture. Pour la musique, le compositeur Tismé a créé des morceaux à partir des planches. C’est de la musique d’ambiance qui peut être écoutée en lisant l’album. Un de mes amis, le photographe Abdou Diouri, est venu chez moi et m’a montré le concept du 360°, qui permet de s’immerger dans le dessin. J’ai trouvé que ça faisait un super écrin pour mélanger BD, son, expo et vidéo. C’est un super concept. J’aimerais bien que le projet m’échappe et que d’autres personnes s’en emparent et évoluent avec."

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