Arles: après Paris et le PVFF, Miyubi à nouveau primé

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Arles: après Paris et le PVFF, Miyubi à nouveau primé
07 Juillet, 2017

Arles : vertigineuse réalité virtuelle

Les Rencontres présentent la 2e édition du VR Arles Festival, dont "Le Point" est partenaire. De quoi convaincre qu'il s'agit d'un art à part entière.

La VR est partout. Elle était à Cannes avec pas moins de 80 films ; le Festival de Venise vient d'annoncer la création d'une nouvelle sélection ; elle est désormais à Arles, cet été, avec 20 films à voir au très innovant VR Arles Festival. Aujourd'hui, un simple casque vissé sur la tête permet de voler entre les gratte-ciel de Manhattan, de faire du kayak dans l'Antarctique, de marcher sur un fil à 300 mètres du sol ou, pourquoi pas, de faire de la plongée sous-marine. C'est bel et bien notre rapport à l'image que bouleverse et redéfinit cette révolution.

Le Cirque du Soleil dans "Dream of O". © Félix et Paul Studio / Cirque du Soleil

 

C'est ce qui a décidé Sam Stourdzé, directeur des Rencontres photographiques d'Arles, à créer l'an dernier au cœur de son festival de photographie un autre festival entièrement dédié, lui, à la VR. « La photographie, c'est le champ contre le hors-champ. La réalité virtuelle, c'est le champ avec le hors-champ. Bref, l'utopie réalisée de la photographie. Le véritable enjeu reste de prouver au grand public que ce n'est pas un truc de geek », souligne-t-il.

 

Le jury, présidé par Michel Hazanavicius, devait trancher entre fictions, documentaires et films de création « à 360 degrés » et a décidé mercredi de primer Miyubi, un film de 40 minutes dans lequel le spectateur se retrouve à la place d'un robot japonais offert à un enfant pour son anniversaire. « Nous avons en effet eu beaucoup de chance de pouvoir présenter ce premier long-métrage de fiction en réalité virtuelle des studios montréalais Félix et Paul », confie Benoît Baume, directeur de la rédaction du magazine Fisheye et cofondateur du festival.

Cette année, grâce au soutien de BNP Paribas, cocréateur du festival, les films en compétition seront présentés au public pendant toute la durée du festival jusqu'au 31 août. Dans Asteroïds, on peut voyager à bord du vaisseau spatial d'un curieux duo d'aliens ou se fondre, avec Night Fall, au cœur d'une représentation du Lac des cygnes ou de La Bayadère.

Si les sceptiques craignent que l'élan ne s'essouffle, comme pour la 3D, pour d'autres, la réalité virtuelle est déjà un art à part entière.

 

 Où la frontière entre le réel et le virtuel se situera-t-elle ? 

L'interaction, l'interactivité ? C'est à cela que travaillent les studios pour enrichir l'expérience. Mais que se passera-t-il lorsqu'on pourra voler pendant des nuits entières, que le présentateur du JT se tiendra dans notre salon et que chaque musée proposera une exploration dans l'espace et le temps ? Le cerveau ne risque-t-il pas de ne plus s'y retrouver ? Où la frontière entre le réel et le virtuel se situera-t-elle ? « La VR ne remplacera jamais la réalité, assure Elisha Karmitz, directeur de mk2 Agency, qui vient de signer un accord avec Sky Limit Entertainment (société de VR cofondée par le réalisateur chinois Zhang Yimou), et juré du VR Arles Festival. Elle vient l'enrichir, créer des ponts entre différentes formes de création. Elle cherche encore son format. Après tout, personne ne se doutait, dans les débuts du cinéma, qu'un film finirait par durer une heure et demie... »

VR Arles Festival. À l'espace Saint-Cézaire, jusqu'au 31 août.

NDLR : voir aussi notre article ICI

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