UbiSim: la formation en VR des élèves infirmiers

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UbiSim: la formation en VR des élèves infirmiers
17 Mai, 2018

Innovation. La start-up et l’établissement de formation espèrent ainsi améliorer la qualité et la sécurité des soins.

 

L’étudiant en soins infirmiers chausse des lunettes, attrape deux manettes. Et se retrouve au milieu d’une chambre d’hôpital. Devant lui, son patient. A l’étudiant d’enchaîner tous les gestes techniques nécessaires pour une transfusion sanguine réussie.

 

Grâce à ce programme de formation de réalité virtuelle en 3D conçu par la start-up suisse UbiSim, l’étudiant va pouvoir s’entraîner quand il le souhaite. Deux postes ont été récemment installés au sein de la Haute Ecole de la Santé La Source. Le futur infirmier va ainsi répéter toutes les étapes, nombreuses dans l’acte transfusionnel, autant de fois que nécessaire. «La simulation permet aux étudiants de s’exercer sans pression et sans risque, introduit Jacques Chapuis, directeur de l’Institut et Haute Ecole de la Santé La Source, avec la réalité virtuelle, nos élèves disposent d’un outil supplémentaire, complémentaire, qui peut être utilisé sans limite et qui permet la révision d’un protocole technique donné.» Cette plateforme permet ainsi aux étudiants de mieux se former à la transfusion sanguine. L’outil, dont l’efficacité doit encore être testée, permet aussi l’évaluation des étudiants. «C’est un outil remarquable» se réjouit le directeur.

 

Cette plateforme de réalité virtuelle est née d’un travail conjoint entre UbiSim, le corps enseignants et les étudiants. Ingénieurs, professeurs et futurs professionnels de santé ont avancé ensemble sur le projet avec un objectif : améliorer la formation des jeunes infirmiers. «Pour nous, la réalité virtuelle peut permettre d’atteindre des sommets dans la qualité et la sécurité des soins, estime le Dr Dominique Truchot-Cardot, vice-doyenne de l’Innovation de La Source. Car les bonnes pratiques passent notamment par la répétition.» 

 

UbiSim se concentre spécifiquement sur la formation initiale aux soins infirmiers. «C’est notre niche, explique Gauthier Dubruel, cofondateur. Au cours de leur formation initiale, les étudiants sont demandeurs et ont envie d’apprendre.» Ce qui n’empêche pas la start-up de réfléchir à des solutions pour la formation continue. «Ce secteur reste plus compliqué car, par exemple, les protocoles peuvent être différents d’un établissement à l’autre, nuance le cofondateur. Nous souhaitons surtout amener la simulation là où il n’y en a pas, car le manque de pratique est un problème que l’on retrouve partout.»

 

Pratiquer davantage pour mieux se former

C’est d’ailleurs face à ce constat que la société a vu le jour : tous les instituts de formation souhaitent que les heures de pratique soient plus nombreuses pour que la qualité de la formation soit meilleure. Mais cela a un coût. C’est pour répondre à ce besoin qu’UbiSim a imaginé sa plateforme de formation aux soins infirmiers en réalité virtuelle. Avec un ordinateur et un casque, tout élève peut s’entraîner dès qu’il en ressent le besoin.

 

UbiSim travaille, au-delà de la transfusion sanguine avec La Source, sur d’autres thèmes, par exemple sur les dosages médicamenteux avec l’institut de formation de la Croix-Rouge française. Sa collaboration avec l’école lausannoise devrait se poursuivre avec l’ajout de nouveaux sujets sur la plateforme. «Nous souhaitons que notre produit sur la transfusion sanguine soit le premier tome d’une longue collection» confirme Jacques Chapuis. Les projets de développement de la start-up concernent autant les contenus des formations que les marchés à conquérir.

 

Présente à Shanghai (quatre et bientôt cinq personnes) et à Lausanne (une personne), la start-up devrait ouvrir un nouveau bureau à Montréal. «Nous allons garder notre bureau chinois car nous savons que, dans quelques années, la Chine et l’Inde seront parmi les premiers marchés dans la simulation, précise le cofondateur. Il serait dommage de ne pas profiter de notre expérience passée sur ce territoire.» Pour soutenir tous ces projets, la start-up suisse prévoit une nouvelle levée de fond à la fin de l’année, après celle de l’été 2017 dont le montant final s’était élevé à 300.000 francs.

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