Parlons un peu du "gameplay"...

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Parlons un peu du "gameplay"...
19 Mars, 2017
A l’heure des beaux graphismes, n’avons-nous pas tendance à oublier cet élément que l’on nomme  gameplay ?
Le gameplay, qui était autrefois ce qui forgeait en partie l’avis d’un joueur sur un jeu, est aujourd’hui de plus en plus mis au second plan.
Est-ce le fruit d’un désintérêt qui tend à se généraliser ou s’agit-il seulement d’un critère de choix devenu tellement commun que l’on finit par ne plus y prêter attention ?  
Gameplay, qui es-tu ?
On entend souvent parler de gameplay dans le jeu vidéo mais fondamentalement, qu’est-ce que cela signifie ?
Pour y répondre, quoi de mieux qu’une définition ? 
Le gameplay est souvent succédé d’un adjectif pour le qualifier : généreux, profond, aboutit ou encore décevant, ce dernier est en fait un ensemble d’éléments qui sont intégrés dans un jeu et reflète les différentes possibilités offertes au joueur, manette en main.
Car oui, dans le gameplay, la majorité des sensations sont procurées par la manette.
Ce n’est pas quelque chose de visuel comme peuvent l’être les graphismes ni quelque chose d’émotionnel comme peut l’être le scénario.
Le gameplay peut alors se baser sur différents axes comme l’immersion, la difficulté ou encore la réflexion.
C’est aux développeurs d’en décider mais c’est avant tout une question de maîtrise et de longues sessions d’essais.
Il faut se poser les bonnes questions et essayer de rester cohérent avec l’univers du jeu qu’ils souhaitent établir.
Le jeu vidéo existant depuis plusieurs années maintenant, il est possible d’imaginer qu’innover en matière de gameplay devient une tâche de plus en plus ardue.
En effet, nombreuses sont les pistes à avoir été exploitées maintes et maintes fois alors je me pose la question suivante : est-ce que le gameplay pourra encore un jour nous surprendre ?
Finalement, dans la conception d’un jeu vidéo, ne serait-il pas le challenge le plus ardu à relever ?
Peut-être bien que oui. L’innovation, en dehors des jeux indépendants, est aujourd’hui de plus en plus rare.
Est-ce que la réelle innovation ne serait pas uniquement destinée à être le fruit d’un concept apporté par une nouvelle machine ou une nouvelle technologie ?
Nintendo Wii -  La redéfinition du mot « gameplay » :
Fin 2006, Nintendo sort une nouvelle console et pas des moindres puisqu’il s’agit de la Wii, une machine innovante basée sur le Motion Gaming, ou autrement dit, la reconnaissance de mouvements.
Il me semble inconcevable d’écrire un article sur le gameplay sans parler de ce phénomène vidéo-ludique.
Sans s’attarder plus longtemps sur le parcours de cette machine, passons directement au pourquoi du comment.
La Wii, avec son concept, aura permis de donner un second souffle au jeu vidéo.
Elle transformera entièrement la conception que chacun se faisait du gameplay en parvenant à mettre en place une nouvelle façon de jouer.
A la fois simple et intuitive, elle a permis d’initier les jeunes et les moins jeunes au jeu vidéo en le rendant accessible et amusant pour tous.
Ce n’est pas un jeu mais tous ses jeux qui ont bénéficié de ce concept et qui ont donné un nouveau sens au mot gameplay. D’ailleurs, peu de temps après, Sony et Microsoft se sont inspirés de ce concept pour sortir respectivement le Playstation Move et le Kinect.
Ces derniers ont pourtant réussi à attirer la curiosité de nombreux joueurs et auront aussi apportés leur lot de bonnes idées.
C’est une évidence, la Nintendo Wii a amené un bol d’air frais à l’industrie en mettant non pas l’aspect graphique au premier plan mais le gameplay, qui est à mon sens, un des facteurs clé du jeu vidéo.
Mais les deux sont-ils vraiment incompatibles ?
Graphismes et gameplay – Le compromis impossible ?
Beaucoup se disent que les graphismes ne sont pas nécessairement au détriment du gameplay.
Que les deux ne sont pas incompatibles et qu’ils peuvent parfaitement coexister.
C’est vrai, après tout, pourquoi l’un empêcherait l’autre d’exister au sein d’un même jeu ?
Bien-sûr, dans la conception d’un jeu vidéo, ces deux aspects n’ont pas grand-chose à voir en commun et sont traités distinctement.
Mais on peut quand même se demander pourquoi le mariage des deux n’arrive-t-il pas plus souvent ?
Nintendo est bien connu pour être un expert en la matière et dès qu’il s’agit de gameplay, ce dernier n’a plus rien à prouver.
Dernier titre en date ? Zelda BoTW.
S’il ne parvient pas à redéfinir la structure des open-world, il parvient une nouvelle fois à montrer qu’il est le meilleur dans l’imbrication des éléments présents dans le jeu et pousse parfois le joueur à utiliser tous les outils dont il dispose pour trouver la solution à son déblocage (donjon, sanctuaire, etc.).
Je vais être honnête, cela faisait plusieurs années qu’un jeu ne m’avait pas surpris par la simple articulation de son gameplay.
Pour tout vous dire, l’un des derniers jeux AAA à avoir créé cette sensation d’étonnement en moi était Little Big Planet, premier du nom, sortit sur Playstation 3.
Je pourrais aussi citer Zombi U sur Wii U, qui a complètement bouleversé ma conception du gameplay à sa sortie.
Un véritable exemple et malheureusement le seul à avoir profité du Gamepad de la machine. 
Belle surprise aussi du côté de Horizon – Zero Dawn. Si le titre emprunte beaucoup à ce qui existe déjà, il a pu me surprendre par son gameplay que je qualifierai à la fois  de « nerveux » et de « stratégique ».
J’admets avoir été plutôt surpris par la façon dont les machines sont implémentées dans le gameplay.
En combat, ces dernières sont féroces et l’on ressent étonnamment bien cette force qui émane de ces dernières.
On sent l’oppression des machines sur les humains et de ce point de vue-là, c’est clairement une réussite.
En infiltration, ça marche aussi très bien, et l’utilisation de l’outil d’Aloy qui lui permet d’analyser les machines s’implante naturellement.
De plus, la gestion de l’encyclopédie indiquant les forces et faiblesses des machines se marie bien au reste du gameplay.
Donc pour répondre à la question posée, non, graphismes et gameplay ne sont pas réellement incompatibles.
Pourtant, l’époque actuelle m’amène à penser que ces deux aspects ne sont hélas que trop rarement combinés.
On a effectivement de plus en plus cette impression que les graphismes prennent une place tellement importante dans l’industrie du jeu vidéo qu’ils amènent l’aspect gameplay dans une catégorie secondaire.
La question est alors de savoir si ça va continuer ou s’il ne s’agit que d’un effet de mode. 
Mais depuis peu, une nouvelle technologie a fait son apparition et celle-ci nous montre une fois de plus qu’entre graphismes et gameplay, il faut choisir.
La réalité virtuelle – Pilier principal de l’innovation ? 
Véritable nouveauté, la réalité virtuelle, lancée en 2016, porte en elle beaucoup d’attentes et d’espoirs même si elle peut en rebuter quelques-uns.
Commençons ainsi avec les points négatifs car comme toute nouvelle technologie, la VR n’y échappe pas.
En effet,  le Motion Sickness est très présent auprès de certaines personnes et il semble complexe de s’en débarrasser.
Les effets et autres maux de têtes peuvent parfois perdurer de longues minutes.
La raison pour laquelle la réalité virtuelle est complexe à cerner est qu’elle ne procure pas les mêmes sensations selon les personnes.
C’est vraiment un avis très subjectif qui va ressortir systématiquement d’où la difficulté de faire vendre le produit par simple effet de bouche à oreille. 
Quoi qu’il en soit, cette nouvelle technologie a pour but de nous transposer dans un monde parallèle par l’intermédiaire d’un casque, équipé d’un écran.
Alors que ce type de technologie paraissait loin devant nous, voilà maintenant qu’elle est accessible depuis quelques mois à tous ceux qui auraient les moyens de s’équiper. 
Je ne peux que parler de mes expériences personnelles alors c’est pourquoi ne citerai que le PS VR.
Premièrement, il s’agit de la plus grande renaissance du gamemplay depuis la Wii.
C’est clairement une technologie innovante qui ne prend son sens qu’une fois équipé des PS Moves, lorsque les jeux le permettent.
Mon premier essai sur Batman m’a clairement mis une claque.
J’aime que mes habitudes soient bouleversées et j’avoue avoir été plus que satisfait de ce côté-là.
Je ne citerai pas toutes mes expériences mais certaines sont aussi assez étonnantes : Driveclub, Rigs et bien évidemment Resident Evil 7, qui grâce à la VR, voit son genre être révolutionné.
A mon avis, l’arrivée de la réalité virtuelle aujourd’hui n’est pas un hasard.
Je pense qu’elle est la matérialisation ainsi que la preuve tangible que l’innovation, toujours en matière de gameplay, aurait atteint ses ultimes limites.
Vers une uniformisation du jeu vidéo ? 
Revenons à la réalité un instant. Avant d’achever cet article, je tiens à revenir sur une tendance qui semble à mon sens se créer.
Les jeux vidéo AAA ne se ressemblent-ils pas de plus en plus ?
Pour appuyer mes propos, rien de mieux que des exemples récents et concrets.
A l’E3 2016, Playstation annonce un nouvel épisode d’une de ses licences phares, God of War, par l’intermédiaire d’une bande-annonce de gameplay.
Je cite cet exemple car la ressemblance avec certains autres titres est frappante et la première vient de la direction artistique ressemblant énormément, dans un premier temps, à celle de Horizon Zero Dawn, qui lui pouvait déjà nous faire penser à Mass Effect ou encore Far Cry. Bref, la séquence de GoW se lance plus amplement et c’est alors qu’instinctivement mon esprit de joueur a fait un parallèle avec le dernier titre en date de Naughty Dog et ce, pour deux raisons principales.
La première, c’est l’angle de la caméra. Ni trop rapprochée, ni trop éloignée du personnage que le joueur contrôlera, celle-ci semble positionnée d’une façon qui n’est pas sans rappeler celle de The Last of US.
La deuxième ressemblance vient de la relation omniprésente (pour ce que l’on a vu) entre Kratos et son fils qui n’est quant à elle pas sans rappeler la relation entre Joël et Ellie.
Le titre semble aussi, à priori, se baser sur un rythme de jeu peut-être un peu plus posé et plus centré sur la narration. Car rappelons-le, God of War, quelques années auparavant, ce n’était pas du tout ça. 
Un autre exemple, celui de Days Gone.
En effet, ce dernier semblant lui aussi miser sur la narration, proposera un gameplay qui semble beaucoup se rapprocher de ce que l’on peut voir du côté de Dead Rising notamment.
Enfin, je pourrais continuer ainsi un long moment mais terminons avec un dernier exemple pour la route avec l’annonce de Uncharted - The Lost Legacy.
Au PSX 2016, Sony a diffusé un extrait de gameplay dans lequel on pouvait y voir Chloé mais dont la carrure et les déplacements faisaient beaucoup penser à ceux de Lara Croft, héroïne de Tomb Raider. 
Bien-sûr, vous pourrez me dire que cela n’est rien d’autre que du marketing et que Sony cherche simplement à tromper les joueurs pour créer la surprise.
Mais est-ce uniquement du marketing ? Honnêtement, je ne pense pas. Je pense plus précisément qu’un effet de mode semble se créer autour des jeux qui racontent une histoire avec un style relativement proche.
Seul leur univers les séparent. Pourquoi ? Car les joueurs semblent apprécier ça. Ils aiment, pour beaucoup, avoir leurs repères dès qu’ils prennent en main un nouveau jeu et cela facilite l’accessibilité vis-à-vis de ce dernier.
Le jeu vidéo a de plus en plus de mal à vouloir casser les habitudes des joueurs. 
Cela semble d'ailleurs toucher essentiellement Playstation. Je n’apprécie pas particulièrement ce terme mais certain parlent du syndrome Ubisoft.
Un syndrome qui consiste à proposer un gameplay uniforme, qui se contente de remplir un cahier des charges préétabli mais qui peut parfois être facteur de perte d’identité.
A long-terme, cela pourra-t-il vraiment fonctionner ? Seul l’avenir nous le dira mais à mon avis, la richesse de gameplay ne doit pas disparaitre.
J’espère que les développeurs indépendants ne seront pas les derniers à défendre ces valeurs-là du jeu vidéo…
Alors, le jeu vidéo c’était mieux avant ? Non, bien-sûr que non. Mais une chose est sûre, ce n’était pas pire non plus...

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