Les Oculus Touch, c'est plutôt cool

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Les Oculus Touch, c'est plutôt cool
15 Décembre, 2016

L'avantage de travailler au contact de nos collègues des Numériques, c'est que pour chaque curiosité high-tech qui pointe le bout de son nez sur le marché, on a le droit de tester le bébé avant tout le monde, comme quand le tonton venait faire un tour avec sa R25 Baccara flambant neuve tout le dimanche aprem. Du coup, quand les Oculus Touch sont arrivés à la rédac, on a eu le droit de poser nos gros doigts boudinés sur le dispositif, en promettant main sur le coeur qu'on ne casserait rien et qu'on éviterait les taches de sauce samouraï dans leur labo. Après quelques heures sur SUPERHOT VR, I Expect You to Die et (presque) aucun trou dans les murs en gesticulant, voici nos impressions.

YOU TOUCH MY TRALALA

Même si les plus acharnés commencent à connaître la musique, cela ne coûte rien de rappeler le fonctionnement du dispositif, d'autant que l'ajout des manettes changent quelque peu la philosophie globale. Sont ainsi nécessaires pour profiter de l'expérience complète : un PC, un kit Oculus Rift et un kit Oculus Touch. Le kit Rift contient le casque VR, toute la connectique, un satellite de détection (“Sensor”) ainsi qu'une manette Xbox One pour 699 euros, tandis que le pack Touch inclut les deux contrôleurs sans fil, batterie et connectique, ainsi qu'un satellite de détection pour 199 euros. D'après la page marchande d'Oculus, le total pour le tout (Kit Rift et Kit Touch) est estimé à 940 euros, frais de port inclus pour la France métropolitaine, merci Maryse.

L'utilisation des contrôleurs sans fil nécessite donc un deuxième satellite, fourni avec. Il convient alors de les placer sur le bureau, autour du moniteur (dans une configuration similaire à des enceintes audio) et de coller son séant sur une chaise en face (ou se tenir debout pour les titres compatibles). Concernant les Touch, leur ergonomie est plutôt correcte et la présence de deux gâchettes (une sous l'index et l'autre tombant sous le majeur/annulaire) permet de multiplier les contrôles demandant de la préhension. Un stick et trois boutons se trouvent aussi sous chaque pouce : deux véritables boutons rappelant ceux d'une manette de Xbox et un bouton fonction tout plat (similaire au bouton Home de la Vita), appelant en règle général le menu start et l'interface Oculus, permettant de revenir au launcher principa

Une des grosses particularité de ces Touch vient de l'arceau qui crée un anneau autour de la manette. Celui-ci est placé perpendiculairement dans l'axe de la poignée et sa position en profondeur arrive au niveau de la première phalange de l'index. Outre le fait de contenir la batterie de capteurs sur sa surface extérieure, cet anneau sert aussi à détecter si l'index est déplié, offrant dans un titre comme I Expect You To Die la possibilité d'avoir le doigt tendu et par la même occasion, de pouvoir presser des boutons du bout du doigt. Le dernier rôle de cet anneau est enfin de protéger les mimines de l'utilisateur avec sa forme de pontat, comme sur une épée, évitant ainsi tout écrasage de doigt impromptu sur le BA 13 du salon.

Plus globalement, ces contrôleurs Touch s'avèrent d'assez bonne facture, et les deux seules choses qui nous ont réellement dérangé au cours de cette session étaient la petite taille du stick (rappelant en terme de retour celui d'une manette Wii, assez lâche) et aussi des manettes en général, le volume des poignées étant un peu trop réduit pour mes grands doigts. Pour le reste, les finitions sont satisfaisantes et la légèreté des contrôleurs les font oublier très rapidement une fois plongé dans un jeu.

SUPERHOT SAUCISSE

Niveau jeux justement, nous avons pu tester SUPERHOT VR et I Expect You To Die. Concernant ce dernier, le principe du titre se trouve à mi-chemin entre Job Simulator et The London Heist (de la compilation VR Worlds sur PlayStation VR). Le jeu nous place dans les mocassins d'une agent secret qui devra résoudre des énigmes dans des situations données pour accomplir sa mission. A titre d'exemple, une mission installe le joueur dans un véhicule bourré de gadgets à la James Bond et stocké dans la soute d'un avion. Le titre demande alors de trouver un moyen pour baisser la rampe, se faire la malle en plein vol et profiter des parachutes intégrés à la supercar pour s'en sortir. Allumer le moteur sans désactiver la deuxième étape du système de sécurité fait tomber une bombe à nos pieds et il faut alors trouver un couteau puis respecter les instructions de désamorçage pour couper les fils dans le bon ordre, le tout sous la pression d'un minuteur et sans pouvoir éponger les perles de sueur sur son front.

Sans être un incontournable, I Expect You To Die permet de mettre en exergue deux points cruciaux du dispositif. Le premier est bien évidemment la précision de ses contrôleurs, et si celle-ci n'atteint pas le niveau du Vive, le laxisme des zones de détection et le travail des développeurs permet globalement de faire illusion. On n'irait pas jusqu'à les utiliser pour des opérations minutieuses, mais les Touch font le boulot de ce côté. Le deuxième point plus embêtant vient de l'absence de "Room Scaling". La où le matériel de HTC et Valve permet de se déplacer dans un volume complet, l'Oculus - et ce même avec un deuxième satellite - n'offre pas cette possibilité. En plaçant les deux satellites sur une diagonale, il est possible d'obtenir ce que le fabricant appelle le tracking à 360°, mais seulement sur une petite zone. Pour bénéficier d'un véritable Room Scaling, il faut de nouveau passer à la caisse en ajoutant un troisième satellite (vendu 80 euros l'unité), afin de trianguler correctement la zone. Afin de palier à cela, les développeurs d'I Expect You To Die ont intégré une fonction qui permet d'attraper les objets lointains grâce aux sticks. Pas franchement intuitif ni immersif, la mécanique a tendance à sortir quelque peu le joueur de l'univers en lui demandant une action contre nature.

A défaut de s'éclater sur ce titre, c'est vers SUPERHOT VR que la session a dérivé, et autant le dire tout de suite, on tient là un des plus beaux représentants pour le jeu en réalité virtuelle. Pour ceux qui prennent le train en route, SUPERHOT est à la base un FPS où le temps ne s'écoule que quand le joueur déplace son avatar, le tout servi par une direction artistique minimaliste. Si le concept de base était plutôt bon malgré sa courte durée de vie, cette mouture VR vient littéralement sublimer le concept. Tout d'abord, les développeurs n'ont pas fait qu'un simple portage mais bien adapté le titre aux contraintes de l'Oculus. Au lieu de progresser dans les niveaux, l'avatar se tient maintenant au centre de petite saynètes et le temps s'écoule à la faveur des mouvements des Touch. Saisir une bouteille pour la lancer à la trombine d'un adversaire va indubitablement faire avancer les deux barbouzes qui vous courent dans le dos et en plus de prévoir les déplacements de chaque ennemi, il faut être attentif à tout l'environnement.

La coordination entre la tête et les mains est primordiale et si le gameplay autorise de prendre son temps pour analyser la situation, on se prend vite au jeu d'enchaîner les mouvements digne d'un Neo, jonglant avec les armes tout en esquivant les balles. Un véritable pied qui se place sans sourciller dans le top des expériences (si ce n'est la meilleure) en réalité virtuelle jusqu'alors sorties.

ALORS ON RAQUE OU PAS ?

Quoi qu'il en soit, cette prise en main du Touch a permis de lever plusieurs voiles. D’abord, pour s’assurer que le périphérique fonctionne plutôt bien, mais reste en dépit de ses qualités en retrait par rapport au HTC Vive, principalement à cause de l'absence de Room Scaling de série. A tarif équivalent, l’offre du Vive est donc bien plus complète et c’est donc au niveau du line-up qu’Oculus tente de faire la différence. Exclusivité du catalogue Oculus, SUPERHOT VR est un très bon titre mais sa simple présence ne suffira pas à faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. La guerre que se livrent les deux gros représentants de la VR sur PC ne verra pas de gagnant à Noël, mais si la concurrence permet d’obtenir des titres de cette qualité, on en reprend facilement pour une année.

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