Avec zVault, Razer s'attaque à la monnaie virtuelle

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Avec zVault, Razer s'attaque à la monnaie virtuelle
07 Mars, 2017

Razer tente de jouer sur plusieurs tableaux et faire en sorte que sa nouvelle monnaie devienne la référence pour payer un jeu en ligne. L’objectif est d’attirer les joueurs et les éditeurs de jeux pour devenir la référence de l'échange monétaire dans le jeu.

L'appétit vient en mangeant. Avec Razer, le leader mondial des accessoires pour les joueurs, cette maxime prend tout son sens. Partie de la vente d'une souris ultra-précise en 2005, la "start-up" de 700 salariés a élargi petit à petit son catalogue et propose aujourd'hui des ordinateurs portables, des claviers, des logiciels, des webcams ou encore des accessoires en tous genres (réalité virtuelle, casques audio, projecteurs). Avec un mot d'ordre : continuer d'être la référence dans tout ce qui entoure le jeu vidéo sur PC.

Ce mardi 7 mars, Razer franchit une nouvelle étape et se lance dans la monnaie virtuelle. Son nom ? zVault, qui reprend le z de Razer et vault, pour coffre en anglais. Cette monnaie virtuelle est pour Razer une incursion dans les paiements en ligne pour les jeux vidéo, un marché éclaté sur quelques jeux aujourd'hui.

Une partie pour acheter, l'autre pour fidéliser

Concrètement, zVault se divise en deux types de "monnaie", le zGold et le zSilver (zOr et zArgent, en version française). Au début de la chaîne, tout joueur souhaitant acheter un jeu d'un des studios partenaires (Gamers Gate, par exemple) devra changer sa monnaie "réelle" en zGold. Les zGold n'ont qu'une utilité : faire rentrer de l'argent dans la machine gigantesque que Razer est en train de créer.

Les zSilver ont un mode de fonctionnement différent, plus proche de la carte de fidélité numérique. En effet, tout joueur qui utilise des services Razer, gratuits ou payants (tel Cortex ou Arena), recevra pour sa connexion des zSilver. Une connexion quotidienne sera récompensée. Selon les jeux, certaines quêtes, missions ou combats en ligne pourront également en rapporter. Enfin, une fois le jeu acheté avec des zGold, un joueur recevra le double des zGold dépensés en zSilver.

Les zSilver ont une autre utilité que les zGold. De fait, ils permettent d'obtenir des réductions ou d'acheter des produits Razer. L'entreprise américaine pousse ainsi à jouer pour permettre à ses adeptes d'acheter ses propres produits... pour le moment. Car l'ambition de Razer est de proposer d'autres produits que ceux de sa marque, allant même jusqu'à imaginer qu'un joueur pourra acheter une tasse de café avec des zSilver.

La monnaie virtuelle, vieille lubie du jeu vidéo

"Notre ambition est de donner plus aux joueurs pour leur argent", affirme Ian Lim, directeur à la division logicielle de Razer et responsable de zVault. "Nous voulons faire en sorte qu'ils se sentent spéciaux", ajoute-t-il.

Ce genre de monnaie virtuelle n'est pas nouveau dans le jeu vidéo. Dès le début des années 2000, le jeu Second Life avait été un pionnier dans ce domaine en proposant ses "Linden dollars", une monnaie que l'on pouvait obtenir en dépensant de l'argent bien réel ou bien en vendant ce que l'on avait construit dans le jeu aux autres joueurs. Une pratique au bord de la légalité qui a assombri l'image du jeu. "Cette monnaie n'est pas légitime", estime Ian Lim.

Parfois, une monnaie virtuelle apparaît également sans l'assentiment explicite du créateur du jeu. Ainsi, un véritable marché des "CS skins", permettant de personnaliser ses armes dans le jeu Counter Strike - Global Offensive, s'est développé. Illégal mais lucratif, puisqu'il représentait en 2016, 5 milliards de dollars.

zVault, une monnaie captive

Pour zVault, Razer ne veut pas reproduire ces deux erreurs. Tant les zGold que les zSilver ne seront pas échangeables entre joueurs, et si les zGold permettent d'acheter un jeu, ils ne permettent pas d'acheter un produit physique. À l'inverse, les zSilver ne peuvent pas être utilisés pour autre chose qu'un des produits approuvé par Razer. Contrairement aux Linden dollars, les zGold et zSilver sont donc des monnaies captives.

Razer va même plus loin que les exemples existant et poursuit un objectif assez fou : dominer un secteur fragmenté en le rendant unique, autour de sa marque. "Nous ne sommes pas des éditeurs de jeu, nous sommes neutres là-dedans", estime ainsi Ian Lim. En s'assurant que les zGold ne soient pas réutilisés dans la vie réelle, Razer s'évite aussi les complications légales. Quasi officiellement, l'objectif de Razer est qu'à l'avenir, lorsqu'un consommateur lambda voudra acheter un jeu vidéo, il aura le réflexe zGold.

Objectif : convaincre le maximum de studios

Pour cela, Razer doit s'assurer qu'un nombre conséquent de jeux utilisent son écosystème. Et pour s'assurer de convaincre des éditeurs de jeu, Razer a ouvert zVault en avant-première à des fans. Objectif : montrer par l'exemple qu'il y a une demande. Depuis le 10 janvier, l'entreprise a ouvert ce système à près de 770.000 joueurs, qui ont dépensé plus en moyenne qu'un joueur lambda sur la même période. De quoi convaincre des studios au départ prudents, qui se sont rapidement ralliés à l'idée.

Si aujourd'hui, seuls quelques jeux sont achetables en zGold, notamment Resident Evil 7, For Honor ou encore Sniper Elite 4, d'autres devraient suivre prochainement. Surtout, pour convaincre plus largement les joueurs que le zVault n'est pas qu'une immense carte de fidélité inter-jeux, Razer devra s'ouvrir à d'autres produits que les siens. Selon Ian Lim, cette ouverture devrait intervenir d'ici à la fin de l'année.

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