Test de The Persistence sur PSVR

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Test de The Persistence sur PSVR
21 Août, 2018

Exclusif (temporairement) au PlayStation VR, The Persistence est le fruit du travail d'anciens du studio Liverpool de Sony, ex-Psygnosis, à qui l'on doit notamment WipEout. Prenant le pari de nous proposer un FPS d'infiltration, avec une tendance Rogue-liteen réalité virtuelle, les britanniques de Firesprite sont-ils parvenus à nous proposer une expérience rafraîchissante et réussie ?

 

The Persistence prend place dans un gigantesque vaisseau spatial éponyme, qui erre à proximité d'un trou noir, et dans lequel un indicent a transformé tous les habitants en zombies dégénérés. Tous, sauf vous, puisque vous, vous êtes mort. Et c'est un des systèmes défensifs du vaisseau, qui avec le peu d'énergie qui lui reste, vous choisit comme le candidat idéal pour un passage à la machine à cloner - et à ressusciter, au passage - afin de vous permettre de réparer tous les systèmes défaillants du vaisseau pour lui permettre de repartir, de s'en sortir (mais aussi de répandre l'infection au passage). C'est avec ce pitch de départ somme toute assez classique que l'on va donc découvrir les couloirs changeants du Persistence.

Dead Persistence

C'est avec des contrôles à la manette exclusivement, avec des commandes en mode "FPS" que se joue The Persistence. La rotation gauche-droite peut se faire de façon fluide, ou crénelée pour pour ceux qui seraient sensibles à la cinétose. Nos bras sont collés à notre tête, et ils suivent ses mouvement de façon assez mécanique, un peu comme dans DOOM VFR (joué au pad), et en face d'une machine - on vise du regard pour les actionner - ou quand on ramasse un item, ils se mettent à actionner les boutons et à bouger tout seul, ce qui est assez déstabilisant les premières fois, et nuit un peu l'immersion, même si cette dernière est au final assez réussie.

 

Les couloirs du Persistence sont sombres, les bruits inquiétants, et on se prend facilement  au jeu, en avançant à tâtons et sur la pointe des pieds, par peur de se faire surprendre. Même s'il faut bien le dire, à par un ou deux jumpscares, on frissonnera rarement pour peu qu'on soit déjà rompu à la pratique du jeu d'horreur, en VR ou pas.

 

The Persistence est, à la base, un pur jeu d'infiltration. Même en étant bien équipé, la mort peut arriver très vite, et il est de bon ton de préparer son entrée dans une salle, en analysant les forces ennemies en présence, et en essayant de les désarçonner plutôt que de les prendre de front. Pour cela, en plus de pouvoir s'accroupir, on va aussi disposer d'un téléporteur, classique pour de la VR, mais qui va ici plutôt servir à se faufiler de façon encore plus discrète, et de "tricher" un peu avec la difficulté du jeu et non à vraiment à bouger - même si quelques trophées vous mettent au défi de n'utiliser que ce mode de déplacement. On aura aussi accès à une ridicule lampe torche, et à un sonar autrement plus puissant et efficace, au point d'en faire un de nos fidèles allié : il permet de voir à travers les murs et marque en rouge toute menace potentielle proche !

 

Persistence Evil

En vue de répondre aux agressions, à la base, on ne dispose que d'un système de corps à corps pour se battre en mettant des coups avec son extracteur d'ADN, et d'un bouclier pour repousser les assaut ennemi si l'on a le bon timing. Ce sont les seuls outils toujours présents, et au final, ils poussent à prendre par surprise un par un les zombies de base, puisque pour les plus costauds, il faudra y aller un peu plus fort avec d'autres armes. En effet, il sera bien difficile de se débarrasser des sorcières, qui peuvent se matérialiser dans notre dos pour un oneshot fatal, ou des berserkers, armoires à glace peu discrètes et terrifiantes. Au total, peu d'ennemis différents sont au menu.

 

A contrario, l'arsenal se révèle assez varié : moult armes de corps à corps dévastatrices sont de la partie, mais aussi des armes à feu, allant de la mitraillette au harpon dévastateur et silencieux, sans oublier des grenades aux effets divers, ainsi qu'un outil bien pratique permettant de mettre de son côté n'importe quel ennemi pour peu que l'on arrive à le surprendre, et même un genre de gravity gun qui nous rappellera un peu Half-Life 2, mais pour lequel il faudra véritablement headbanger de haut en bas pour frapper ses adversaires au plafond et au sol : l'idée est fraîche, mais attention au mouvements du casque sur sa tête !

The Persistence : Isolation

Pour récupérer toutes ces armes, on pourra fouiner dans les niveaux, mais aussi utiliser des machines de fabrication en échange de ressources, qui utilisent un cooldown pour ne pas nous permettre de se créer plus d'un objet à la fois. Et comme nous sommes bel et bien en présence d'un Rogue-lite, on repart à zéro à chaque mort, on perd tous ces accessoires si difficilement collectés - mais on garde tout de même tout l'ADN et les ressources collectées. Et on peut s'en servir améliorer les statistiques de base de son personnage, pour qu'il ait plus de vie, qu'il soit plus discret, qu'il tape plus fort et dispose de plus d'énergie pour les pouvoirs.

 

On peut aussi améliorer son armure en collectant des schémas de fabrication, pour se téléporter plus loin, ou encore avoir un meilleur sonar. Et on peut enfin aussi upgrader les armes, pour leur faire gagner en efficacité et en munitions, histoire de ne pas trop avoir le sentiment assez frustrant de repartir de rien à chaque fois. On pourra même retrouver les cadavres d'autres membres d'équipage et entrer dans leur peau après une nouvelle mort, pour bénéficier de quelques petits bonus selon le corps utilisé. Car oui, vous allez mourir très souvent !

 

Et ce sentiment que notre progression ne tient à pas grand chose est exacerbé par le fait que le jeu soit entièrement procédural ! Composé de quatre niveaux, avec chacun son style (même si on reste dans une station spatiale, hein), le jeu fait appel à une génération aléatoire à chaque passage, comme dans n'importe quel autre Rogue-lite ! Pour s'y retrouver, il faudra regarder la carte, qui n'est visible dans aucun élément du HUD, seulement sur certains murs. Il faut rester devant pour choisir son chemin, placer un repère, et faire ensuite bien attention à ne pas s'égarer !

 

De plus, même si l'on arrive au quatrième niveau, il faudra tout de même repartir du troisième, arriver au quatrième et enfin pourvoir se farcir ce dernier. Cette petite pirouette de gameplay pourrait paraître plutôt restrictive et contraignante, mais en fait, elle nous force à se refaire un petit stuff avant d'aller affronter les difficultés supérieures, ce dont a bien besoin, The Persistence étant particulièrement retors et punitif.

The PersiistenceU

L'expérience de Firesprite se révèle d'autant plus méchante que, parfois, elle joue avec nos nerfs en plaçant un des ennemis les plus puissants dès la première salle ! Ce qui reste assez rageant quand on vient de mourir et que l'on n'a plus rien sur nous... De plus, il faut vraiment faire attention à son chemin puisque le jeu propose de nombreuses routes facultatives, avec de grands périls, comme des combats d'arène ou il vaut mieux être bien équipé, mais avec de gros loots à la clef.

 

Et si jamais vous avez un ami et une tablette sous la main, vous pourrez bénéficier d'un mode à deux joueurs grâce à une application à télécharger. Et un peu comme dans ZombiU, mais en plus coopératif : le joueur avec le casque sur la tête perd tout accès à la carte du jeu, et seul le celui sur la tablette la verra, et il pourra, en gagnant des points quand le joueur VR ramasse des objets, obtenir divers pouvoirs capables de ralentir ou distraire un ennemi.

 

Mais attention à ne pas lui faire trop confiance non plus, puisque s'il le désire, pour gagner son tour de réalité virtuelle plus vite, le joueur tablette pourrait bien précipiter la chute du joueur VR en lui mettant des bâtons dans les roues. Fausses indications, lumières éteintes, et autres filouteries sont au programme... Le jeu étant déjà assez difficile quand on y s'y adonne seul, il devient presque impossible quand on a un adversaire de plus sur son canapé...

 

Niveau technique, il n'y a rien à dire, le jeu est convaincant sur PS4 Pro et reste dans la norme des autres jeux VR. Le tout bénéficie de doublages anglais et de sous titres français, très bien incrustés. Comptez une bonne dizaine d'heures pour le finir, et plus encore si vous êtes trop téméraire et que vous foncez tête baissée dans le décor. Toutes les morts que vous allez subir suscitent bien entendu un certain sentiment de frustration, mais aussi un goût de « reviens-y » puisque l'on sent toujours le challenge à notre portée... Malgré ce bilan final réussi, mais pas au niveau d'un Lone Echo ou d'un Resident Evil 7The Persistence se présente comme l'un des meilleurs jeux VR de cette année 2018.

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