Test : Arktika. 1 tient ses promesses

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Test : Arktika. 1 tient ses promesses
23 Octobre, 2017

Il faut croire que les ukrainiens de 4A Games ont une vraie inclination pour les univers post-apocalyptiques.

Après avoir développé les très réussis Metro 2033 et Last Light, le studio s'est frotté à la VR en mettant au monde Arktika.1, shooter à destination exclusive de l'Oculus Rift.

 

4A Games s'en tient à ce qu'il sait faire de mieux en termes d'univers. L'action du jeu se déroule 80 ans après notre ère et prend place dans un monde où le réchauffement climatique a laissé place à une ère glacière. L'humanité est désormais divisée en petits groupes qui tentent de survivre dans des terres dévastées et s'efforcent de se ravitailler dans les zones prisées par des bandits et des créatures cauchemardesques baptisées Yaga.

 

Vous êtes, de votre côté, un mercenaire chargé de défendre la base Arktika 1 et aurez pour mission d'enchaîner plusieurs missions pour le compte de Viktoria, qui sera la principale narratrice d'une histoire qui, il faut le reconnaître, n'est pas franchement originale ni palpitante à suivre. Mais qu'importe, car Arktika.1 a de nombreux autres arguments pour vous faire passer un excellent moment.

Comme nous vous le disions un peu plus haut, le titre de 4A Games vous demandera d'enchaîner des missions, chacune étant récupérable dans un centre de commandement. Ce dernier a pour particularité de vous proposer une section « armurerie » dans laquelle vous pourrez acheter différentes armes, mais aussi y assigner des accessoires, chose pour l'heure un peu trop rare dans les shooters en réalité virtuelle.

 

Sans être complètement exhaustif, Artika.1 présente tout de même un panel généreux d'armes de poing (uniquement) et d'options de customistaion. Viseur holo, lampe torche, aide à la visée sont autant de choix qui s'offrent à vous et pour lesquels vous pourrez opter une fois suffisamment d'argent engrangé après l'accomplissement de vos missions.

 

Côté armement, Artika.1 propose une dizaine de revolvers, des plus simples aux plus élaborés, l'un d'entre eux étant par exemple assorti de la possibilité de tirer des projectiles contournant les obstacles. Toutefois, si les choix sont relativement nombreux, sachez que vous pouvez parfaitement finir l'aventure avec les deux armes par défaut.

DES GUNFIGHTS NERVEUX EN DÉPIT D'UNE MOBILITÉ RÉDUITE

Une fois votre matériel customisé et sélectionné, il est temps pour vous de partir à l'aventure qui sait marier gunfights intenses, moments d'accalmie et qui distille aussi par petites touches des éléments d'horreur.

Avant d'aller plus loin, autant aborder le point qui fâche, à savoir celui des déplacements. Arktika.1 n'offre pas de mobilité libre, et les zones que vous traverserez le seront à grands coups de téléportation. Lors de votre entrée dans une zone, des silhouettes à votre effigie et orientées vers une direction précise se matérialisent de part et d'autre de la pièce. Il suffit alors de regarder dans la direction de l'une d'entre elles et de presser une touche pour s'y téléporter.

 

Si les points de déplacement sont plutôt habilement répartis, sachez que la téléportation a pour conséquence de recentrer la caméra dans la direction du regard de la silhouette, ce qui peut parfois créer une légère désorientation au cours du combat et vous faire perdre l'espace d'un instant le fil de l'action. Un peu perturbant au début, l'ensemble se révèle néanmoins très intuitif et agréable à l'usage.

Nous pourrions grossièrement comparer Artika.1 à une sorte de Time Crisis en mode largement amélioré. Des vagues d'ennemis viendront régulièrement à votre rencontre, et vous aurez pour but de les envoyer rapidement ad patres. 

 

Côté « bestiaire », le titre fait moins que le minimum syndical et ne propose que 3 ou 4 catégories d'adversaires différents: troufion de base, tank, sniper et drone seront ainsi les seuls ennemis que vous croiserez, en plus des Yaga, faisant furieusement penser aux créatures issues du folklore de la saga Metro. Toutefois, s'il est normal de pester un peu contre ce manque de diversité, c'est bien là la seule paresse de 4A Games qui a produit un énorme boulot, autant sur le feeling des affrontements que sur la diversité des situations.

Côté combat, autant dire que les sensations sont excellentes. L'intégration des Oculus Touch est impeccable et la détection de la position de votre corps fait preuve d'une grande précision. Il devient donc très rapidement naturel de s'accroupir derrière un couvert et d'arroser tout ce qui bouge en se contentant de dresser la tête, pour se précipiter vers un autre point de téléportation afin de s'incliner derrière un mur pour esquiver les balles qui fusent de toutes parts.

 

En somme les gunfights sont grisants, et même s'il faut reconnaître qu'en mode de difficulté intermédiaire, la mort ne viendra pas souvent vous faucher, le sentiment d'être un mercenaire totalement rompu au maniement des armes est plus qu'agréable.

DU BON USAGE DE LA RÉALITÉ VIRTUELLE

Si les phases d'affrontement savent se faire haletantes, Arktika.1 les entrecoupe de sessions plus calmes, la plupart vous demandant d'interagir avec votre environnement pour progresser. S'il existe bien deux ou trois petites énigmes demandant de trouver puis d'activer un code, d'autres seront un peu plus élaborées et demanderont plusieurs manipulations pour progresser. Si, bien entendu, il ne faut pas s'attendre à porter votre matière grise à ébullition, l'intégration et la variété des interactions renforcent largement l'immersion du joueur qui fait vraiment corps avec son environnementet qui finalement, a de moins en moins l'impression d'être sur des rails.

 

Cette diversité de gameplay fait écho a celle des environnements façonnés avec soin par les artistes de 4A Games, qui alternent zones immenses et confinées, bâtiment modernes et sous-sols poisseux propres à saupoudrer l'aventure de quelques jump scares qui font mouche, immersion réussie en réalité virtuelle oblige. Mais au-delà de la diversité, c'est aussi techniquement qu'Arktika.1 impressionne. L'affichage est fin, et les effets de lumière sont franchement jolis, atteignant un niveau de qualité ayant peu d'équivalents en réalité virtuelle, sans jamais sacrifier la fluidité de l'action.

Arktika.1 pèche en revanche par certains points. Outre le manque de variété des ennemis rencontrés, on pourrait lui reprocher aussi son relatif manque de mobilité. Effectivement, l'action ne se déroule pas vraiment à 360°, mais à 180. S'il est naturellement possible de se retourner pour voir ce qui est affiché dans votre dos, soyez certains qu'il ne s'y passera jamais rien, l'ensemble de l'action étant systématiquement devant vos yeux, ou légèrement sur le côté.

 

Par ailleurs, le scénario assez bateau ne procure pas de vrai sentiment d'implication chez le joueur, qui se contente bêtement d'enchaîner les missions, alors que nous aurions aimé que les qualités du jeu soient aussi au service d'une dimension narrative poussée. Pas de quoi, en revanche, perturber le plaisir pris à parcourir les 5 grosses heures du jeu.

LES NOTES

+ Points positifs

. Très beau

. Combats précis et dynamiques

. Bon équilibre entre combats et énigmes

. Les petites séquences d'effroi qui font mouche

. La customisation des armes

. Durée de vie convenable pour un jeu VR

 

- Points négatifs

. Scénario en retrait

. En anglais uniquement

. Mobilité réduite (téléportation sur des zones fixes)

. L'action trop centrée sur ce qui vous fait face, et pas dans votre dos

 

Arktika.1 est typiquement le genre de jeu qui rendra les possesseurs d'Oculus Rift fiers d'avoir investi dans du matériel de réalité virtuelle. Franchement beau, dynamique et varié, le titre de 4A Games pèche certes par la mobilité réduite qu'il offre et par son scénario un peu faiblard, mais compense ces défauts en multipliant les bonnes idées pour faire de ce shooter une expérience rythmée, qui sait varier les plaisirs pour ne jamais lasser le joueur. Une très bonne pioche, donc.

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