Tech africaine : Rangi est un jeu VR 100% marocain

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Tech africaine : Rangi est un jeu VR 100% marocain
09 Août, 2017

Rangi est le premier jeu en réalité virtuelle 100% marocain, conçu par la société Funsoft. Lancé pour les Samsung Gear VR et les Oculus Rift, le jeu est une expérience authentique qui met en avant la culture africaine. Depuis la semaine dernière, il figure officiellement sur Daydream, la plateforme développée par Google. Interview avec Hatim Bensaïd, fondateur de Funsoft.

 

Lancé en janvier 2017, Rangi est un jeu dont les racines sont fermement incrustées en Afrique, et plus précisément au Maroc. Conçu par la société Funsoft, le jeu a été un succès dans la communauté des jeux en réalité virtuelle (VR). Il a été mis à disposition des joueurs grâce à des partenariats avec Oculus Rift et Samsung Gear VR. Reconnu pour son authenticité, Rangi permet au joueur de découvrir la culture, la musique et l’histoire africaine avec des puzzles et des énigmes. Un mélange entre Indiana Jones et les chamans africains.

 

Hatim Bensaïd, PDG de Funsoft et membre de l'équipe qui a créé Rangi, revient pour Yabiladi sur le projet derrière ce jeu, la création de Funsoft et les jeux en réalité augmentée au Maroc.

 

Yabiladi : Parlez-nous d’abord de votre parcours personnel

Hatim Bensaïd : Je suis informaticien de formation. J'ai étudié à l'Université McGill au Canada. Lorsque j'ai fondé Funsoft, mon objectif était de tester le secteur du jeu et de mettre en pratique ce que j'ai étudié. Au Canada, j'ai collaboré avec un de mes amis, qui était aussi mon partenaire. Nous avons travaillé sur le développement de deux jeux. Par la suite, nous avons travaillé avec une société publicitaire spécialisée dans les jeux vidéo. Grâce à cette expérience, j'ai appris comment fonctionne le monde du jeu et j'ai acquis de l’expertise sur le terrain. Pour nous, ça a été facile de créer un jeu et de le développer, mais la vente a été particulièrement difficile.

 

Quand avez-vous déménagé à Casablanca ?

J'ai travaillé dans le marketing et la publicité des jeux vidéo au Canada de 2007 à 2010. Je suis rentré à Casablanca en 2010 et j’ai continué à travailler dans le même domaine pendant trois ans. En 2014, j'ai décidé de travailler à nouveau sur des jeux. C’est une activité qui me plaît. J'ai donc fondé Funsoft.

 

Au début, nous avions fait quelque chose de semblable au journalisme. On avait un site web sur lequel on publiait des critiques sur les jeux vidéo et les actualités des jeux dans le monde. Baptisé MMO-PLAY.com, le site existe toujours.

 

Nous avons surtout écrit en anglais puisque le jargon du secteur repose sur cette langue. 

Hatim Bensaïd (en chemise bleu ciel), fondateur de Funsoft avec sa team. / Ph. Gamesauce

Qu'en est-il de Rangi ? Quand a-t-il été créé ?

Pendant un an, nous avons décidé de réfléchir sérieusement au développement d'un jeu. Nous avons commencé par un jeu de téléphones mobiles sur lequel nous travaillons toujours car il s'agit d'un projet à long terme. En juin 2016, on m'a proposé un prototype de jeu en réalité virtuelle. Lorsque nous l’avons consulté, nous avons cru en son potentiel et avons aimé l'idée. Notre objectif était de développer le jeu et de le porter au prochain niveau, c’est-à-dire la vente. Nous avons commencé alors que nous n’étions que quatre. Trois mois plus tard, nous avons renforcé l'équipe. En octobre 2016, nous étions déjà huit.

 

Nous avons lancé la première version de Rangi en janvier avec Samsung Gear. Nous avons également travaillé avec Oculus Rift. Ils ont vu notre jeu et l'ont aimé.

 

Rangi a également été exposé à New York lors du lancement de Sumsung Galaxy S8 et du nouveau Gear VR. C'était l'un des premiers jeux à participer à l'événement. Nous avons collaboré avec la firme sud-coréenne pour adapter le jeu à son casque de réalité virtuelle. En conséquence, notre partenariat avec Oculus a été renforcé et ils ont commencé à accorder plus d'attention à notre projet.

 

Avez-vous reçu des réponses positives après le lancement de Rangi ?

Nous avons effectivement reçu beaucoup de réponses positives. Le marché de la réalité virtuelle est petit. Même s’il n’est pas encore développé, le secteur a beaucoup de potentiel. Mais les dispositifs utilisés dans ces jeux sont coûteux et la technologie n'est pas considérée comme dominante.

 

Nous avons lu partout que ce jeu représente la culture africaine. Est-ce vrai ?

Absolument. Le jeu est destiné à représenter l’Afrique. En tant que développeurs africains, nous avons conçu le jeu d’une manière à mettre en avant la culture du continent. Nous avons souligné l'originalité et la richesse de notre culture pour créer une expérience différente et unique. Les gens l'apprécient parce qu’il ne ressemble pas à ce qui existe déjà. Nous avons travaillé sur les graphismes et la musique. Nous voulions un rendu authentique.

 

Comment le décririez-vous ?

C'est un jeu aventureux où le héros, Rangi, est prêt à résoudre des énigmes. C’est une sorte de chaman africain qui découvre et collecte des objets et des trésors. On peut aussi l'appeler Indiana Jones.

 

Quels sont les projets de Funsoft et de l'équipe de Rangi ?

Nous avons commencé à travailler sur le développement d'une autre version de Rangi qui pourrait être jouée sur les ordinateurs. Nous sommes également au milieu du processus du lancement du jeu sur les PlayStation. Il y a deux semaines, nous avons réussi à introduire Rangi sur la plateforme DayDream de Google, ce qui est très positif.

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