VR_I : plongée dans le mouvement en VR à Genève

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VR_I : plongée dans le mouvement en VR à Genève
03 Octobre, 2017

Le chorégraphe Gilles Jobin propose avec VR_I une immersion virtuelle dans la danse. Sidérante expérience à vivre bientôt au Théâtre Forum Meyrin.

 

«Je compare souvent l’expérience à la plongée sous-marine», explique Gilles Jobin dans son studio genevois de la Coulouvrenière. Ce jour-là, nous sommes cinq à vivre cette immersion inédite dans le monde de la danse. Le dispositif conçu par les Genevois d’Artanim n’est pas prévu pour davantage de participant-e-s. On harnache un sac à dos qui contient un ordi et déterminera notre avatar (femme, homme, Noir, Blanc, etc.), avant d’enfiler des marqueurs sur ses baskets et sur le revers de la main, puis de mettre un casque sur les oreilles.

En chaussant des lunettes de réalité virtuelle, on est vite propulsé dans un univers en mouvement permanent. La première impression est celle d’un fond marin, au milieu de rochers sombres. La lumière jaillit ensuite, l’horizon se dégage et l’on atterrit au cœur de l’Arizona sous un ciel azuré qui s’étend à perte de vue.

 

Là, des géants en justaucorps vont et viennent autour de nous. On reconnaît les traits de Gilles Jobin ou de Susana Panadés Diaz. D’autres interprètes (Victoria Chiu, Diya Naidu et Tidiani N’Diaye) complètent le tableau. Tout bouge autour de soi, les danseurs d’une part, mais aussi les décors qui se montent et redémontent au-dessus de nos têtes.

 

La danse est partout

Ce qui frappe avant tout, c’est ce jeux d’échelle voulu par le danseur et chorégraphe, par lequel on se croit devenu poussière vivante ou miniature, observant des créatures gigantissimes évoluer tout en souplesse autour de nous. Sensation inouïe, qui s’inverse un peu plus tard lorsque les danseurs eux-mêmes deviennent des petites figurines chorégraphiques de trois centimètres de haut.

 

Les toiles de fond se multiplient, tantôt dans un musée où la célèbre ronde de danseurs de Matisse trône sur un pan de mur. La danse est partout, dans une salle à l’étage où un couple virevolte à droite de l’image. Tout va vite et l’on est absorbé par les images mouvantes qui nous propulsent ensuite dans les parcs des villes habités par ces mêmes danseuses et danseurs, et d’autres encore.

 

Positionné à l’intérieur d’un rectangle d’environ 40 m2 (8 m par 5 m), on se déplace soi-même à sa guise au milieu des quatre autres avatars ou coéquipiers de voyage, sous l’œil de seize caméras infrarouge. «On est réellement immergé dans un espace virtuel», avait prévenu Gilles Jobin. Pas de doute, le dépaysement est total, pour autant que l’on reste dans le périmètre délimité au sol par une bande blanche, en l’occurrence pour votre chroniqueuse sous l’apparence d’un homme blanc en jean et pull rouille. L’expérience, sidérante, est inoubliable.

 

L’infiniment petit

Gilles Jobin avait déjà travaillé sur l’infiniment petit, en résidence au CERN il y a quelques années. Depuis, il poursuit ses recherches sur la réalité virtuelle, intégrant des pans d’animation 3D dans ses pièces. VR_I, sa nouvelle échappée virtuelle présentée en avant-première à Montréal cette semaine, est en quelque sorte le prolongement de son duo FORÇA FORTE avec Susa Panadés Diaz, qui nous immergeait tantôt dans des déserts arides par la vidéo, tantôt dans l’espace sidéral par les images en 3D.

 

Entre-temps, il s’est aussi essayé au cinéma avec Womb, son film de danse en stéréoscopie (3D) créé l’an passé (à revoir aussi au Théâtre Forum Meyrin). De quoi faire bouger réellement – ou virtuellement – les lignes en danse contemporaine. 

 

Du 12 au 15 octobre, le 12 de 18h à 20h; le 13 de 18h à 20h et de 21h45 à 22h45; le 14 de 14h à 16h20 et de 17h50 à 20h, le 15 de 11h à 14h et de 16h à 17h30, Théâtre Forum Meyrin (GE), www.forum-meyrin.ch; 25-29 octobre, HeK-Maison des arts électroniques, Bâle; puis en avril
et en mai à L’Arsenic de Lausanne.

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