SexTech : Dorcel Lab, l'incubateur lancé par "le pionnier de la luxure"

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SexTech : Dorcel Lab, l'incubateur lancé par "le pionnier de la luxure"
27 Mai, 2017

Avec son incubateur de startups Dorcel Lab, la marque de contenus pour adultes Marc Dorcel veut contribuer à l'émergence de jeunes pousses de la SexTech en facilitant leur développement et leur financement. Dorcel Lab accompagnera 5 projets par an, de services ou de produits innovants, et visant à optimiser le plaisir. Porn it Yourself, sorte "d' Airbnb  du porno".

« L'innovation au service du plaisir grâce au premier in"cul"bateur mondial ». Marc Dorcel, le producteur et distributeur de contenus érotiques et "X" a le sens de la formule ! Et pour garder un coup d'avance, le leader français de l'industrie du X a l'habitude des initiatives culottées. Déjà pionnier en matière de films en 3D, Marc Dorcel, qui a aussi ajouté la réalité virtuelle à son offre de VOD, a toujours investi dans la recherche et développement et fait le pari de la technologie. Il était donc logique, à l'instar de bon nombre de groupes des médias, dont TF1 et M6, qu'il s'intéresse au  monde des startups. Notamment à celles de la SexTech, et à leurs projets les plus osés.

C'est à l'occasion du SexTechLab, le premier hackaton du sexe organisé le week-end dernier à l'école 42 par l'association ADN Startup Paris et qu'elle finance pour moitié, que la société a lancé le Dorcel Lab. Cet incubateur, dédié aux startups en phase d'amorçage, fournira le support et la connaissance des équipes de la marque Dorcel, y compris si besoin, un accès facilité aux contenus, via une plate-forme pour les développeurs.

Le Dorcel Lab se donne pour mission d'identifier les projets innovants du secteur de l'industrie pour adultes et d'en faciliter le développement. La structure, qui vise à héberger, financer et accompagner cinq porteurs de projets par an, a déjà reçu en une semaine, sur son site lab.dorcel.com, près de 25 projets, liés au web, aux services et produits innovants ou à la technologie. Trois projets sont déjà identifiés, mais c'est au SexTechLab, que le Dorcel Lab a déniché  sa première jeune pousse, Porn It Yourself. Présenté comme un « Airbnb du porno », Porn it yourself entend mettre en relation des couples désireux de réaliser une vidéo pour leur usage personnel et des équipes de tournage de films.

Difficulté d'accès au financement et « fausse pudeur »

Pour l'entreprise, qui indique ne pas avoir d'enveloppe pré-fixée et qu'elle investira selon les besoins en financement des projets, cette initiative a d'abord pour objectif de faire émerger des services et des produits divers (sextoys, lingerie, e-commerce...). Pas forcément liés à l'activité de Marc Dorcel en termes de contenus et de distribution, ils seront plus largement destinés à enrichir encore l'expérience de consommation de produits sexy.

« Nous regarderons toute innovation à partir du moment où elle contribue à optimiser le plaisir, et pas dans l'optique de la techno pour la techno. Certains projets n'auront pas besoin de financement mais plus d'un accompagnement en termes de savoir-faire", assure Grégory Dorcel (photo ci-dessous), directeur général de Marc Dorcel. "Marc Dorcel est devenu un groupe solide et reconnu. Il nous est donc apparu naturel de soutenir les projets de startups qui seront sans doute les leaders de demain. »

Pour le fils du fondateur de la marque, les activités « roses » ont largement participé aux développements des nouvelles technologies, qu'il s'agisse du Minitel, du Web ou  de la réalité virtuelle... « Néanmoins, ces projets, parfaitement légaux, se voient refuser tout financement par les organismes bancaires ou les fonds d'investissement par fausse pudeur », regrette-t-il.

Demain des hologrammes

L'entreprise du X qui réalise  plus de 70% de son chiffre d'affaires (35 millions d'euros en 2016) dans le digital, a déjà investi au cas par cas dans de jeunes pousses aux projets connexes. C'est le cas de Uplust, le 1er réseau social non censuré pour adultes dans lequel Marc Dorcel a injecté 150.000 euros et pris une participation minoritaire. Le Dorcel Lab, qui ne vise pas systématiquement une entrée au capital, va donc lui permettre de passer la vitesse supérieure et, parallèlement, d'aider un secteur où entreprendre dans le sexe n'est pas une mince affaire. Malgré la demande !

Au SexTechLab, où ont été proposés des outils et des technologies pour répondre à diverses problématiques liées au sexe et à la sexualité, la startup bretonne B-Sensory a expliqué le mal qu'elle a eu à financer la commercialisation de Little Bird, son application de littérature érotique associée à un sextoy. Cela en dépit d'un prix de l'innovation au CES en 2016.  Elle s'est aussi faite blackboulée du dernier concours Lépine.

« Les projets que le Dorcel Lab accompagnera ne seront pas forcément liés à notre activité mais complémentaires et doivent pouvoir vivre seuls par eux-mêmes. Il est nécessaire pour notre industrie d'innover, d'amener de nouvelles ressources  », ajoute Grégory Dorcel, qui veut soutenir cet écosystème.

L'incubateur pourra aussi lancer des appels à projets sur des problématiques données. Et pourquoi pas demain sur les hologrammes 3D, la future technologie sur laquelle se penche justement la marque Marc Dorcel. La réalité virtuelle laisse en effet peu de place aux sensations et au toucher. A l'heure de la concurrence gratuite sur le Net, l'innovation dans le X est aussi un facteur de valeur ajoutée pour les contenus payants.

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