Procès Oculus: Les plaidoiries finales devant le jury !

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Procès Oculus: Les plaidoiries finales devant le jury !
28 Janvier, 2017

"S'ils pouvaient le construire, pourquoi l'ont-ils acheté ?"

Cette phrase était véritablement la rengaine de l'avocat de Zenimax, Anthony Sammi, lors des plaidoiries de ce jour devant le jury. L'avocat représentant la société demanderesse Zenimax, derrière id Software et Bethesda, a demandé au jury de Dallas de se prononcer contre Facebook et de la condamner au paiement de la somme de 2 milliards $ en compensation de la perte financière, ainsi qu'à la somme de 2 milliards $ de dommages-intérêts supplémentaires. 4 milliards de $ !!!

Beth Wilkinson, l'avocate d'Oculus, a fait valoir quant à elle devant le même jury que ce procès de plusieurs milliards de dollars a été uniquement généré par la rancoeur, la jalousie et la colère, mais en aucune manière par des faits contre ZeniMax.

Après trois semaines de procès, les deux plaignants et la défense ont enfin pu procéder à leur plaidoirie de clôture. Leurs arguments ont servi à mieux cerner ce que le jury devra examiner afin qu'il puisse rendre sa décision dans le procès qui atteint maintenant 4 milliards $, et portant sur la technologie qui a été développée derrière le casque Oculus Rift.

"S'ils pouvaient le construire, pourquoi l'ont-ils acheté ?"

«Nous sommes ici parce que les accusés ont volé quelque chose de très précieux", a déclaré Sammi au jury, qualifiant cela de hold-up. Il a totalement rejeté l'argument qui lui avait été opposé, à savoir que Palmer Luckey, co-fondateur d'Oculus, aurait développé le Rift lui-même. Au lieu de cela, Sammi a indiqué que seul John Carmack, co-fondateur d'id-software, a joué un grand rôle.

Sa plaidoirie axée sur Carmack repose sur le fait que ce dernier, selon lui, était l'élément fondamental du succès d'Oculus. Palmer Luckey n'étant qu'un amateur, L'avocat se fonde sur des e-mails échangés entre les ingénieurs d'Oculus et Carmack, pour arriver à la conclusion que la contribution de Carmack a été essentielle dans le développement et le succès du casque Rift.

Sammi a continué à mettre en avant l'idée que si les informations nécessaires pour rendre cette réalité virtuelle viable étaient disponibles dans les bibliothèques et les ressources en ligne, beaucoup d'autres entreprises aurait alors fait la même chose. Mais ce n'est pas le cas. Il en conclut que la fonctionnalité finale du code Oculus devait bien venir de quelque part - et ce quelque part, c'est justement la technologie développée par Carmack et ZeniMax avec le  Rage  testbed VR et  Doom 3 BFG édition , en violation de l'accord de confidentialité que Luckey avait signé .

L'avocat a également rappelé le témoignage de l'expert judiciaire Andrew Rosen. Les données des ordinateurs avaient été effacées, et pour certaines seulement trois minutes avant d'être mis sous scellés pour ce procès l'année dernière après un message des avocats d'Oculus. Il a également été trouvé des mails de Brendan Iribe, co-fondateur d'Oculus, demandant de ne plus utiliser les e-mails car ils sont «permanents», ainsi que ses mails avec Mark Zuckenberg, le PDG de Facebook - ce qui, a dit Sammi, démontre la collusion et la destruction ou la dissimulation de preuves et, dans le cas de Zuckenberg, sa négligence dans la conclusion d'un contrat de plusieurs milliards de dollars en trois jours, sans même avoir fait un audit juridique qui aurait permis de constater l'existence de la clause de confidentialité.

"Ils sont jaloux, ils sont en colère, et ils sont gênés."

L'avocat de ZeniMax a listé les préjudices subis. Il a donné ses chiffres - selon divers calculs de l'expert Daniel Jackson - allant de 1,33 milliard $ à 2 milliards $ de dommages et intérêts. Sammi a également formé une demande sur le préjudice financier, pour les mêmes sommes, ce qui porte l'ensemble à un montant total de 4 milliards $. Il a argué de la valeur nette comptable de Facebook  qui justifie des dommages et intérêts plus élevés.

Puis Wilkinson, l'avocate d'Oculus, a pris la parole, et a fait valoir tout aussi fortement ses arguments. Son début de plaidoirie a été un appel à la décence du jury, accusant ZeniMax de vouloir rabaisser les accusés et leurs témoignages. "Ils sont jaloux, ils sont en colère, et ils sont gênés", dit-elle, en continuant à citer les plaignants qui avaient qualifié les accusés durant le procès, de bande de "clowns", et l'équipe du Rift comme «stupide».

D'ailleurs, Wilkinson a fait valoir, que ZeniMax n'avait jamais souhaité véritablement continuer sur le terrain de la réalité virtuelle et avait de plus omis de faire une demande en temps opportun quant à l'utilisation de sa technologie. Elle a rappelé que Robert Altman, PDG de ZeniMax, à propos des jeux AAA, avait adopté une «stratégie étroite», et n'avait jamais reconnu la VR comme une techonologie commercialement viable sur le marché du jeu. Plus particulièrement, elle cite un e-mail d'Altman de Novembre 2013, où il confirme que les tentatives pour passer à la VR auprès des consommateurs avaient échoué, et que cette technologie était douteuse.

Pourtant ZeniMax, selon la défense, connaissait tout le travail fait par Oculus depuis le début. Dès Janvier 2013, un email de Carmack a exhorté ZeniMax pour prendre le virage de la vague VR imminente. Mais ZeniMax a demandé à Carmack de se concentrer plutôt sur  Doom 4 . Le président de Bethesda, Vlatko Andonov, a également envoyé un email indiquant que le projet Oculus pourrait échouer.

Sur les deux membres du personnel de ZeniMax que les demandeurs ont appelés à la barre, ni Altman ni Tim Willits, Directeur Créatif chez Id-Software, n'étaient des experts de la VR. Willits, en fait, a déclaré qu'il n'a pas écrit une seule ligne de code pour id Software, et Altman a proclamé: «Je ne suis pas un technicien." Cela a permit à Wilkinson de demander au jury de bien peser la crédibilité des témoins, y compris les témoignages souvent troubles des experts informatiques David Dobkin et Michael Gleicher missionnés par Zenimax.

La défense a conclu avec un ensemble précis de réponses aux allégations de ZeniMax. L'expert Barbara Frederiksen-Croix n'a trouvé aucune preuve d'une quelconque copie dans le code Oculus. Carmack et Hollenshead on déclaré qu'Oculus n'a jamais obtenu le code source réel, que ce soit celui de Rage VR ou  Doom 3 BFG édition. Les ingénieurs d'Oculus ont déclaré qu'ils n'avaient jamais vu le code source de Carmack, et ont confirmé que leur code a été élaboré de manière indépendante. Et que chaque composant (comme la correction de l' aberration chromatique, la tête et la modélisation) était déjà publics, connus, et avaient déjà été utilisés en différentes solutions par l'industrie.

Le jury devrait délibérer la semaine prochaine avant de donner une décision.

Le procès a débuté plus tôt ce mois-ci avec le témoignage d'un certain nombre d'experts et des personnes directement impliquées, comme Carmak, Zuckerberg et les co-fondateurs d'Oculus, Iribe et Luckey.

La semaine dernière, Iribe témoignait de la manière dont les pourparlers entre ZeniMax et Oculus avaient échoué. À un moment, Iribe déclare sous serment que le président de Bethesda Softworks a traité l'équipe d'Oculus «d'enfants» et a menacé de faire arrêter Carmack si Oculus ne signait pas un accord de partenariat. L'accord aurait accordé à ZeniMax une participation de 15 pour cent au sein d'Oculus.

Plus tôt dans la semaine, Palmer Luckey, a témoigné au cours de ce qui était sa première apparition publique depuis son scandale en Septembre 2016 lié à son financement secret d'un groupe non officiel de soutien à Donald Trump. Ce jour-là, la question du Tribunal était de savoir si Luckey était capable de créer l'Oculus Rift seul, sans l'aide de Carmack.

Au cours de sa journée au tribunal, Zuckerberg quant à lui, a été passé au grill sur les modalités de l'acquisition apparemment précipitée par son entreprise d'Oculus pour un prix de 2 milliards $. Et au cours de la première semaine du procès, Carmack a lui été interrogé sur l'éventualité d'avoir copié un code à partir d'ordinateurs d'Id-Software avant de quitter l'entreprise pour aller travailler chez Facebook avec Luckey.

ZeniMax, société basée dans le Maryland Rockville, a engagé son procès contre Oculus en mai 2014, prétendant que celle-ci avait détourné des secrets commerciaux dans le développement du casque Oculus Rift. La plainte a été déposée quelques semaines après que ZeniMax ait publiquement accusé Carmack d'avoir fourni la technologie à Oculus. Oculus avait tout nié en bloc.

Selon la plainte de ZeniMax, Palmer Luckey, co-fondateur d'Oculus - avec une demi-douzaine d'anciens employés de ZeniMax qui travaillent maintenant chez Oculus -  ont tout simplement volé le résultat d'années de travail sur la fabrication du Rift et les droits d'auteur du code source.

Oculus, qui est maintenant la propriété de Facebook, nie ces allégations, affirmant que l'idée du procès n'est apparue qu'une fois que Facebook a acheté l'entreprise, comme étant ainsi une «chance pour obtenir le paiement d'une forte somme rapidement" compte tenu de la surface financière de cette société.

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