Porno VR: Marc dorcel se diversifie

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Porno VR: Marc dorcel se diversifie
09 Janvier, 2017

Concurrence des plateformes de vidéos gratuites oblige, le roi des films pour adultes s’est diversifié. A côté de la création de contenus, sextoys et produits coquins dopent son offre.

Le 13 décembre, le groupe Marc Dorcel a ouvert une cinquième boutique de sextoys Dorcel Store en Bretagne. Le lieu a été tenu secret jusqu’au dernier moment, de peur que des riverains puritains ne saccagent le pas-de-porte. N’en déplaise aux rageux, c’est un bon exemple de diversification de cette société de production et de diffusion de films pour adultes, créée en 1979. L’une des deux seules à avoir survécu au tournant numérique avec Jacquie et Michel.

Deux pôles porteurs

La crise économique et l’arrivée des « tubes » en 2006, ces plateformes de streaming de vidéos gratuites, comme Youporn et Pornhub (groupe MindGeek), qui concentrent aujourd’hui 95% de la consommation, ont laissé sans armes un secteur audiovisuel déjà exclu des subventions. Pas de problème pour le fils Dorcel, Grégory, embauché à sa sortie de l’école de commerce ISG en 1996 et devenu, depuis, le directeur général de la société à l’origine de la stratégie numérique et innovante des années 2000. « La société a dû se développer comme une marque mainstream, avec une diversification importante de ses activités.

La production de contenus est devenue minoritaire dans son chiffre d’affaires », explique Stephen des Aulnois, rédacteur en chef d’un site spécialisé, Le Tag parfait. « Aujourd’hui, Dorcel pèse 35 millions d’euros de chiffre d’affaires, en augmentation de 5 à 10% par an », se félicite Grégory.

Si la quasi totalité des Français a déjà regardé des films X, selon une enquête Ifop, seulement 10% sont prêts à payer pour du contenu de qualité. « L’activité du X n’est pas aussi lucrative qu’on peut le penser. Dorcel est une marque qui a plus de 50% de notoriété spontanée en France, l’une des 100 les plus connues, mais sa taille est modeste », met en garde son jeune patron de 42 ans.

L’activité du groupe familial est organisée en deux pôles plus ou moins rentables. D’un côté, les activités de création de contenus, le licensing, les chaînes de télévision spécialisées et la plateforme de vidéos à la demande. De l’autre, le pôle retail, qui regroupe la fabrication et la distribution de sextoys ou de produits liés au plaisir, siglés du sceau rose vif. « Avec 28% de notre chiffre d’affaires, la VOD est notre levier de croissance ces dernières années. Nous étions les premiers à ouvrir notre plateforme en 2002, nous restons leader européen », précise Grégory Dorcel. « Leur force est d’avoir eu un très gros catalogue [plus de 4.100 films NDLR] et d’avoir su le compléter en rachetant des entreprises en faillite », avance Ovidie, réalisatrice de films pour adultes et de documentaires.

Marketing dynamique

Surtout, les contenus sont diffusés sur les box des opérateurs télécoms européens, SFR, Free et Orange, et le bouquet de chaînes payantes de Canal+. « C’est une entreprise très dynamique côté marketing et offres. Ils font preuve de beaucoup de professionnalisme et sont capables de bien s’adapter au client », félicite Jean-Marc Juramie, directeur des contenus de l’offre Canal+ qui diffuse Dorcel TV et Dorcel XXX.

Le groupe investit aussi les nouvelles technologies. Au Mipcom, à Cannes, le marché des contenus audiovisuels, il a présenté deux « expériences » de réalité virtuelle, de courts films pornographiques en 3D mettant en scène l’actrice-vedette Anna Polina. Coût : 120.000 euros. Il a aussi investi dans une des rares start-up du secteur, Uplust, dont il détient un tiers du capital. Cette « perle » est un réseau social non censuré qui diffuse des vidéos et des photos de vrais amateurs. La meilleure façon, selon Gregory Dorcel, de répondre aux « tubes » éloignés du standing auquel il prétend.

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