[MWC 2017] Les start-up coréennes en force sur la VR/AR

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[MWC 2017] Les start-up coréennes en force sur la VR/AR
02 Mars, 2017

Comme chaque année, les start-up étaient réunies du 27 février au 2 mars 2017 au pavillon 4YFN (“Four Years From Now”) du Mobile World Congress. La réalité virtuelle et augmentée y était à l’honneur, en particulier auprès de jeunes pousses coréennes. Quatre d'entre elles étaient présentées sous le pavillon du C-Lab (laboratoire creatif) de Samsung, au sein duquel chaque projet est incubé pour une durée d’un an.

TRAVRER, UNE KILLER APP POUR LE TOURISME

Le premier projet s'appelle TraVRer. Réalisé en 6 mois par trois personnes, il permet de faire du tourisme virtuel à l’aide d’un casque GearVR (un mode sur simple smartphone existe aussi). Il agrège diverses vidéos d’une ville ou d’un lieu réalisées par des touristes et fabrique automatiquement une expérience cohérente, sans coupure, qui permet à l'utilisateur d'arpenter une rue comme s’il y était.

Une carte située en bas de l’interface est utilisée pour voir où l'on se trouve et se déplacer, ou choisir un circuit de promenade à parcourir, tandis qu'une fenêtre sur la gauche liste les divers segments qui peuvent être visualisés sur un parcours donné.

Réalité virtuelle oblige, si la vidéo a été tournée avec une caméra à 360 degrés, il est possible de passer dans un affichage intégral d'une pression continue sur le pavé tactile. On revient à l’interface dès que l'on relâche la pression. A terme, l'équipe en charge du projet veut aussi y intégrer une fonctionnalité du type TripAdvisor, pour pouvoir louer un appartement ou réserver dans un restaurant à la volée.

Cet usage est d'ailleurs la vocation première de TraVRer : permettre à un touriste prospectif de savoir à l'avance à quoi ressemble vraiment (avec les gens, l'ambiance sonore, etc.) la partie de la ville qu'il veut visiter. La démonstration sur le stand nous a enthousiasmés. L'interface est claire, bien pensée et réactive. Une intégration avec un site de tourisme pourrait en faire une véritable "killer app".

VUILDUS CRÉE UNE CAMÉRA MOBILE À LA TANGO

Le second projet du C-Lab s'appelle VuildUs. Il s'agit d'un système de décoration d'intérieur en réalité virtuelle. Des photos à 360° d'un logement vide sont faites à l'aide d'une caméra, et l'application permet ensuite d'y placer des objets en 3D à partir d'un catalogue en respectant les mesures qui ont été prises.

L'utilisateur s'y déplace à l'aide d'un petit contrôleur fourni par une entreprise tierce. Si l'application est convaincante, la vraie innovation du projet, c'est la caméra utilisée pour effectuer la capture (et mesurer l'espace) du logement. Elle a été construite spécialement pour mieux rendre compte des distances par stéréoscopie (un principe comparable à celui de Google Tango) sans avoir à utiliser un système de mesure coûteux (par exemple au laser).

Plus que l'application de décoration d'intérieur (dont la clientèle typiquement serait les agences immobilières vendant de l'occasion), c'est donc surtout la caméra qui compte. "Ce que nous essayons de faire, c'est améliorer la qualité des vidéos à 360°", nous a confié le chef du projet. Ils travaillent pour cela sur une industrialisation de la caméra en tant qu'accessoire mobile.

Il leur reste deux mois au sein du C-Lab avant la fin de leur incubation, après quoi ils auront soit l'opportunité de rester chez Samsung (si le géant coréen le juge approprié), soit de créer leur propre start-up indépendante.

MONITORLESS : DES LUNETTES POUR REMPLACER LES ÉCRANS

La troisième équipe du stand présentait Monitorless, un système de réalité augmentée qui n'en est pas vraiment un. Il s'agit en fait de l'affichage en 2D d'un écran prenant une grande partie du champ de vision, remplaçant de fait un moniteur classique. Le système fonctionne avec un smartphone sous Android ou un PC sous Windows, l'appareil envoyant un flux de données aux lunettes via une connexion Wi-Fi Direct ou 4G.

Le prototypage s'est fait sur GearVR, mais l'équipe (qui comporte cinq membres) développe ses propres lunettes connectées, qu'elle veut aussi légères et "normales" que possible. Avec leur verre électro-chromatique, il sera également possible de passer d'un mode AR (avec vue en transparence de l'environnement réel) à un mode VR (sur fond noir).

RELÚMINO AIDE LES PATIENTS ATTEINTS DE BASSE VISION

Le dernier projet présenté par le C-Lab était Relúmino. Mis au point en neuf mois par trois personnes, il s'attache à aider les personnes atteintes de troubles de la vision liés à une dégénérescence maculaire (la macula est la partie centrale de la rétine). Le système utilise un GearVR et une application développée pour l'occasion qui augmente le contraste et corrige les déformations en temps réel à partir de l'image capturée par la caméra du smartphone inséré dans le casque.

Pour les cas les plus sérieux dans lesquels une tâche noire bloque irréversiblement une partie du champ de vision, une technique permet d'afficher la partie inaccessible dans une petite fenêtre à un autre endroit. Les réglages doivent évidemment être ajustés en fonction de chaque personne, mais ils ne requièrent aucune expertise particulière et peuvent être effectués en quelques minutes par l'utilisateur. Nous avons pu le tester sur place à l'aide de lunettes de vue modifiées, et force est de constater que s'il ne s'agit pas d'une solution miracle, Relúmino améliore réellement la qualité visuelle, en particulier pour la lecture.

Il fournit une image de meilleure facture (et pour moins cher) que les aides optiques traditionnelles. A l'avenir, Cho Jung-Hoon, le chef du projet, souhaite créer son propre hardware pour remplacer le GearVR, qui reste pour lui trop encombrant et trop lourd à porter sur de longues périodes.

RICH360, POUR UNE MEILLEURE QUALITÉ DANS LES VIDÉOS À 360°

Le laboratoire d'innovation de Samsung n'était pas le seul à représenter la Corée au 4YFN. Kai, une spin-off du Visual Media Lab du prestigieux Institut supérieur coréen des sciences et technologies (KAIST), était aussi sur place pour montrer les fruits de son travail en matière de vidéo à 360°.

La jeune pousse n'est plus si jeune : elle a été créée il y a maintenant 7 ans, mais elle a pivoté vers la réalité virtuelle il y a 3 ans. La technologie qu'elle a développé se nomme Rich360 et permet d'augmenter la qualité des vidéos à 360° sans consommer plus de bande passante. Ces vidéos pèsent typiquement très lourd (plusieurs gigaoctets même pour quelques minutes) et sont donc difficiles à diffuser sur Internet avec une qualité suffisante.

Pour les rendre plus belles à l'oeil, Rich360 utilise une astuce simple en apparence mais complexe à mettre en oeuvre. Au lieu de créer une sphère vidéo classique, le logiciel en fabrique une déformée car il attribue beaucoup plus de pixels aux zones que l'utilisateur est le plus susceptible de regarder (ex. un visage au premier plan par rapport au ciel à l'arrière plan).

Le lecteur vidéo corrige ensuite cette déformation pour que l'image ait l'air normale. Le logiciel répare par ailleurs les erreurs de couture (stitching) entre les différentes parties de la vidéo.

Kai compte proposer ce service en mode SaaS au prix de 500 dollars pour 5 minutes de vidéo. Un montant conséquent mais qui s'explique par le fait que le service s'adresse très clairement aux professionnels. "La post-production coûte cher de manière générale, et nous sommes dans les prix du marché", explique Kyunghan Lee, le manager du projet Rich360.

Le processus est entièrement automatisé, le client n'a qu'à uploader sa vidéo et le traitement s'y applique automatiquement. Il peut ensuite l'insérer sur sa page, mais uniquement via le lecteur dédié créé par Kai. Un beta test va démarrer dans quelques semaines (les inscriptions se font ici), et le lancement commercial est prévu pour avril 2017.

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