Les utilisateurs des fablabs témoignent

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Les utilisateurs des fablabs témoignent
06 Avril, 2018

Accès aux technologies, échanges de bons procédés et autres idées… Les adhérents des laboratoires de fabrications, des fablabs, bénéficient d'outils précieux.

Dans le cadre de la semaine de l’industrie et dans une volonté de valoriser les fablabs comme outils d’appropriation des technologies de l’usine du futur (réalité virtuelle, réalité augmentée, objets connectés, cobotique, etc.), la CCI proposait une action conjointe avec les laboratoires de fabrication du département. Jeudi 29 mars, deux chefs d’entreprise innovante témoignaient chez Lab01, à Ambérieu-en-Bugey, de l’intérêt d’adhérer à ces structures.

 

Passionné de football, Mathieu Rat travaille sur un protège-tibia sur-mesure et évolutif, grâce à un composite thermoformable. « Les footballeurs ont besoin de protection, mais l’on ne trouve aujourd’hui sur le marché que des modèles standards qui ne correspondent pas à la morphologie des joueurs, explique le porteur de projet. On est sur un produit peu visible qui n’a pas évolué, à la différence du reste de l’équipement. »

 

Gravure laser

Le composite est emprunté à la médecine, à l’orthèse. « Nous avons testé différents matériaux pour trouver celui qui affichait le meilleur taux de thermoformage, puis de résistance après solidification », présente encore Mathieu Rat qui imagine d’autres applications, notamment dans les équipements de protection individuels. La protection rigide du composite est complétée par des mousses sur lesquelles sont gravés des canaux de drainage pour éviter, entre autres, que le protège-tibia adhère à la peau.

 

C’est là que le fablab d’Ambérieu intervient. Hésitant entre différents procédés, Mathieu Rat a pu tester chez Lab01, la gravure laser qu’il a comparé au fraisage. « On est en train d’arbitrer », indique-t-il. Le projet est cependant bien avancé. Développé avec l’OL, le FBBP et le DFCO, celui-ci est en cours de financement pour lancer la première série, avec 5 000 paires. Un brevet a été déposé le mois dernier, pour l’Europe, les États-Unis et une partie de l’Asie.

 

Prototypage

Florent Comtet, lui, planche sur une étiquette connectée qui puisse, grâce à des capteurs de présence ou des capteurs de poids, faire remonter des données sur le stock. « Elle peut lancer des alertes de réapprovisionnement, voire passer des commandes automatisées par le biais d’un logiciel ERP, ou encore réaliser des inventaires automatisés », explique le porteur de projet issu du milieu industriel, de la gestion de lignes de production et du développement de logiciels.

 

Une expérience à l’origine de cette prise de conscience des problèmes de gestion des stocks que connaît l’industrie. Comptant parmi les membres fondateurs de Lab01, Florent Comtet y a conduit toute sa R&D, depuis la maquette en carton, jusqu’au prototype en impression 3D. Son projet, moins avancé que celui de Mathieu Rat, en est aux études de marché.

 

« L’avantage de passer par un fablab, c’est aussi de pouvoir échanger avec les autres adhérents et d’envisager ainsi, d’autres solutions. Cela oblige à présenter son idée et parfois, à l’éclaircir », note Isabelle Radtke, fab manager de Lab01. Ces interactions ne se limitent d’ailleurs pas aux adhérents. Lab01 et Panglos, le lab de Ferney-Voltaire, sont partenaires. Ils participent au groupe de travail animé par Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, l’agence régionale pour l’innovation. Les échanges portent sur les usages possibles des technologies, les méthodes de développement de produits et les porteurs de compétences des deux structures.

 

Progrès

Les technologies de l’usine 4.0 prennent de plus en plus place dans les entreprises. « Selon les dernières études sur le sujet, le nombre d’entreprises qui disent avoir modifié leurs organisations par le numérique est passé de 35 % à 65 %, entre 2016 et 2017 », a rapporté Maxime Gras, ingénieur conseil en innovation à la CCI de l’Ain.

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