Les investissements en AR commencent à rattraper ceux en VR

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Les investissements en AR commencent à rattraper ceux en VR

Le nombre d’accords conclus sur des investissements en AR est toujours très inférieur à ceux pour la VR début 2017. Une tendance cependant moins marquée que sur les deux dernières années. En termes de valeur investie, la VR est plus régulière.

Investissements en AR et en VR : vers un équilibre ?

Selon CBInsights, les investissements en AR uniquement représentaient 22% du total des levées réalisées début 2017 (chiffres arrêtés au 18 mai). Contre presque 52% pour les sociétés uniquement tournées vers la VR et 26% pour celles qui travaillent sur les deux technologies. Si l’écart est encore important, il diminue par rapport aux deux dernières années.

En 2015, plus de 61% des accords de financement étaient ainsi destinés uniquement à la VR. Contre moins de 15% pour l’AR. En 2016, ils représentaient respectivement 59% et 17%. À noter que la part des investissements reçus par des sociétés développant à la fois réalité virtuelle et réalité augmentée est en légère hausse. Elle passe ainsi de 24 à 27% entre 2015 et 2017.

Une autre évolution est visible depuis la période 2013-2014. Les engagements envers les projets réunissant AR et VR étaient alors minoritaires. Depuis deux exercices, ils sont plus nombreux que ceux simplement orientés AR. Il s’agit certainement d’une conséquence de la maturation du secteur. Il semble d’ailleurs logique que les programmes utilisant les deux technologies soient privilégiés à terme par les investisseurs.

La « domination » de la réalité augmentée serait normale si l’on prend en compte l’importance de l’équipement. Un simple smartphone permet de vivre une expérience d’AR, alors qu’un casque est nécessaire pour la VR.

Sommes investies : une lisibilité incertaine

L’arbre qui cache la forêt. Ou à tout le moins qui empêche de bien voir s’il y a plutôt des chênes ou des hêtres. Trois levées extraordinaires perturbent la lecture des investissements en AR et en VR ces 4 dernières années.

En 2014 et 2016, les financements reçus par Magic Leap qui ont fait sauter la banque pour la réalité augmentée. 542 puis 794 millions de dollars ont ainsi profité à un seul acteur. Il y a quelques jours, c’est Improbable et ses 502 millions qui ont explosé le compteur pour la VR.

Si l’on retire ces sommes des investissements totaux, on observe une progression régulière des investissements en AR. Entre 2013 et 2015, ils sont multipliés par 2,6 et par 2 entre 2014 et 2016. Côté VR, les facteurs sont de 3 et 6 soit une accélération beaucoup plus importante.

Un marché en hausse globale. Vers une consolidation ?

En regroupant les différentes technologies et en incluant tous les accords conclus, la tendance est à la hausse. Ce que montre cet autre graphique avec une projection sur fin 2017.

L’élément le plus marquant au-delà des sommes est la hausse continue du nombre de financements accordés. Indépendamment des sommes, de plus en plus de start-ups parviennent donc à convaincre des investisseurs.

80 accords au premier trimestre, c’est 40% du total de 2016. C’est également le plus gros trimestre jamais enregistré. Et plus que l’ensemble des années 2013 ou 2014.

La forte augmentation du nombre d’acteurs peut faire craindre la dispersion des fonds, par définition limités. Mais l’arrivée et l’implication des acteurs majeurs de la haute-technologie (Google, Facebook, HP, etc.) est une garantie pour les investisseurs.

Les deals comme Magic Leap et Improbable devraient probablement rester des exceptions. La dynamique autour de l’AR et de la VR devrait elle continuer. En attendant de découvrir les killer apps qui feront décrocher le jackpot aux généreux investisseurs d’aujourd’hui. Une recherche de la perle rare qui incite peut-être justement les investisseurs à mieux répartir leurs mises.

Cette croissance des investissements à 2 milliards de dollars par an est à mettre en parallèle avec les retours attendus. Selon différentes études, les revenus de l’industrie de la VR seule seraient de 7 milliards dès cette année. Et dépasseront les 21 milliards d’ici trois ans. Et même 36 milliards d’ici 5 ans pour l’ensemble du secteur.

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