Eydolon veut faire de la France le leader de la VR

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Eydolon veut faire de la France le leader de la VR
22 Février, 2017

Vingt jeunes pousses, une PME et une ETI mettent leurs compétences en commun pour développer des projets de réalité virtuelle. À la clé, le lancement de la première enseigne de salles de jeux dédiées à des expériences immersives.

Survoler New-York en deltaplane, traverser le désert avec les coureurs du Paris-Dakar ou affronter la houle de l’océan avec un géant des mers, toutes ces aventures peuvent être vécues sans bouger, avec seulement un casque rivé sur la tête. Depuis quelques années, ces expériences immersives ont fait leur apparition sur le marché grand public, un mouvement initié par les grandes entreprises technologiques mondiales (Samsung, Google, Sony…).

En France, des salles de Virtual Reality (VR) s'ouvrent peu à peu. La première a été inaugurée à Paris en 2016 au sein d’une salle de cinéma MK2. Mais c'est surtout une initiative totalement inédite qui retient l'attention : la création d’un groupement d’intérêt économique (GIE), baptisé VR Connection, qui associe une vingtaine d’entreprises travaillant sur la réalité virtuelle.

Immersive Business Advantage, C2Care, Cezure Production, DigitEyes, Hypersuit, INKA, Kabo Films, KissTheFuture, Magnificat Film, TimeScop, VRLines… se sont regroupés autour de deux entrepreneurs, Yann Toullec, fondateur de Bialistock & Co, et d’Alexandre Ibanez, fondateur d'IBA&O. Ce dernier n’est pas un nouveau venu dans ce secteur : c’est lui qui a créé, il y a 3 ans, le prototype du premier masque de réalité virtuelle, racheté depuis par Facebook.

En 2014, il rencontre Yann Toullec, également entrepreneur sur ce marché. Ensemble, ils constatent que «le marché de la réalité virtuelle exige beaucoup de savoir-faire différents. Or, il est impossible pour une entreprise d’avoir toutes les compétences. Pourquoi ne pas rassembler les PME du secteur pour réunir toutes les expertises ?», témoigne Alexandre Ibanez, qui peut compter sur un marché, certes encore balbutiant, mais estimé à 150 Mds$ (141 Mds€) dès 2020 !

Mutualiser les moyens

L’idée d’un GIE s’impose au deux entrepreneurs puisqu'il «permet de mutualiser les moyens», assure le cofondateur de VR Connection. De quoi créer et organiser un véritable écosystème. Objectif affiché ? Devenir un hub opérationnel pour toutes les activités associées à la réalité virtuelle.

Le GIE regroupe ainsi les expertises nécessaires, qu’il s’agisse de programmation informatique, de création de scénarii, de graphisme sonore et visuel… Il fédère des entreprises d’horizon et de profil divers : start-up mais aussi professionnels en free-lance et PME, à l'image de Kabo Film (producteur des séries à succès Scènes de ménages, En famille… créé en 2005 par Alain Kappauf et Christian Baumard et soutenu par CM-CIC Investissement, qui a lancé en 2016 l’activité VR avec 5 films de Brand content).

«Une fois le GIE créé, nous avons été voir chacune de ces entreprises pour les convaincre de nous rejoindre… jusqu’à créer un groupement devenu incontournable». Alexandre Ibanez est notamment fier de compter dans ses rangs la ville de Laval, qui organise chaque année le plus important salon de réalité virtuelle.

Le premier projet est d’envergure : ouvrir le premier réseau indépendant d’espaces de jeux et d’expériences en réalité virtuelle, baptisé Eydolon. «Un équipement coûtant 2.000 €, il nous a paru évident qu’il fallait démocratiser la réalité virtuelle en créant des salles dédiées et ouvrir le grand public aux nouvelles perspectives qu’offrent cette technologie», explique Alexandre Ibanez.

Le signe particulier d’Eydolon ? Tous les jeux et les interfaces immersives sont développés en exclusivité par les équipes de VR Connection. Inaugurée à Lyon début février, la première mouture, un centre de 200 m2 pouvant accueillir une vingtaine de joueurs, offre un concept entre salle de jeux-vidéos et laser game.

Pour l’ouverture, plusieurs jeux sont proposés : un jeu d’adresse grâce à un système d’impulsion électromagnétique, une expérience de vol onirique… Eydolon, qui prévoit d’ouvrir des salles de 1.500 m2 pour jouer en réseau, compte bien constituer un vrai catalogue d’expériences immersives grâce à la franchise. «Nous souhaitons ouvrir 20 salles en 2017 dans les grandes villes de l'Hexagone, dont un grand centre à Paris. Nous prévoyons ensuite de nous étendre à l'international».

Une structure souple

Si les projets de développement d'Eydolon ne manquent pas, le GIE ne compte pas se limiter à la création de salles de loisirs de réalité virtuelle. Cette vitrine lui apporte en effet une crédibilité pour répondre à des appels d'offres nationaux et candidater à des projets internationaux. De quoi garder en France ses talents, qui n'auront plus à s'expatrier aux États-Unis pour œuvrer !

Solidaire, le GIE constitue donc un vivier de business. «Si l’une des entreprises apporte un projet, il y a un appel d’offres pour tous les membres pour y participer. Il n’y a pas de concurrence car tous sont complémentaires», explique Alexandre Ibanez. Pour autant, chaque entreprise membre garde son autonomie, la structure du GIE étant particulièrement souple. Surtout, «une partie de la R&D des entreprises est financée par la ville de Laval», ajoute fièrement Alexandre Ibanez.

Et le groupement fourmille d'idées : concerts en streaming en réalité virtuelle, applications dans le domaine du sport… Une dizaine de projets sont d'ailleurs en cours. «La rentabilité du GIE se situe au niveau de la propriété intellectuelle des programmes de VR mis en place, et dans lesquels chaque entreprise peut avoir sa part, en fonction de sa capacité d’intervention et d’expertise». L’objectif ? «Faire de la France le fer de lance de la réalité virtuelle». Un bon début…

LDLC et Altiplano soutiennent le projet

Dans leur quête d’entreprises appelées à rejoindre leur GIE, VR Connection s’est fait deux alliés de poids : Altiplano (10 M€ de CA) et LDLC (320 M€ de CA). Le premier est le spécialiste des parcs de loisirs en France et aux États-Unis. Il accueille l'activité d’Eydolon dans son complexe Exalto, dédié aux loisirs indoor. Une aubaine pour la PME qui va proposer une activité complémentaire innovante à ses clients.

D’ici 3 ans, les expériences immersives d’Eydolon devraient ainsi figurer dans au moins cinq de ses centres. Une belle opportunité pour augmenter la fréquentation de ses parcs avec une nouvelle activité tendance. Autre entreprise à avoir rejoint le GIE, LDLC, leader de la vente high-tech, fournit le matériel de réalité virtuelle, notamment les ordinateurs et les casques. En équipant le premier réseau d’espaces de jeux, LDLC se fait un nom dans le matériel de pointe et l’innovation… et contribue à élargir sa clientèle.

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