Au tour de la Mode de se lancer dans la VR

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Au tour de la Mode de se lancer dans la VR
05 Octobre, 2016

Que ce soit en se photographiant ou en posant devant un scanner, les particuliers peuvent se créer un avatar. Pour les sites de vente en ligne et les marques c’est un moyen de faciliter les ventes de vêtements.
 
Il n'a fallu que quelques jours à Nintendo pour faire entrer la réalité virtuelle dans toutes les têtes. Les hordes de chasseurs de Pokemon ont incité les commerçants à se demander, à l'image de Mc Donalds au Japon, s'il n'est pas possible de négocier avec la firme des partenariats pour transformer leur boutique en Pokéstop. Mais la réalité virtuelle ne sert pas qu'à jouer où faire venir des clients en magasin. Elle peut aussi devenir un auxiliaire de vente. Les marchands de meubles et autres agents immobiliers ont ouvert le bal en permettant aux clients de visualiser leur future maison avec des lunettes 3D sans se déplacer ou positionner les meubles de cuisine sur un plan afin de savoir s'ils s'encastrent. Sans oublier Ikea qui a lancé récemment la visualisation de votre futur canapé à 360 degré.
 
Tailleurs en ligne
 
Dorénavant, c'est au tour de la mode de s'y intéresser dans un contexte de baisse des ventes d'habillement au premier semestre et de concurrence de plus en plus féroce entre les sites et les boutiques.
 
Les tailleurs ont été les premiers à chercher à simplifier la prise de mesure du corps. A Paris, rue Réaumur, dans le quartier du Sentier, le tailleur chic Les Nouveaux Ateliers, rebaptisés Atelier.NA a construit son image autour du « sur mesure technologique ».
 
Fini le tailleur empêtré avec son mètre ruban, le client passe quelques minutes dans une cabine dotée de deux caméras. En caleçon, il est scruté par un système de triangulation de lumières blanches qui reproduit une image de son corps exacte au centimètre. Un algorithme transforme alors ces données en mesure de vêtement. Le client choisi son tissus, les boutons, la coupe...et les données du patron, ce que les professionnels appellent la toile, sont envoyées dans l'atelier chinois de la marque française qui compte déjà 200 employés. Livraison quatre semaines plus tard et essayage en boutique. « Nos 60.000 clients sont tous passés dans la cabine de mesure. Et 35  % reviennent en boutique pour de nouvelles commandes » raconte Nicolas Wolfovski, co-fondateur d'Atelier NA il y a cinq ans.
 
L'entreprise, qui compte 20 magasins devrait réaliser 16 millions d'euros de chiffre d'affaires lorgne déjà le marché allemand et britannique. La société a été autorisée par la CNIL à conserver les données, mais ne permet plus à ses clients de regarder leur avatar 3D sur écran comme lors du lancement de la première boutique. « Ils venaient en famille et cela rallongeait considérablement la durée de la vente » ajoute le patron.
 
Toujours à base de scanner en boutique, Philippe Macé, pdg de Pronuptia a crée l'an dernier Sizzy , un concept de centres permettant une prise de mesure . Des capteurs similaires à une console de jeux qui détectent des points de mesure. Après avoir crée une boutique près de la gare Saint Lazare à Paris, une cabine va être implantée dans un espace « click & collect » d'Auchan. L'idée est de se rapprocher des consommateurs.
 
La société qui compte 8 salariés aujourd'hui développe aussi des partenariats avec plusieurs sites marchands. Le passeport morphologique peut aussi être utilisée à des fins sportives ou de santé avec deux niveaux de mesures, l'une en 7 points et l'autre en 65 pour un avatar très précis qui permet de vérifier l'évolution de sa silhouette en fonction de son régime ou de son entraînement.
 
L'autre axe de développement est une clientèle B to B, celle des collectivités, entreprises ou structures employant des salariés en vêtement de travail ou uniformes avec deux cabines mobiles. Récemment, elle a par exemple scanné 300 agents de la ville de Saint-Maur-des-Fossés. Elle a également travaillé pour la société Elis.
 
Retour client
 
La réalité virtuelle se développe aussi sur les sites internet. Avec un objectif clair : limiter le retour par les clients d'articles qu'ils ont choisi mais qui ne conviennent pas en raison d'erreurs sur la taille.
 
Un 38 dans une marque peut être en réalité l'équivalent d'un 40 dans une autre. Des erreur qui coûtent cher car bien souvent le retour est gratuit et représentent jusqu'à 30 % des ventes .
 
Plusieurs start up proposent aux distributeurs des recommandations de tailles. Clickndress offre à l'internaute la possibilité de se créer un profil morphologique (taille poids) en quelques clics et lui conseille alors les tailles en fonction des modèles de chacune des 400 marque avec laquelle l'entreprise travaille. Promod, Naf Naf, Fuzalp se sont dotés d'un bouton « trouvez votre taille » crée par la société Fitizzy .
 
Ces techniques ont aussi comme avantage de diminuer la durée d'attente dans les magasins devant les cabine d'essayage. La cliente passe la porte du magasin, scanne une étiquette, et son compte lui indique immédiatement quelle taille choisir sans se tromper si elle est pressée. Pour le consommateur, la prestation est gratuite, le site ou la marque paie un forfait à la société qui a fabriqué l'algorythme....et récupère au passage les données sur les tailles de ses clientes.
 
Crée en 2013, la start up parie sur la simplicité et le partenariat avec les grandes marques. Après avoir cliqué sur le bouton « fz trouvez votre taille », sur le site de vente en ligne des grandes marques partenaires, le client se voit demandé son sexe son age sa taille son poids et enfin le confort souhaité (serré légèrement ample..). Pour les femmes, viennent ensuite trois images de forme de poitrine, de ventre de fesses... apparaît la de taille calculée en fonction de chaque modèle.
 
L'algorythme a demandé trois ans de travail et s'adapte à chaque marque qui a signé un accord avec la société. Le client doté de son compte fitizzy, peut scanner l'étiquette d'un article, lui sera alors indiqué sa taille, ce qui lui évite de passer en cabine. « Votre recommandation de taille idéale pour un shopping facile » martèle la société implantée dans les locaux de Euratechnolgie à Lille et qui effectue environ un million de recommandations de taille chaque mois.
 
Avatar contre « body scaning »

Sur ce créneau, certains vont plus loin et permettent un essayage virtuel.
 
La start up parisienne Fitle crée par Charles Nouboué et Gaétan Rougevin-Baville vient de signer un accord avec Armor Lux. L'expérience suppose de télécharger l'application, de se prendre en photos de face et de profil en portant des vêtements près du corps, tout en indiquant sa taille et son poids.
 
Chaque e-shopper se crée en 30 secondes son double virtuel. Et l'essayage d'une des marinières armor est alors possible grâce au bouton « essayez ce produit en ligne ». La technique fitle est déjà utilisée sur le site la maison du cachemire ou maison labiche.
 
Elle affirme déjà disposer de 30.000 utilisateurs et a signé avec une vingtaine de marques. Une expérience a été réalisée avec Carrefour sur les marques du groupe l'an dernier pendant six mois. La start up a déjà levé 1 million d'euros. Nettelo travaille elle aussi à base de photos prise à la maison avec un smartphone. « Notre solution utilise de la géométrie 3D et permet ce se doter d'un avatar d'une extrême précision » explique Yael Chojnowski co fondatrice de la start up implantée en France et en Californie fondée par des spécialistes de la 3D.
 
Présentée en février dernier au palais des Congrès aux pharmaciens lors des rencontres des officines, l'application a déjà été achetée par Thuasne, fabricant de produits médicaux. Des négociations ont également lieu avec des fabricants de vêtements professionnels. L'application a déjà été téléchargée par 50.000 personnes. « Ces technologies vont révolutionner la manière de consommer des vêtements ou même d'acheter un vélo. Pour les marques, c'est le moyen connaître la morphologie de leurs clients pour dans le futur dessiner différemment les articles » explique la fondatrice.
 
Les grands sont à l'affut . Fits.me, une société d'Estonie qui propose une cabine d'essayage virtuel a été reprise l'an dernier par le groupe japonais Rakuten. Son équivalent aux Etats-Unis Phisix a été repris par Ebay et enfin Fitiquette est allé dans le giron de l'Amazon indien Mintra. .

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