Court métrage à 360° pour explorer "L’île des morts"

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Court métrage à 360° pour explorer "L’île des morts"
30 Octobre, 2017

Des peintures suisses en réalité virtuelle

L’humoriste Yann Marguet prête sa voix et sa plume à des courts-métrages, à voir au Geneva International Film Festival dès vendredi. Le premier fait pénétrer le spectateur dans «L’île des morts» de l’artiste Arnold Böcklin.

 

«Cap sur l’île des morts, mon ca­pitaine!» Avec son inimitable gouaille, l’humo­riste Yann Marguet aborde ainsi le célèbre ta­bleau du peintre Arnold Böcklin. Le chroniqueur des Orties, sur Couleur 3, a prêté sa voix et sa plume à une série de courts-métrages en réalité virtuelle. Baptisée Hors-Cadre, elle explore des œuvres d’artistes suisses. Le premier épisode sera présenté au Geneva International Film Festival (GIFF), l’ex-Festival Tous Ecrans, à partir du 3 novembre.

 

L’occasion de tester le film immersif dans des conditions optimales, c’est-à-dire avec un casque sur le visage et de bons écouteurs sur les oreilles. On est alors transporté à l’intérieur du tableau L’île des morts d’Arnold Böcklin, dans une vision à 360 degrés. En tournant, baissant ou levant la tête, on voit et on entend la barque qui glisse sur l’eau, la lune qui brille dans le ciel, les torches qui crépitent et les cyprès qui frémissent sous la brise.

 

Ton mordant conservé

La voix de Yann Marguet accompagne le visiteur dans cette exploration. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que son style apparaît très éloigné de celui employé dans les audioguides des musées. Car l’humoriste reste fidèle au mordant qui a fait son succès. «Il fallait vraiment pas qu’il soit au top pour peindre un truc comme ça, le mec!» réagit-il à la première vision de l’île. Puis, à l’apparition d’un nouveau personnage: «Palier suivant dans le flip, un mec en blanc, sur une barque, qui nous mate!»

 

Entre deux gags, mine de rien, on en apprend plus sur l’artiste, l’histoire de la création du tableau, ses interprétations par des créateurs comme Giger, ou encore les différentes versions peintes par Böcklin. «A choisir, je préfère la nôtre, c’est encore la moins glauque des cinq!» commente Yann Marguet.

 

Le but de cette série d’un genre inédit? «Intéresser le grand public à l’art sui­s­se, le vulgariser par le biais de la technologie, répond Yves Demay, son producteur. Si à la fin du film, le spectateur a déjà retenu trois éléments nouveaux sur l’artiste et son œuvre, ce sera déjà très bien!»

 

Oeuvre connue et évocatrice

L’humoriste Yann Marguet a été libre de traiter le tableau à sa manière, tout en restant didactique. «Nous avons choisi L’île des morts de Böcklin car il s’agit d’une œuvre connue, qui a inspiré beaucoup d’autres artistes et qui est assez évocatrice pour parler à chacun, précise Yves Demay. En outre, le spectateur peut prolonger la découverte en allant voir l’une des versions de l’œuvre, exposée à Bâle.»

 

La réalisation de ce court-métrage en réalité virtuelle, en collaboration avec les DNA Studios, constitue une première pour la Radio Télévision Suisse (RTS). «On a dû mettre en place toute une façon de travailler, raconte Yves Demay. Notamment d’incessants allers-retours entre l’écriture du texte et la réalisation des images de synthèse.» Sans oublier le son spatialisé.

 

Deuxième épisode en préparation

Pas évident de coordonner le tout! Mais le résultat est à la hauteur des mois de travail qu’il a demandés. «On est vraiment immergé, pris dedans. Et chaque personne regarde le film différemment.» Juste après le GIFF, la série sera diffusée sur le site Internet de la RTS et les réseaux sociaux, et dis­ponible en anglais et en allemand. «On pourra se promener dans l’image manuellement, mais ce sera forcément moins intéressant qu’avec un casque…»

 

Un deuxième épisode est déjà en préparation, sur une série de gravures sur bois de Félix Vallotton, les fameuses Intimités. Et les idées ne manquent pas pour la suite: des peintures de Klee, de Hodler, de Giger et peut-être même une sculpture de Tinguely ou de Giacometti. «L’éventail des possibilités est infini!» sourit Yves Demay.

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