AR et AI sont les médias de l’artiste Justine Emard

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AR et AI sont les médias de l’artiste Justine Emard
01 Novembre, 2017
Reborn  (installation vidéo) - Justine Emard in EARTH+GALLERY, Tokyo

 

De la Russie au Japon pour des expositions en passant par l’Italie pour un tournage, la jeune plasticienne clermontoise Justine Emard poursuit sa carrière à l’international.

Entre la Russie, où elle expose son travail pour la 7e Biennale d’art contemporain de Moscou, et Kyoto où elle a proposé une œuvre pour la Nuit Blanche il y a quelques jours, il est préférable d’avoir sa géographie à jour si l’on veut suivre l’artiste clermontoise Justine Emard.

 

A Moscou jusqu’en janvier

Depuis l’autre bout du monde, l’Auvergne n’est jamais loin pour cette jeune trentenaire diplômée des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand et de l’université Blaise-Pascal.

 

Pour Co(AI)xistence, l’installation vidéo de 12 minutes qu’elle présente à la Biennale de Moscou jusqu’en janvier, elle s’est entourée d’une équipe multiculturelle.

Il y a les deux laboratoires nippons à l’origine du robot Alter (Ishiguro Lab à l’université d’Osaka et Takashi Ikegami lab à l’Université de Tokyo) et Mirai Moriyama, acteur et danseur japonais qui interagit avec l’androïde Alter.

 

Un face-à-face empreint de poésie

Pour l’univers sonore, elle a fait appel aux ingénieurs du son clermontois de Mix and Mouse. Et pour la traduction des sous-titres en langue russe à une autre Clermontoise : Gala Renaud-Romanov.

 

Après Reborn présenté un an plus tôt dans le cadre de Hiroshima Art Document, ce projet cosmopolite poursuit l’interrogation qu’elle mène sur les rapports entre homme et intelligence artificielle.

 

Le visage et les mains recouverts de latex, circuits électroniques et mécanismes apparents, Alter interagit avec le danseur dans un face-à-face empreint de poésie. Totalement imprévisible, s’adaptant à son environnement, à son alter ego.

Dans ses installations, Justine Emard interroge les rapports entre homme et intelligence artificielle via Alter, un robot humanoïde. Image de recherche Justine Emard adagp / Centre France

 

« Un artiste doit s’exprimer avec les médiums de son époque »

« Finalement, il est programmé pour ne pas être programmé et réagir de manière autonome », sourit-elle. Et d’appuyer son message. « Tout le monde est affolé par l’intelligence artificielle. On ne sait pas comment cela peut évoluer. Pourtant, une voie poétique et philosophique est possible. C’est un miroir de nous-même. »

À Moscou, son œuvre figure au milieu de celles de 40 autres artistes, dont six artistes français parmi lesquels Pierre Huyghe, « le plus important de la génération qui me précède ».

 

Une participation rendue possible par l’invitation de Yuko Hasegawa, célèbre commissaire japonaise rencontrée dans le cadre du programme de résidences Hors-les-murs de l’Institut français dont elle a été lauréate en 2017.

 

Le Japon, elle y est récemment retournée, début octobre, pour « Mitate & Imagination » sur l’invitation du critique d’art Tetsuya Ozaki, avec son installation Exovisions autour cette fois de la réalité augmentée.

 

Car si elle utilise la photo et la vidéo, elle fait aussi appel à la réalité augmentée par écrans interposés. « Une artiste doit s’exprimer avec les médiums de son époque. » Cette fois, les Auvergnats d’Openium, jeune entreprise spécialisée dans les applications mobiles, ont contribué.

 

Après avoir exposé au Brésil, en Colombie à Bogota en 2016, en Corée du Sud en juin dernier, Justine Emard devrait prochainement exposer à Clermont-Ferrand. Avant de repartir au Japon. 

Exovisions pour "Mitate & Imagination" à Kyoto / Justine Emard

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